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Maladie

La kérato-conjonctivite infectieuse estivale, quel danger pour les bovins ?

Publié le 21/07/2020 par Claire LAMY GRANDIDIER dans
La kérato-conjonctive peut avoir poour conséquence un impact économique et une mise à mal du bien-être animal. ©michaklootwijk/AdobeStock

Avec les beaux jours, les mouches réapparaissent ainsi que certaines pathologies qu’elles véhiculent comme la kérato-conjonctivite infectieuse bovine (KCIB). Cette infection de l’œil ne met pas la vie de l’animal en danger mais a cependant des conséquences économiques importantes et peut conduire à une perte de vision.
 

Une pathologie contagieuse entre bovins

Encore appelée maladie de l’œil blanc, ou « onglet » en Normandie, la KCIB est une affection oculaire très fréquente et contagieuse occasionnée par différents agents infectieux. Le plus fréquent est la bactérie Moraxella bovistransmise « de bovin à bovin » par les mouches durant leur principale période d’activité (d’avril à octobre). D’autres bactéries (Cocci gram négatif, mycoplasmes, chlamydia…) ou virus (IBR, adénovirus…) peuvent aussi en être responsables. Les mouches sont considérées comme le principal vecteur des agents infectieux de cette pathologie qui peut prendre des allures épidémiques dans certains lots d’animaux et touche préférentiellement les jeunes animaux. Elle est favorisée par toute source d’irritation de l’œil : rayons UV du soleil, vent, paille, poussières, pollens…

Un œil « blanc »

Cette pathologie concerne généralement un seul œil. Elle débute par une inflammation de la conjonctive (peur de la lumière, larmoiement qui s’écoule sur la joue, clignement de l’œil, fermeture de la paupière) puis de la cornée (paroi translucide de l’œil) avec l’apparition tout d’abord d’un « point blanc » (œdème de la cornée) qui évolue, en l’absence de soins, vers un voile blanc recouvrant tout l’œil, avec des « larmes » purulentes. La cornée peut s’ulcérer et s’abcéder en 7 à 9 jours (tache blanche puis abcès, et enfin ulcère). La récupération de la transparence est possible en plusieurs semaines. Mais la perte de la vision par une fibrose cicatricielle de la lésion, voire la perte de l’œil par rupture de la cornée, ne sont pas exclues. 

Conséquences : Impact économique et mise à mal du bien-être animal

En plus de son incidence médicale, la KCIB a un retentissement économique considérable. L’animal souffre beaucoup et une poussée de fièvre peut être observée. La douleur intense et la baissse d’appétit occasionnent des pertes de GMQ (production de viande) ou de lait en plus des coûts liés aux traitements et au temps passé aux soins.

La prise en charge doit être précoce

Les soins aux animaux atteints doivent intervenir rapidement pour limiter les séquelles, ne pas hypothéquer les chances d’une complète guérison et limiter la transmission aux autres animaux du lot. Il faut par ailleurs veiller à soustraire les animaux à toute lumière vive, au soleil et limiter la compétition de leurs congénères pour la prise alimentaire. La rentrée sous bâtiment est une mesure salvatrice. Le traitement, sous prescription obligatoire du vétérinaire traitant, consiste généralement dans l’application quotidienne de pommade ou collyre ophtalmique avec antibiotique. Dans les cas graves, une injection sous-conjonctivale d’antibiotique est nécessaire et sera réalisée par le vétérinaire.

Comment prévenir cette pathologie ?

La prévention de la maladie repose sur cinq points clé :

  • la limitation du nombre de mouches (élément clé) par : 
  • la destruction des larves très tôt en saison par un traitement insecticide larvicide des bâtiments d’élevage et des abords des bâtiments : une larve tuée en avril évite la genèse d’un million de mouches descendantes » de cette larve quelques semaines plus tard !
  • la prévention de la présence de mouches sur les animaux par tout moyen répulsif ou dissuasif, notamment les applications raisonnées et réglementées (prescription vétérinaire) d’insecticide externe autorisé sur le dos des animaux.
  • l’isolement rapide des malades pour éviter la contagion.
  • la lutte contre les facteurs favorisants : éviter l’excès de poussière dans l’environnement et l’alimentation (foins, enrubannés), prévoir des zones d’ombre au pâturage.

 
Article rédigé par le Docteur vétérinaire Jean-Michel Cuminet, Littoral Normand
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