La référence technique au service des éleveurs

Reproduction

Détection des chaleurs : des capteurs en plus de l’œil de l’éleveur

Publié le 18/12/2019 par Claire LAMY GRANDIDIER
La démocratisation des puces RFID permet d’identifier les vaches en routine : c’est la base de toute démarche de monitoring. CP : A.Coronel/Terroir Est.

Le comportement de la vache n’est plus l’unique moyen de repérage des chaleurs. La mise au point de capteurs et de solutions de monitoring permet de cibler d’autres indicateurs complémentaires, tels que la température, l’activité, la progestérone... et d’améliorer la précision de détection de l’œstrus. 

Le cycle œstral chez les bovins dure 21 jours. Il se divise en quatre parties, dont trois en lien avec la période dite « des chaleurs » : la préchaleur, la chaleur et l’après-chaleur. Chacune de ces phases s’accompagne de symptômes qu’il est important de connaître. Lors du pro-œstrus, le comportement des vaches se modifie : elles ont tendance à rechercher la proximité de leurs congénères (regroupement), elles se déplacent davantage, peuvent perdre un peu d’appétit. Sur le plan physiologique, cette phase correspond à la destruction du corps jaune par les prostaglandines : un follicule a été sélectionné pour devenir dominant. Il commence à sécréter des œstrogènes responsables de l’apparition des signes de chaleur. D’autres hormones, GNRH et FSH, permettent le développement du follicule. Suit la période d’œstrus véritable : les œstrogènes sont à leur maximum et un pic de LH survient pour provoquer l’ovulation dix à douze heures après la fin de la période de vraie chaleur. L’acceptation de la monte (soit la période de réceptivité) est le signe le plus évident que la vache est en vraie chaleur. Elle se laisse monter sans se dérober et adopte un comportement passif. Sa température interne augmente et sa production laitière chute.

Après la chaleur, la vache ne se laisse plus monter. Elle devient calme. L’ovulation se produit pendant cette période. L’ovule capté par le pavillon franchit les deux tiers de l’oviducte et se prépare à recevoir les spermatozoïdes. L’ovaire s’organise sur le site de l’ovulation et commence à produire un corps hémorragique qui deviendra un corps jaune produisant de la progestérone, hormone responsable du maintien de la gestation ou qui empêche le retour en chaleur. La réussite de l’insémination est fonction de la spécificité des signes observés pour la détection. D’où l’émergence de nouveaux outils pour accéder à des indicateurs indirects des chaleurs, de manière automatisée : activimètres, mesure du taux de progestérone, de la température corporelle, vidéosurveillance...

Comme le rappelle Raphaël Guatéo, professeur en gestion de la santé des bovins à Oniris et chercheur à l’Inra, « le développement du monitoring de la reproduction permis par les progrès technologiques, comme la démocratisation de la puce RFID, est lié à des évolutions structurelles des élevages (taille des troupeaux grandissante sans augmentation de la main-d’œuvre), ainsi qu’à la montée en puissance de nouvelles attentes sociétales (confort de travail, réduction des astreintes...). 

L’intérêt technico-économique des équipements de monitoring est variable selon les systèmes d’élevage considérés, mais aussi selon les niveaux de performances initiales. En effet, l’investissement est élevé, et il faut tenir compte de la maintenance du matériel ainsi que de ses coûts de fonctionnement. 

Retrouvez la suite de l'article dans notre numéro de Cultivar Élevage de novembre-décembre 2019 : 

Ajouter un commentaire

Plain text

  • Aucune balise HTML autorisée.
  • Les adresses de pages web et de courriels sont transformées en liens automatiquement.
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.
Image CAPTCHA
Saisir les caractères affichés dans l'image.
Nos autres publications
Cultivar LeadersTCSCheval santéRelations cultureAfrique Agriculture
Plan du site