La référence technique au service des éleveurs

Suivi des fermes du réseau Inosys

La rémunération de l'éleveur est faible

La situation économique des exploitations de viande bovine n'est pas au mieux de sa forme selon les observations effectuées durant 10 ans grâce au réseau Inosys. Photo : DR

Le suivi des 124 exploitations spécialisées dans la viande bovine par l’Institut de l’élevage permet de dresser un panorama de leurs situations technico-économiques. Les résultats sont insatisfaisants mais des pistes d’amélioration existent…
Grâce au réseau de fermes Inosys, l’Institut de l’élevage a désormais une meilleure connaissance de l’évolution des structures et des revenus des producteurs de viande bovine sur les 10 dernières années (2005/2015). Ces exploitations accompagnées par l’institut ne reflètent sans doute pas tout à fait l’ensemble des structures spécialisées en viande bovine. Mais ce suivi a au moins le mérite d’afficher des tendances. D’abord ce constat : les exploitations (échantillon de 124 fermes) ont agrandi leur SAU de 15 %. La part du maïs dans les surfaces fourragères principales (SFP) est restée stable pour les naisseurs (N). Mais elle a augmenté de 8 à 10 % pour les naisseurs-engraisseurs (NE). Les exploitations ont gagné en nombre de vêlages avec les agrandissements. Il a progressé de 16 en 10 ans. Les vêlages d’automne deviennent plus nombreux (ils sont passés de 32 à 41 %) au détriment de ceux d’hiver. Mais la productivité (veaux sevrés/femelles mises à la production) reste fragilisée. En 2008/2009, la fièvre catarrhale a fait chuter le nombre de veaux sevrés par vache comme cela était le cas pour le virus de Schmallenberg dans les années 2013/2014.

Envol des coûts de mécanisation

Dans le même temps, la production brute de viande vive a augmenté de 5% (338 kg/UGB en 2015). Cela peut s’expliquer par l’accroissement des poids de carcasse des animaux  et des itinéraires de croissance pour les broutards et les JB. Les concentrés ont augmenté de 14 % dans la ration chez les NE. Et les fourrages stockés/UGB ont progressé aussi de 10%. Le foin et l’ensilage de l’herbe ont diminué au profit de l’enrubannage et du maïs ensilage. En conséquence, les coûts de mécanisation se sont envolés de 23% sur une base de 48 fermes NE observées. Une hausse est aussi constatée pour les frais d’élevage (+27%) causés par davantage de mortalités et des stratégies plus préventives.  Les coûts alimentaires ont eu aussi explosés  (+29%).

La rentabilité du capital se dégrade

En moyenne pour ces fermes, le coût de production total 2013/2015 dépasse de 10% celui de 2005/2007. Dans le même temps, le chiffre d’affaires (aides comprises) a progressé de 16% en sachant que les aides qui ont chuté l’handicape de moins 14% en moyenne (hausse en montagne, baisse dans l’Ouest). Dans ce schéma, la productivité du travail a fortement augmenté entraînant une baisse du coût du travail de 10%. Reste à savoir si c’est en raison de frais de mécanisation accrus que le travail est plus productif ou l’inverse (la baisse de main-d’œuvre se traduit par plus de mécanisation). Une chose est sûre, la rentabilité du capital s’est dégradée. Les économies réalisées en augmentant la taille des UGB n’ont pas compensé les charges d’investissements de mécanisation. Au final, la rémunération de l’éleveur est faible. La progression des revenus 'an pas été aussi rapique que le Smic. 

L’autonomie comme piste d’amélioration

« Mais a qui va le profit ? », a souligné un participant à Grand angle Viande où Philippe Dimon, du service production viandes à l’Institut de l’élevage, exposait ces résultats le 7 novembre dernier.

« Les prix de vente ne suivent pas »,  a répondu un autre.

À cela, l’intervenant donne une petite note d’optimisme. Des marges de manœuvres existent.

Les systèmes autonomes, plus efficients dans l’utilisation des ressources fourragères sont à promouvoir en lien avec les prairies permanentes, l’introduction de légumineuses, une bonne valorisation du pâturage et une ration mixte (par exemple herbe enrubanné + maïs ensilage) pour l’engraissement. La précocité en élevage et en engraissement est aussi facteur de productivité.

Un  programme de recherche, dénommé EffiViande en cours de réalisation étudie un approvisionnement du marché sur le segment « milieu de gamme ».
Philippe Dimon affirme:

Tout l’enjeu sera de déterminer les meilleurs compromis possibles au niveau des systèmes et des conduites pour des productions de viandes allaitantes, jeunes, pas trop lourdes mais bien finies, valorisant des ressources fourragères non concurrentes de l’alimentation humaine et assurant une rentabilité pour les éleveurs et les filières. 

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