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Alimentation

La betterave fourragère dans la ration : des règles à respecter

Publié le 15/01/2020 par Claire LAMY GRANDIDIER dans
La betterave fourragère demande quelques précautions à prendre lors de son introduction dans la ration. © C.Frey

Longtemps oubliée dans les systèmes fourragers, la betterave fourragère a toute sa place dans l’alimentation des vaches laitières. Sa valeur alimentaire en fait le complément naturel idéal des rations à base de maïs ou d’herbe fauchée. Pour optimiser les atouts de ce fourrage, il est primordial de bien caler les rations.Tour d’horizon des règles à connaître... 

Délaissée pendant plusieurs années en raison notamment des contraintes de mécanisation et des aides Pac plus favorables au maïs ensilage, la betterave fourragère fait son retour dans les régions Grand Ouest et l'Est de la France, où les éleveurs redécouvrent ses multiples intérêts dans les systèmes fourragers.

« La betterave est un excellent fourrage de par sa valeur alimentaire. Son introduction dans les rations VL à base de maïs ou d’herbe fauchée est l’assurance de performances technico-économiques très intéressantes », introduit Johann Cariou, responsable technique nutrition et génisses à BCEL Ouest.

La betterave, quel que soit son type (fourragère pâturable, fourragère sucrière, sucrière fourragère) est un aliment riche en eau (12 à 19 % MS), à faible teneur en celluose (moins de 7 %) et à énergie hautement fermentescible. Sa valeur énergétique élevée – de 1,15 UFL/ kg de MS, soit 20 % de plus que celle d’un maïs ensilage – s’explique par sa faible teneur en parois végétales et sa forte proportion en glucides solubles, de l’ordre de 620 à 650 g/kg. Selon le type, la betterave présente des valeurs de 25 à 37 g de PDIN et de 75 à 80 g de PDIE.

« La betterave permet de diversifier la ration des vaches et d’apporter de l’énergie sous forme de sucres fermentescibles. Elle présente l’avantage d’être très digestible, très appétente et peu encombrante : 3 kg de MS introduits dans la ration, c’est un demi kilo en moins de fourrage consommé. La betterave concentre la ration en énergie et permet, pour les vaches à moins de 9 000 kg de lait, de supprimer le concentré énergétique », explique Johann Cariou. 

Ne pas dépasser 3 kg MS/VL/jour 

L’introduction de la betterave fourragère dans l’alimentation des vaches laitières suppose le respect de quelques règles de conduite, qui doivent permettre d’assurer l’équilibre azote-énergie de la ration et ainsi d’optimiser le fonctionnement du rumen et d’améliorer l’efficacité alimentaire. L’apport de betteraves dans les rations des vaches laitières doit se faire de façon raisonnée. En effet, les quantités distribuées doivent être fonction du type de ration proposée. « Avec des rations à base de maïs ensiage, il ne faut pas excéder 2,5 à 3 kg MS de betterave par vache et par jour (soit 15-20 kg brut) compte tenu de sa richesse en sucres et de sa faible teneur en cellulose. Si la betterave est distribuée en trop grandes quantités et/ou que la teneur en cellulose de la ration est trop faible, le risque de déviation fermentaire est important. » 


Pour des rations plus fibreuses, à base de foin par exemple, il est possible de passer à 5 kg MS de betterave. Plus la quantité de betterave apportée est importante, plus la distribution en deux repas est conseillée. En règle générale, au-delà de 3 kg MS par jour, il faut fractionner la distribution en deux repas, ou en ration mélangée. 

Des gains et des économies possibles 

Incorporée dans la ration, la betterave fourragère présente les avantages d’un fourrage de haute valeur nutritionnelle et à fort intérêt économique, avec un gain sur le coût alimentaire. Pour une ration vache laitière équilibrée à 32-33 kg de lait, avec 3 kg de betterave, le coût alimentaire s’élève à 92 €/1 000 l, soit un gain de 15 € les 1 000 litres par rapport à une ration sans betteraves (107 €/1 000 l). Une économie de 200 kg de concentré de production par VL est possible sur la période de distribution de la betterave (120 jours) soit entre 50 et 60 € d’économie par VL. Une ration composée entre autres de betterave fourragère permet également une amélioration des taux. Avec l’apport de 2,5-3 kg MS de betterave, les gains sont de l’ordre de 1 à 2 points de TP et de 2 à 3 points de TB en moyenne par rapport à une ration classique, soit une plus-value de 15 euros/1000 l sur la période de distribution. 

Retrouvez l'intégralité de l'article dans Cultivar Élevage n°722 de janvier : 

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