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Conjoncture laitière

France : la collecte de lait baisse en mai

La collecte française de lait a baissé en mai. CP : L.Page/Cniel

Collecte laitière, prix, cours des commodités laitières, export : dans son dernier webinaire, l’Idele dresse le panorama de la conjoncture laitière française pour cette première partie de l’année. 
 
En avril et en mai, la France aura collecté 50 000 tonnes de lait en moins que les années précédentes, soit une baisse de 1,6%. Cette diminution est compensée par le premier trimestre sur lequel la collecte était positive de + 1,2 % par rapport à celle de 2019. 
Pour expliquer ces évolutions, l’Idele mentionne tout d’abord le dispositif du Cniel qui incite à modérer les livraisons : un premier bilan indique que 22 000 livreurs ont réduit de 2 à 5 % leurs livraisons sur le mois d’avril. 

« De ce fait, sur le mois d’avril, la collecte était moindre de 48 millions de litres de lait indemnisés à 320 €/1000 l, indique Gérard You, responsable du service économie des filières à l’Idele. L’enveloppe globale, qui était initialement de 10 millions d’euros, a été dépassée puisque le coût est estimé à 15,2 millions d’euros. Cela représenterait un recul par rapport à la livraison d’avril de 2,2 %. »

 

Le cheptel en recul de 1,5 %

Le ralentissement de la production se traduit également par des conditions climatiques exceptionnellement chaudes et sèches, surtout en avril. En effet, même si la pousse de l’herbe a été très précoce en début d’année et qu’elle s’est arrêtée en avril, le cumul de production herbagère reste positif partout en France à la fin mai, sauf dans l’Est.
 
Autre point qui a affecté la collecte : le cheptel laitier.  

« Il était déjà réduit en début d’année, chiffre Gérard You, qui cite une baisse de 1,5 % en mars par rapport à 2019. De plus, de nombreuses réformes ont été observées en mars et en avril. Parallèlement, il y a eu peu d’entrées de génisses, si bien que le différentiel s’est creusé. Ainsi, au 1er mai, le cheptel de vaches est inférieur de 1,8 % par rapport à l’année passée.»

 

Un prix du lait presque au niveau de 2019

Concernant le prix du lait standard toutes qualités, il a baissé en mars à 345€/1 000 l et en avril à 339 €/1 000 l. Actuellement, il se stabilise mais reste en dessous de celui de l’année 2019 (de 2 ou 3 €/1000 litres d’écart). 

« Il y a deux mois, nous étions dans un scénario très inquiétant, finalement le prix a baissé et pourrait se stabiliser en mai. La question que je me pose est : va-t-il remonter en juin ? » s’interroge le responsable du service économie des filières.

 

Le prix du beurre reprend des couleurs 

Cette situation plus favorable qu’il y a deux mois tiens notamment aux cours des commodités laitières et du beurre en particulier. 
Après une première chute en mars et en avril de 900 €/t, pour arriver à 2 600 €/t à la mi-avril, le prix s’est stabilisé avant d’entamer sa remontée. Actuellement, le prix du beurre se situe aux alentours de 3 200 €/t mais reste inférieur au niveau de l’an dernier de presque 800 €/t. Néanmoins, il a tout de même connu un redressement sur la cotation Alta sur le marché spot de 570 €/t en deux mois.
 

C’est mieux pour la poudre maigre

Concernant la poudre maigre, la chute a été bien plus forte puisqu’elle a perdu en deux mois près de 720 €/t. Elle s’est ensuite stabilisée puis elle est remontée de 380 €/t à 2 310 €/t. Aujourd’hui, son cours a retrouvé le niveau de 2019 et reste en moyenne au-dessus des niveaux de l’année passée.
 
Le lait valorisé en beurre/poudre avait, quant à lui, fortement décroché fin mars et en avril. Après s’être stabilisé, le prix moyen payé au producteur s’établit aujourd’hui autour de 250 €/1 000 l, soit 50 €/1 000 l de moins par rapport à 2019. 
 

Hausse de production des laits

Le confinement a modifié les habitudes des consommateurs : une hausse de la production française est visible sur les laits liquides (+ 12 %), sur les laits fermentés (+ 13 %), sur la crème (+ 1 %), mais pas pour le beurre (- 1 %). 
 

Volume en baisse et valeur en hausse

Un rebond des exportations de laits vrac (+ 30 %) et de crèmes vrac (+ 12 %) a été observé.

 « Ces chiffres traduisent des difficultés pour les opérateurs à transformer les produits, indique Gérard You. Par conséquent, ils ont plus exporté, d’autant que la collecte laitière en début d’année était dynamique. »

À l’inverse, sur ce premier quadrimestre, certaines exportations ont baissé : le lait conditionné (- 10 %), le fromage (-4 %) et le beurre (- 4%).
Même si les exportations ont faibli en volume, leur valeur progresse de 2 % à 2,4 milliards d’euros sur quatre mois. 
 

Des importations en baisse

Les importations se tassent que ce soit pour le lait conditionné (-5 %), les crèmes (-19 %), le fromage (-1 %) et surtout le beurre (-19 %).

« Nous avons observé une forte demande du côté des ménages, mais moins concernant la restauration hors domicile et l’industrie agroalimentaire. Cela s’est traduit par un besoin moindre en import et par des exports moins dynamiques », reconnaît Gérard You. 

Ainsi, sur le premier quadrimestre 2020, les importations affichent un recul net en valeur de - 9 % à 1,2 milliard d’euros.
Par conséquent, le solde commercial du premier quadrimestre s’est amélioré de 19 % et s’établit à 1,2 milliard d’euros. Il s’améliore notamment grâce à la hausse de l’excédent de poudre maigre (+41%) et des caséines (+38%) et au recul du déficit en beurre (-53%). 
 

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