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Dermatite digitée

"Il faut soulever les pieds des vaches"

"Quand une vache boite, plus elle est soignée tôt, plus on a de chance qu’elle évite le stade de dermatite profonde", insiste le Dr Jean-Michel Bonnefoy. Photo : DR

Pour Jean-Michel Bonnefoy, vétérinaire à Replonges (Ain), le meilleur moyen pour lutter contre la dermatite digitée, c’est le parage et la désinfection des pieds atteints.

Maladie contagieuse et multifactorielle, la dermatite digitée se matérialise sous la forme de lésions cutanées en arrière du pied, au niveau du talon, entraînant des boiteries plus ou moins prononcées et sans aucun rapport avec l’intensité des lésions observées.

La dermatite digitée a été décrite en 1974 par le Pr Mortellaro. Malgré les recherches, les mécanismes sous-jacents à cette maladie ne sont toujours pas entièrement connus. Des bactéries anaérobies spirochètes du genre Treponema sont impliquées. Mais elles ne peuvent s’installer que si la peau de l’animal est fragilisée (sols humides, sales) et/ou les défenses affaiblies. Plusieurs stades de gravité sont à distinguer, de la simple lésion à la dermatite profonde : hairy attacks ou black stinky. À ce stade ultime, le derme de la sole est atteint et l’avenir de l’animal concerné plus que compromis.

La propreté des pieds est essentielle

Pour Jean-Michel Bonnefoy, la solution du pédiluve est impossible à mettre en place de manière correcte dans les élevages.

Pour que ça fonctionne, il faudrait que les vaches aient les pieds parés et propres, qu’elles fassent au moins trois foulées dans le pédiluve, puis qu'elles restent plus d’une demi-heure sur une surface propre. Il faudrait aussi renouveler le pédiluve tous les 100 passages. C’est irréalisable,  tonne-t-il.

La propreté n’est pourtant pas à négliger. Ayant remarqué que les primipares développaient de la dermatite trois semaines après le vêlage, Jean-Michel Bonnefoy et Bertrand Landré, associé en Gaec à Bâgé-la-Ville (01), ont effectué un essai : pendant six mois, l’éleveur a systématiquement lavé les pieds d’un lot de primipares tous les jours, pendant la traite. Résultat : zéro cas de dermatite. Depuis, il apporte un soin particulier à la propreté des génisses.

Retrouvez l'expérience de Bertrand Landié et l'ensemble des recommandations du Dr Jean-Michel Bonnefoy dans le numéro 709 de juillet-août de Cultivar Élevage.

 

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