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Culture fourragère

Comment bien réussir ses semis de maïs ?

Publié le 08/04/2020 par Claire LAMY GRANDIDIER dans
La réussite du maïs dépend en grande partie du semi. CP : M.Lecourtier/Média&Agriculture.

Les beaux jours sont arrivés, et les semis de maïs vont pouvoir commencer dans certaines régions. Avec les forts cumuls d’eau cet hiver et le peu de pluie ces dernières semaines, la préparation du sol va être l’un des éléments clés pour une bonne implantation du maïs. 

« Les conditions de semis sont déterminantes pour obtenir une levée rapide et homogène. La préparation est donc une phase importante qu’il faut anticiper pour disposer des meilleures conditions afin de placer la graine dans un sol meuble et rappuyé, et d'assurer une bonne alimentation hydrique et minérale », rappelle l’AGPM

Après les forts cumuls de pluie de ces dernières semaines, la prudence est de mise pour reprendre les sols dans de bonnes conditions avant l’implantation des cultures de printemps. « Des comparaisons de rendement entre sols tassés et non tassés ont montré que le maïs est sensible à la compaction. Les pertes ont atteint 20 % du rendement en maïs grain en sol argileux en région Midi-Pyrénées, et 35 % en maïs fourrage en sol limoneux dans les pays de la Loire », dévoile l'AGPM.

Déterminer la date optimale pour les semis

Semer tôt ne se décide pas sur un calendrier, il faut attendre le ressuyage du sol avant d’intervenir dans la parcelle et viser un profil sans semelle, sans lissage par les outils et sans compaction, pour faciliter la mise en place des racines.

« C’est pourquoi un bon travail du sol en conditions ressuyées apportera plus de résultats qu’un semis réalisé quelques jours plus tôt en sol non ressuyé. Attention, dans tous les cas, commencer les reprises de sol trop tôt, alors que celui-ci n’est pas suffisamment ressuyé, peut s’avérer contre-productif.»

Deux risques à prendre en compte

Un des premiers risques est de ne pas réussir à créer un lit de semence adapté. En effet, lorsque le sol est trop humide, le travail du sol crée des mottes susceptibles de durcir et de perturber les levées. De la même manière, une reprise trop profonde ramènera des mottes plus humides à la surface. 
Le second risque est de générer du tassement en profondeur : même si les 10 ou 20 premiers centimètres sont bien ressuyés, les horizons profonds restent sensibles au tassement. Il est donc indispensable de s’assurer que le sol est ressuyé sur toute l’épaisseur de la couche arable. 

Afin de savoir si votre sol est suffisamment portant et ressuyé pour être travaillé, des tests simples existent. Il vous suffit de prendre une motte de terre dans la main et d’exercer une pression entre les doigts. Si elle s’émiette sans coller, le sol est au bon état d’humidité pour être travaillé. En revanche, si elle s’émiette en collant et forme des boulettes, il y a des risques de faire des mottes et de tasser le sol. Enfin, si elle modelable et qu'elle colle aux mains, il est beaucoup trop tôt pour intervenir. 

Semis précoces ou ultra-précoces ?

Concernant les semis, il faut avoir en tête que les semis précoces ont de multiples intérêts. Le maïs a plus de chance d’être récolté à des teneurs en humidité réduite, et laisse plus de latitude pour semer la culture de céréales à paille. Les semis précoces permettent également de cultiver des variétés plus tardives plus productives, le tout en essayant d’esquiver les déficits hydriques qui peuvent intervenir en période de post-floraison. 
À l’inverse, les semis ultra-précoces, à partir de début avril dans le Nord et fin mars dans le Sud, ne sont pas toujours gagnants car le froid et la pluviométrie peuvent être des sources de stress en début de cycle de végétation. De plus, ils peuvent exposer la culture, dont les stades s’enchaînent très lentement, aux bioagresseurs. En revanche, si le déficit hydrique s’avère être le plus impactant pour le rendement, alors la moindre efficacité de la photosynthèse liée au froid en début de cycle reste secondaire en comparaison de semis trop tardifs. 

Bien implanter la graine

Une fois votre date choisie et après avoir vérifié le bon état de votre semoir, vient l’étape la plus importante : l’implantation. La graine doit être semée à une profondeur régulière d’environ 4-5 cm dans le « frais ». Si elle est positionnée moins profondément, elle est alors plus exposée aux attaques d’oiseaux et risque de ne pas germer en cas de conditions climatiques sèches les jours suivants le semis. Au contraire, si elle est placée trop profondément, la levée sera plus lente et moins régulière.
Lors d’un semis précoce, la fertilisation starter a un effet positif sur le démarrage des plantes. Plus le démarrage est rapide, et moins la plante est sensible aux attaques des ravageurs et s’implante mieux.

L’AGPM l’indique : « Les meilleurs résultats s’observent pour des semis précoces, dans des parcelles froides avec un potentiel de rendement élevé. L’azote ainsi apporté est à prendre en compte dans le raisonnement de la fumure de la parcelle. »

Toutefois, pour protéger les prochains semis de maïs contre les attaques de ravageurs du sol, le recours à des produits microgranulés est la seule option possible. Appliqués dans la raie de semis, ils protègent la jeune plante et sécurisent le peuplement. 
 

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