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Renouvellement des générations

Des profils de cadres supérieurs en reconversion en élevage

Des profils de cadres supérieurs en reconversion en élevage. ©Countrypixel

Dans un récent rapport d’étude, Alizée Chouteau, Maeva Bousses et Philippe Lescoat se sont intéressés au renouvellement des générations en élevage par des personnes non issues du milieu agricole. Cette étude portée par la Confédération nationale de l’élevage se concentre sur des projets agricoles où l’élevage de ruminants constitue l’atelier de production principal. Ainsi, vingt enquêtes ont été réalisées auprès de vingt-cinq éleveurs du Rhône, du Tarn, de l’Aude et de l’Ille-et-Vilaine. 
 
Aujourd’hui, le vieillissement de la population agricole laisse présager une importante vague de départs en retraite pour les années à venir. Le monde de l’élevage, et en particulier de l’élevage de ruminants, ne fait pas exception. On estime qu’en 2016, 40 à 50% des chefs d’exploitation avaient déjà plus de 50 ans et, là encore, le nombre d’installations est loin de compenser le nombre d’arrêts d’activité. À l’heure actuelle, un agriculteur sur deux ignore s’il aura un successeur sur son exploitation. 

Des candidats hors cadre familial 

L’une des raisons au problème du renouvellement des générations réside dans le désengagement croissant de la part des fils et des filles d’agriculteurs pour reprendre l’exploitation familiale. La recherche de candidats doit donc manifestement être étendue au-delà des liens filiaux. Ainsi, les métiers de l’agriculture s’ouvrent notamment de plus en plus à un public dit "non Issu du milieu agricole" – Nima –c’est-à-dire à des personnes n’ayant pas de parents agriculteurs et donc a priori pas de liens directs avec ce milieu. L’arrivée de ces nouveaux profils pourrait dynamiser et renforcer le secteur agricole par l’apport d’un nouveau regard sur l’agriculture et sur le métier d’agriculteur. 

Un lien avec le milieu agricole tout de même

Parmi les vingt éleveurs enquêtés sur la base du critère « non issu du milieu agricole », la plupart ont bien un lien avec le milieu agricole. Des parents qui travaillent en lien avec la production agricole, d’autres membres de la famille qui sont du milieu agricole ou encore des proches extérieurs au cercle familial qui sont agriculteurs. Les enquêtes révèlent que les occasions d’entrer en contact avec le monde agricole sont favorisées en milieu rural.
Les personnes ayant vécu en milieu urbain ont généralement créé un lien plus tardif avec le milieu agricole.

Des installations plus tardives que pour les enfants d'agriculteurs

Selon des experts de différentes structures, il y a des cas d’installation de personne non issues du milieu agricole à tout âge, y compris après 55 ans avec des reconversions tardives. D’après eux, une majorité faisait ce choix autour de 35-40 ans, qui correspond à une période de remise en question de leur parcours professionnel, pour chercher « du sens » et une reconnexion à la nature. Les Nima s’installent en moyenne quelques années plus tard que les enfants d’agriculteurs. 

Des candidats de tout horizon

D’après l’étude, les personnes en reconversion ne viennent pas d’un secteur en particulier.

« Nous retrouvons tout de même de nombreuses personnes avec un profil professionnel de cadre supérieur. Nous pourrions retrouver plus de personnes en reconversion en élevage après une activité de haut niveau de responsabilité car ils auraient déjà des capitaux à réinvestir dans leur nouvelle activité. Un jeune sans capitaux qui souhaiteraient s’installer en agriculture fera plutôt le choix du maraîchage car cela demande moins d’apports. »

Travail avec les animaux, indépendance

Tous viennent vers l’élevage pour de multiples motivations comme : le travail avec les animaux, l’activité de transformation, un métier diversifié, la gestion d’une entreprise, l’indépendance, l’environnement et la qualité de vie. Dans cette étude, deux idées fortes ressortent. 
La première concerne le plan professionnel, les enquêtés sont globalement en quête de sens, ils veulent donner à leur métier de la valeur et une utilité profonde. La seconde se concentre sur le plan personnel. En effet, ils cherchent un meilleur équilibre et un plus grand épanouissement. Dans tous les cas ils accordent une grande importance à cet équilibre, entre la vie professionnelle et la vie personnelle. 

Tous types de rémunération

Enfin, concernant le revenu, le niveau de rémunération attendu est généralement mis en lien avec les besoins à satisfaire. Ces attentes amènent généralement à envisager au minimum un Smic. Certains indiquent pouvoir se satisfaire de moins en tenant compte du fait que la vie en milieu rural et que leur mode de vie sont assez économes. À l’inverse, d’autres espèrent plutôt gagner autour de 1 500 € par rapport au nombre d’heures réalisées.  
 
Retrouvez le rapport d’étude complet « Les personnes non issues du milieu agricole : le futur du renouvellement des générations en élevage ? » en cliquant ici.     

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