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Etude Idele

Le cheptel allaitant en déclin depuis 2016

Le cheptel allaitant français a perdu 250 000 têtes entre 2016 et 2020, soit une baisse de 6,2% en quatre ans. ©Eloleo/Adobe stock

Le cheptel allaitant français est en recul continu depuis la fin 2016 et le rythme de baisse est actuellement proche de 2% d’une année sur l’autre. Tels sont les enseignements de l’étude « Dynamique allaitante » conduite par l’Institut de l’élevage et présentée lors d’un webinaire le 7 octobre. « En 2020, on arrive à 250 000 têtes en moins, soit une baisse de 6,2% en quatre ans : une décapitalisation rapide qui interroge », annonçait Hélène Fuchey, économiste à l’Institut de l’élevage (Idele). Sur les quatre dernières années, le déclin du nombre de détenteurs de bovins allaitants (plus de 20 vaches) s’est également accéléré. « D’une disparition de 720 détenteurs par an entre 2001 et 2016, on est passé à 1300 détenteurs/an en moins entre 2016 et 2020. »
 

Les allaitants spécialisés contribuent aussi au recul du cheptel

L’institut de l’élevage a étudié les variations de cheptel par typologies d’exploitations sur la période 2016-2019.
Les ateliers allaitants ou mixtes qui deviennent petits ou qui arrêtent leur activité ainsi que les petits ateliers contribuent pour une forte part à la baisse du nombre de vaches allaitantes. « Les allaitants spécialisés, qui gagnaient des vaches sur la période 2013-2016 et qui en perdent désormais au global, contribuent maintenant eux aussi au recul du cheptel ». À l’inverse, les exploitations mixtes qui développent leur atelier allaitant ou qui se spécialisent en allaitants contribuent à la hausse du cheptel tout comme les créations d’ateliers allaitants ou mixtes. Les évolutions entre productions (lait, allaitant, engraissement) impactent peu le nombre de vaches allaitantes.
La période 2016-2019 fait apparaître une perte de plus 5000 détenteurs de bovins allaitants, chiffre multiplié par deux par rapport à la période 2013-2016. L’analyse de l’ évolution du nombre d’ateliers sur la période 2016-2019 montre que 7800 petits ateliers allaitants ou mixtes ont arrêté leur activité tandis que 200 élevages allaitants se sont dirigés vers une spécialisation engraissement. Des chiffres qui n’ont pas pu être compensés par les 2700 créations d’ateliers ( allaitants ou mixtes) et les évolutions d’un atelier lait vers un atelier allaitant.
 

L’agrandissement de la taille des troupeaux se poursuit

Si les élevages allaitants ont globalement perdu des vaches, l’agrandissement de la taille des troupeaux ne s’est pas pour autant arrêté. « Entre 2013 et 2019, les cheptels de plus de 100 vaches ont poursuivi leur progression, tout comme le nombre de détenteurs de troupeaux de 100 vaches et plus, à un rythme ralenti toutefois », commente Hélène Fuchey.
 

Le nombre de vaches en fort repli dans l’Ouest

L’évolution des cheptels bovins allaitants est contrastée selon les zones d’élevage allaitant, d'après les résultats des enquêtes menées par l’Idele. Entre 2016 et 2020, la zone Limousin-Charolais connaît une forte baisse de détenteurs et de vaches. Une tendance similaire est observée dans le Nord-Est (Ardennes et Meuse) avec toutefois un contexte pédoclimatique et structurel différent. Le recul du nombre de vaches est encore plus marqué dans l’Ouest (Vendée, Mayenne et Maine-et-Loire). La zone Lozère-Cantal enregistre quant à elle peu de pertes d’exploitations et parvient à augmenter légèrement son cheptel. « Sur l’évolution du nombre de vaches allaitantes, le Limousin suit la tendance à la baisse observée au niveau national depuis 2013. La Vendée, après une période de relative stabilité, est surtout impactée depuis 2016, année où la décapitalisation a débuté en France. À l’opposé, le département des Ardennes parvient à stabiliser son cheptel après une forte augmentation sur la phase de capitalisation (2013-2016) et la Lozère gagne des vaches en continu », indique Hélène Fuchey.
 

La retraite, premier facteur d’arrêt

 
Qui s’installe ? Qui arrête ? Comment évoluent les allaitants qui continuent ? Que deviennent les facteurs de production ? Des enquêtes menées par l’Institut de l’élevage auprès d’acteurs locaux montrent que les installations familiales restent importantes en nombre. Les installations hors cadre familial progressent, que soit en société ou en individuel, sur des structures souvent plus petites avec un développement de valeur ajoutée grâce à la transformation ou la vente directe.
S’agissant des exploitations en place, on trouve des élevages en rythme de croisière ou des élevages en fin de carrière, qui dégagent peu mais qui coûtent peu. Certaines exploitations ont fait évoluer leur système en investissant dans d’autres activités (productions végétales, d’énergie photovoltaïque...), en développant le produit viande ou en spécialisant leur élevage (naissage, engraissement).
Parmi les exploitations qui cessent leur activité, le départ en retraite reste le premier facteur explicatif devant le changement d’activité (choisi ou subi) et la réorientation de la production.
 
« La démographie est un facteur clé de l’évolution de l’élevage allaitant en France », indique Hélène Fuchey. Pour l’économiste, la dynamique de la création d’ateliers repose sur la rentabilité – « le manque de rentabilité ressort comme le principal risque pour l’élevage allaitant » – , sur l’évolution de la main-d’œuvre (en termes de quantité, qualification, charge mentale) et la passion de l’éleveur. 

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