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Évolution de la consommation

Agriculture cellulaire : faut-il en avoir peur ?

Etienne Duthoit dirige l’entreprise française Vital Meat, une start-up en agriculture cellulaire. CP : M-D.Guihard/Pixel6TM

L’agriculture cellulaire, dont le concept est de produire de la viande à partir de cellules animales, n’est pas encore commercialisée au niveau mondial. Les Américains devraient être les premiers à pouvoir goûter des produits qui en sont issus. Actuellement, une vingtaine d’entreprises y travaillent, dont l’entreprise française Vital Meat. 

L’agriculture cellulaire est à l’élevage conventionnel ce que la culture hydroponique est à l’agriculture traditionnelle, spécifie Etienne Duthoit, directeur général de Vital Meat.

En créant cette entreprise, cet ancien contrôleur de gestion dans une entreprise de biocontrôle vient répondre aux besoins futurs de la société.

Aujourd’hui, dans le monde, nous consommons 325 tonnes de protéines par an, explique-t-il. Et dans les années 2040-2060, nos besoins augmenteront de 100 tonnes. L’élevage traditionnel ne pourra pas assurer totalement la demande, notamment dans des zones comme l’Afrique.  

Il existe aujourd’hui des alternatives comme les protéines végétales et les insectes. L’agriculture cellulaire figure parmi ces solutions. Celle-ci offre d’ailleurs des caractéristiques que les protéines végétales ne peuvent pas toujours apporter : du fer, des vitamines comme la B12, ainsi que les neuf acides aminés indispensables à notre développement. Les Américains ont simulé la consommation pour ces nouveaux produits. 

En 2025, la viande traditionnelle représenterait encore 90 % de la consommation mondiale totale de protéines. En 2040, elle n’en représenterait plus que 40 %, mais ne fléchirait que de 3 % en raison de la forte demande en protéines. Les plats vegan passeraient de 10 % à 25 %, et la viande cellulaire de 0 % à 35 %.

Une certaine catégorie de la population serait ainsi attirée par la viande cellulaire en raison de l’absence d’abattage d'animaux, d’une utilisation limitée de l’eau pour sa production, d’un moindre gaspillage (on ne produit que ce que l’on consomme) et d’une libération des surfaces agricoles. En ce qui concerne les gaz à effet de serre, les études méritent d’être affinées en fonction notamment du process de fabrication. Vita Meat, par exemple, travaille à partir de souches stables et non à partir de prélèvements directs sur les animaux.

Des freins restent à lever

Conservées à -196 degrés, les cellules sont décongelées, multipliées dans différents réacteurs, élevées dans des bouteilles, puis centrifugées pour aboutir à un produit sous forme de boules (pellets) ou de pavés. D’autres arguments plaident en faveur de ce process. Aucuns pesticides ni antibiotiques ne sont utilisés. Néanmoins, actuellement, des freins sont encore à lever pour aboutir à une production commercialisable. Sur le plan technique, le process demande à être affiné et passe par un cahier des charges strict et une certification. Des travaux sont encore nécessaires pour optimiser la production à grande échelle, pour préciser le produit sur le plan gustatif et nutritionnel et, surtout, pour démontrer son innocuité afin qu'il puisse être commercialisé.

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