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Maïs fourrage

Éclatement du grain et ensilage brins longs au banc d’essai

Les essais menés sur les fermes expérimentales des Trinnotières (49) et de La Jaillère (44) n’ont pas montré d’effet de l’apport de fibres longues par le maïs fourrage ni sur l’ingestion, ni sur les performances laitières. © A.Uijttewaal/Arvalis-Institut du Végétal

Les essais d'ensilage "brins longs" conduits pendant l’hiver 2018-2019 à la ferme expérimentale Arvalis de La Jaillière (44) et à la ferme expérimentale des Trinottières (49) avec l’appui de l’Institut de l’Élevage n’ont pas révélé d’augmentation des performances sur les troupeaux laitiers.

Né aux États-Unis, l’ensilage de maïs dit « brins longs » est une technique de récolte visant à obtenir une coupe longue des brins de maïs et un éclatement intense des grains.

L’objectif affiché de cette technique est d’obtenir un niveau d’éclatement du grain élevé et de recouper les tiges dans le sens de la longueur. Des enjeux conséquents en matière de valorisation de la ration et de performances laitières sont affichés par les promoteurs de la technique. Par ailleurs, sur le terrain, éleveurs ou techniciens constatent des gaspillages d’amidon jugés par la présence de particules de grains dans les bouses; l’insuffisance d’éclatement est pointée du doigt.

L’ensilage brins longs mis à l’épreuve dans deux stations expérimentales

Deux essais de 8 semaines (précédées de 2 semaines de transition alimentaire), ont été mis en place sur les fermes expérimentales d’Arvalis à La Jaillière (44) et de la SAS Ferme expérimentale des Trinottières (49) avec l’appui de l’Idele au cours de l’hiver 2018-2019.

Sur chaque station, le maïs fourrage a été récolté en bandes alternées selon trois modalités : E- (éclatement faible, brins courts, éclateur classique), E+ (éclatement élevé, brins courts, éclateur classique) et SCH (éclatement élevé, brins longs, éclateur rainuré en croix). Les réglages de la longueur de coupe et de l’écartement entre éclateurs ont été ajustés sur chaque site et chaque modalité. Ce dispositif de récolte a permis d’obtenir des maïs de composition chimique proche afin de comparer uniquement l’effet du mode de récolte. Les maïs fourrage ont été récoltés à une teneur en MS élevée (35,8% MS aux Trinottières, 38,5% MS à La Jaillière), stade auquel le grain contient environ 50% d’amidon vitreux sur une génétique cornée à cornée-dentée.

Sur chaque station, les 3 lots de 20 vaches laitières ont reçu une ration complète mélangée distribuée deux fois par jour avec contrôle quotidien de l’ingestion individuelle et des performances. Le maïs a été incorporé à hauteur de 67% ou 72% de la ration en MS selon les sites (figure 1). La part de maïs volontairement élevée avait pour objectif d’extrémiser les effets éventuels des modalités de récolte. Les rations bâties sur chaque site sont identiques en termes de densité énergétique et protéique entre chaque lot et ont été bâties selon les critères objectifs de respect d’équilibre chimique.Figure 1

Une qualité de conservation équivalente avec l’ensilage brins longs

Des mises en garde sur la qualité de conservation du maïs brins longs ont été avancées par certains auteurs, notamment en lien avec un tassement plus difficile induisant une densité de silo inférieure, jusque -12% par rapport à un maïs conventionnel. Dans les conditions expérimentales de nos deux stations en silos couloir, la densité des silos a été équivalente entre les trois modalités de récolte. Les qualités de conservation ont été évaluées par analyse et n’ont pas montré de différence significative entre modalités.

Malgré la part de maïs fourrage élevée dans les rations, ces dernières ont été assez sécurisées d’un point de vue digestif avec des teneurs en amidon inférieures à 23% de la MS ingérée et en cellulose brute supérieure à 19% de la MS ingérée. L’apport de fibres longues par le maïs fourrage n’a eu d’effet ni sur l’ingestion ni sur les performances laitières (figure 2). La valorisation des fibres n’a pas été améliorée.

Dans le contexte des essais (maïs distribué après 6 mois de conservation), aucun effet de l’éclatement du grain sur les performances zootechniques n’a été observé. Quelle que soit la modalité, les teneurs en amidon dans les bouses ont été assez faibles (<4% de la MS). Toutefois, une meilleure digestibilité de l’amidon a été observée pour les animaux du lot E+ par rapport à ceux du lot E- (+1,2 pt à La Jaillière, + 2,8 pt aux Trinottières), sans impact sur les performances laitières. Attention, la qualité de l’éclatement du grain reste importante, notamment dans le cas d’ouvertures précoces de silo et avec les maïs récoltés à des stades tardifs. Dans les deux essais, malgré des niveaux d’éclatement faibles du maïs E-, aucun grain n’était intact, ce qui a nécessairement favorisé l’évolution de l’amidon en fermentation et sa valorisation par les ruminants.

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