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Marché

La viande bovine française reprend des couleurs

Publié le 15/06/2020 par Claire LAMY GRANDIDIER dans
Les cours des vaches qui avaient chuté en tout début de confinement ont repris très fortement. CP : H.Grare/Terroir Est

Les derniers résultats du panel des achats des ménages français Kantar ont été analysés par l’Institut de l’élevage : « En avril, pour la viande bovine écoulée dans les boucheries artisanales et dans les grandes surfaces, nous avons pu observer une progression, toutes viandes confondues, de 20,9 % en volume et de 2,7 % en valeur », observe Philippe Chotteau, chef du département économie à l’Institut de l’élevage.
Pour les viandes bovines, la progression est de 22 % en volume et de plus de 3,6 % en valeur par rapport à l’année passée. Ces prix en hausse traduisent, notamment, une origine France plus marquée.
 

+ 20 cts pour la vache de type U

Dans ce contexte, les cours des vaches qui avaient chuté en tout début de confinement ont repris très fortement. 
 

Type de vache Semaine 17 Semaine 23 Comparaison avec 2019 sur la même période
O 2,91 €/kgéc 3,12 €/kgéc - 5 %
P 2,66 €/kgéc 2,89 €/kgéc - 2 %
R 3,72 €/kgéc 3,92 €/kgéc + 2 %
U 4,39 €/kgéc 4,48 €/kgéc + 3 %

 
 Abattages en hausse par rapport à 2019

Concernant les abattages, de mai à début juin, on observe un net regain des disponibilités en vaches de type viande avec des hausses de 1 % en têtes et de 3 % en tonnage par rapport à l’année passée. En revanche, la vache laitière baisse de 3 % en tête et de 2 % en tonnage. 

« La décapitalisation du cheptel allaitant a été forte en janvier, avec une diminution de 2,3 % par rapport à 2019. Désormais, elle a plutôt tendance à se ralentir, même si au 1er mai, nous étions encore à - 1,9 %, soit 73 000 vaches de moins qu’en 2019 », reconnaît Philippe Chotteau.

Pour le cheptel laitier, la baisse est de 1,8 %, soit 65 000 vaches laitières de moins que l'année dernière Cette décrue est encore plus marquée pour les vaches âgées de deux à trois ans, avec une baisse de 4,7 %.
 

Le marché du JB ne repart pas encore

Si le marché de la femelle se porte bien pour les vaches à viande et se redresse pour les vaches laitières, ce n’est pas le cas pour le marché des jeunes bovins (JB). Certes, le JB de type laitier O se classe à des cours comparables à ceux de l’année dernière, à 3,35 €/kgéc, mais plus on progresse dans les conformations, plus le recul est important.
Par exemple, le JB U, avec 3,84 €/kgéc, est déjà en recul de 3 % par rapport à 2019.
Jusqu’en fin de semaine 23, les surstocks dans les fermes sont d’environ 16 400 JB, soit un retard environ de 1,3 semaine d’abattage qui varie en fonction des régions. Par exemple, en Auvergne - Rhône-Alpes, le retard est estimé à presque deux semaines. 

Le marché des broutards est disparate 

Le marché des broutards connaît, quant à lui, une croissance saisonnière modérée. Les prix restent tout de même inférieurs à l’an dernier, qui était une bonne année, et se positionnent au même niveau que la progression saisonnière de 2017-2018. 
Les prix des charolais (type 450 kg, 2,60 €/kg) et des croisés (type 300 kg, 2,78 €/kg) connaissent une petite hausse, tandis que les prix des limousins stagnent. Par exemple, le limousin E type 300 kg s’établit à 3,03 €/kg.
Du côté des femelles, les prix restent stables ces dernières semaines, avec 2,53 €/kg pour la charolaise type U 270 kg et 2,75 €/kg pour la limousine type E 270 kg. 
 

Les exportations vers l’Espagne en berne

Lors des treize premières semaines, les exportations de broutards mâles se sont très bien déroulées vers l’Italie (+3%), alors même que les exportations des femelles, qui croissaient d’année en année, se sont légèrement érodées (- 2,5 %). 

« Vers l’Espagne, sur le premier trimestre, la chute a été particulièrement marquée : - 17 % pour les mâles et - 11,5 % pour les femelles. En revanche, les envois de veaux nourrissons ont progressé sur cette même période », détaille Philippe Chotteau.

Entre le 5 avril et le 6 juin, les exportations de bovins vivants affichent une baisse de 4 % vers l’Italie et de 12 % vers l’Espagne.
 
Concernant les bovins maigres, l’Idele enregistre une forte chute des exportations vers les pays tiers. Sur les quatre premiers mois de l’année, la baisse est de 46 % pour l’Algérie, de 44 % pour la Tunisie et de 34 % pour le Maroc. 

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