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Elevage allaitant

L'alimentation, un levier de rentabilité

Les régimes à base de luzerne et de trèfle violet pour l'engraissement des jeunes bovins montrent un intérêt à la fois économique, agronomique et écologique. Mais la culture de luzerne ou de trèfle violet nécessite des surfaces aux dépens des autres cultures. L'agriculteur doit veiller à ne pas dégrader l’autonomie en énergie et en paille de litière. Photo : H.Grare/Pixel Image

Alors que la rentabilité des élevages est en berne, l’Institut de l’élevage a révélé quelques pistes pour aider les éleveurs allaitants à retrouver de l’efficacité économique, à l’occasion de la journée Grande Angle Viande organisée à Paris le 15 novembre, parmi lesquelles la conduite alimentaire.
Julien Renon, responsable de la ferme expérimentale de Jalogny (71), évoque :

 L’utilisation de concentrés ne cesse d’augmenter : elle est en hausse de 34% sur 24 ans. Cette progression est remise en cause par le contexte économique et sociétal.

La station de recherche a étudié l’impact de la repousse des broutards charolais à l’auge, en contexte herbager, pour réduire les charges et mieux valoriser les animaux.

À partir des différents travaux d’expérimentations et d’observations des pratiques en exploitations, nous avons conduit un travail de modélisation. Nous avons étudié deux leviers : augmenter la part des fourrages de qualité dans les régimes, réduire la part de concentrés, et passer de croissances soutenues à des croissances modérées.

Onze scenarii ont été comparés. L’équipe a modulé différents critères : veaux complémentés ou non sous la mère, apport de foin ou d’enrubanné précoce ou tardif, et différents niveaux de concentrés. L’objectif de poids visé en fin de repousse était de 435 kg. Les différentes stratégies d’alimentation conduisent à des niveaux de performances et des durées de repousse très différentes.

L’introduction de fauche précoce sous forme d’enrubannage contribue à réduire fortement les quantités de concentrés  de 130 à 300 kg par broutard. L’intérêt économique d’une telle pratique est à raisonner avec la date de vente. Dans le contexte 2014/2015, l’économie de concentrés a été évaluée à 30 à 90 euros/broutard et le gain net à 10 à 30 euros/broutard. Le ralentissement des croissances peut, en outre, permettre de profiter d’une remontée des cours.

Privilégier la qualité de l’herbe au rendement

La station de Mauron (56) a étudié les alternatives aux rations à base de céréales pour l’engraissement des jeunes bovins. Trois régimes ont étudiés : blé plus luzerne enrubannée, blé et trèfle violet enrubanné et blé plus herbe enrubannée.
Didier Batien, de l’Institut de l’élevage, explique :

Les régimes à base de luzerne et de trèfle violet montrent un intérêt économique significatif : le revenu est en hausse de 10% pour un système naisseur-engraisseur. Le recours la luzerne ou au trèfle violet présentent, en outre, un intérêt agronomique et écologique (baisse de l’empreinte environnementale de la viande).

Mais la culture de luzerne ou de trèfle violet nécessite des surfaces aux dépens des cultures. L'agriculteur doit veiller à ne pas dégrader l’autonomie en énergie et en paille de litière. L’autre frein, particulièrement pour la luzerne, est la technicité des cultures.
Didier Bastien poursuit :

Les performances de l’engraissement à l’herbe sont liées à la précocité de la fauche. L’intérêt économique dépend de la conjoncture et du type d’herbe : la pratique est intéressante dans le cas d’une herbe récoltée jeune, issue d’une intensification des prairies et en conjoncture haute.

Les différents travaux montrent que l’herbe est une alternative possible pour l’imiter l’achat de concentrés. Mais pour assurer la réussite d’une telle pratique, il faut privilégier la qualité au rendement.
Didier Bastien :

Les gains économiques apportés par l’herbe ne doivent pas être négligés mais ces différentes conduites restent des solutions d’appoint soumises aux aléas climatiques et exigeantes en technicité. Elles ne suffiront pas à elles seules pour solutionner le manque de rentabilité des systèmes allaitants. Il faudrait une évolution plus en profondeur des systèmes de production.

Des travaux sont en cours. La sélection des animaux plus efficaces sur les aliments cellulosiques, notamment, est étudiée dans le cadre du programme Beefalim 2020

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