La référence technique au service des éleveurs

Médecines alternatives ou « complémentaires »

Des méthodes de soin pas si anodines

Les huiles essentielles peuvent s’utiliser en voie cutanée, respiratoire, utérine, oculaire et orale.

Dans le cadre du plan Ecoantibio, les médecines douces, dites « complémentaires » (homéopathie, phytothérapie, aromathérapie), suscitent l’intérêt de nombreux éleveurs bovins qui voient en elles des méthodes de soin faciles à mettre en œuvre et sans risque. C’est pour tordre le cou à cette idée reçue que le Groupement technique vétérinaire de Bretagne organisait en décembre dernier le Breizh Vet’Tour sur ce thème.

Il existe deux familles de médecines alternatives. L’homéopathie est une méthode thérapeutique consistant à prescrire à un malade, sous une forme diluée et dynamisée, une substance capable de produire chez l’individu sain des troubles semblables à ceux que présente l’individu malade.

La préparation homéopathique est issue de teinture mère (liquide et alcool) et de la trituration de matière première (minéraux, plantes…). Ces préparations sont alors diluées (au centième, c'est-à-dire une dose de teinture mère pour 99 doses de solvant). À chacune des dilutions, le mélange est secoué, c’est la dynamisation, expliquait Thierry Daridon, vétérinaire dans le Finistère.

L’homéopathie, qui se présente le plus souvent sous forme de granules, peut être utilisée pour des affections telles que les troubles digestifs, la nervosité, les contusions et les abcès, les mammites et les affections respiratoires. Le temps d’utilisation et la concentration dépendent de la pathologie.

En cas d’échec du traitement homéopathique, ne pas insister et passer au traitement allopathique, recommande Thierry Daridon.

Traiter les maladies par l’usage des plantes

Deuxième type de médecine alternative, la phytothérapie consiste à traiter ou prévenir les maladies par l’usage des plantes. Les produits, fabriqués à partir de plantes entières (fraîches ou sèches) ou de parties de plantes (bourgeons, inflorescences..) existent en diverses préparations : extraits fluides (alcool, eau, glycérine), teinture mère (alcool/eau), décoctions, infusions à chaud ou à froid, macérations (eau, alcool, huile).

Chaque plante est réputée pour avoir une fonction particulière : la valériane pour les troubles nerveux, l’artichaut pour les troubles hépatiques, le thym pour les troubles digestifs. Présentée sous forme de bolus, de granulés, de poudres ou de liquides, la phytothérapie s’utilise en action préventive et/ou en complément des traitements classiques.
 
Branche particulière de la phytothérapie, l’aromathérapie est une thérapeutique par ingestion, massage du corps ou inhalation d’essences aromatiques végétales ou d’huiles essentielles (HE). Ces dernières sont des concentrés liquides, hautement actifs, obtenus par distillation de plantes aromatiques à la vapeur d’eau ou par pression mécanique à froid. En fonction des molécules qui les composent (éthers, terpènes, aldéhydes, etc.) les huiles essentielles ont des propriétés anti-inflammatoires, anti-infectieuses, antiseptiques des voies respiratoires, décongestionnantes, calmantes, anti-allergiques.

Si des plantes toxiques peuvent être utilisées comme médicament, des plantes médicinales peuvent être toxiques. Utilisées à mauvais escient, elles peuvent être dangereuses pour la santé des éleveurs et celle des animaux, prévient Thierry Daridon, ajoutant que la toxicité des plantes est surtout liée aux mésusages. Elle peut provenir d’une mauvaise identification botanique, de la sélection d’une mauvaise partie de la plante, d’un stockage inapproprié, de la contamination de la plante par divers agents chimiques ou métaux lourds.

La toxicité en aromathérapie est de plus en fréquente en raison d’une utilisation croissante en automédication par les éleveurs.

Il faut toujours porter des gants et des lunettes pour l’application d’une huile, indique Thierry Daridon qui recommande par ailleurs de ne pas jouer aux apprentis sorciers.

Pas d’aromathérapie sans la prescription d’un vétérinaire

Les huiles essentielles sont soumises à la même réglementation que celle du médicament vétérinaire. Idéalement, elles sont incluses dans un médicament vétérinaire disposant d'une autorisation de mise sur le marché (AMM) avec preuve de leur efficacité, de leur innocuité, de la recherche de résidus (LMR) et de la fixation du temps d'attente.

Très peu d’huiles essentielles répondent à ces critères. Les huiles peuvent être toxiques pour le manipulateur soumis à des expositions répétées. Des résidus d’huiles essentielles peuvent se retrouver dans les denrées alimentaires si l’on ne respecte pas des temps d’attente.

Des études de LMR ont été validées pour les huiles essentielles inscrites au " tableau 1 du règlement 37/2010 de la Commission européenne relatif aux substances pharmacologiquement actives et à leur classification en ce qui concerne les limites maximales de résidus dans les aliments d’origine animale (une trentaine au total). Seules les huiles essentielles inscrites au tableau 1 peuvent être utilisées, mais de nombreuses huiles ne sont pas autorisées en l'absence de LMR définies, explique Thomas Ghisbain, vétérinaire dans le Finistère.

Retrouvez notre dossier complet sur les médecines complémentaires dans le numéro de février de Cultivar Élevage.

 

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