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Digiferme de Saint-Hilaire-en-Woëvre

Clôtures virtuelles : pourra-t-on demain s'affranchir des clôtures physiques ?

La mise en oeuvre des clôtures virtuelles nécessite une période d’apprentissage. Le retrait des clôtures physiques doit être progressif. CP : H.Flamant/Terroir Est.

Pourra-t-on bientôt s'affranchir des clôtures physiques dans les pâturages, notamment dans le cadre de la pratique du pâturage tournant ? Après un premier test à l'automne 2019, la digiferme de Saint-Hilaire-en-Woëvre (Lorraine), rejointe par d'autres digifermes, va mener un essai de grande ampleur sur les clôtures virtuelles.

L’idée des clôtures virtuelles est d’équiper les animaux d’un collier muni d’un GPS géopositionnant l’animal et le maintenant dans une zone de pâturage préalablement définie grâce à une application.

« En pratique, le collier émet une série de sons si l’animal s’approche de la limite, et un signal électrique s’il dépasse la limite, qui l’incite à faire demi-tour », indique Didier Deleau, ingénieur régional fourrages à la digifermes de SHW.

Plus besoin de clôtures physiques, donc.

La digiferme a testé la technologie norvégienne Nofence. Les premiers tests ont été réalisés entre mi-septembre et mi-novembre 2019 sur un lot de génisses charolaises âgées entre un et deux ans.

« La période d’apprentissage a été organisée sur trois semaines. Dans un premier temps, nous avons maintenu la clôture physique au niveau de la limite virtuelle, puis nous avons déplacé progressivement la clôture physique, pour finalement la supprimer. L’idée serait de réduire l’apprentissage à dix jours », indique Didier Deleau.

Dans ce premier test, le nombre de sons et de signaux électriques envoyés apparaît variable selon les individus.

« Le comportement est propre à chacun, mais les animaux retournent systématiquement dans la zone délimitée en cas de franchissement de limite ».

Une expérimentation de plus grande ampleur

La digiferme de SHW poursuit l’expérimentation ce printemps. Les digifermes de Derval (44, bovin lait), Les Établières (85, bovin viande) et Le Mourier (86, ovin) se joignent à l’étude. L’objectif est de tester la faisabilité des clôtures virtuelles dans un contexte de pâturage tournant simplifié et son impact sur l’activité des animaux. Les fermes expérimentales mesurent l’activité des animaux au pâturage (ingestion, rumination, repos…) à partir de colliers « accéléromètres ».

« Il y a notamment des réponses à apporter autour du bien-être animal. Une étude menée par l’institut de recherche irlandais montre que les vaches pâturent moins et sont plus longtemps debout immobiles avec le système de clôtures virtuelles », indique Didier Deleau.

Au niveau du coût, il faut compter 300 euros le collier + un abonnement de 0,3 à 0,6 euro/collier/jour.

« Aujourd’hui, les coûts sont élevés. Ce n’est pas le collier qui coûte cher, c’est l’abonnement. Si demain, l’outil se démocratise, les coûts pourraient diminuer », estime Didier Deleau.

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