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Le climat bouleverse les chantiers de l’ensilage de maïs

Publié le 29/07/2020 par Claire LAMY GRANDIDIER dans
Le climat bouleverse les chantiers d’ensilage de maïs. CP : Pixel6TM

Avec le changement climatique, les périodes chaudes et sèches se multiplient, en particulier durant la période de culture du maïs. Son cycle est plus rapide et dicte des ensilages plus précoces. L’idéal est de réajuster sa date de récolte en cours de cycle, afin de viser un taux de matière sèche optimum. 

« Je peux par exemple citer 2018, où ont été récoltés des maïs irrigués à 36 % de matière sèche au 15 août. Ils étaient à maturité et en bonne condition de végétation, ce n’étaient pas des maïs desséchés. Du jamais vu en Pays de Loire », constate Anthony Uijttewaal, spécialiste fourrage d’Arvalis.

Le spécialiste remarque que sur les dernières campagnes d’ensilages les chantiers sont en avance de cinq à dix jours. En effet, ces dernières années, les sommes de températures sur la période de culture sont plus élevées qu'auparavant. À même précocité, cela raccourcit le cycle du maïs. Tous les stades sont plus avancés, la floraison, le remplissage, et donc la date de récolte visée. D’où l’intérêt de cibler 32 % de MS plante entière, afin d’être dans un objectif réalisé entre 30 et 35 % de MS. « Ainsi, nous sommes dans un compromis entre un fourrage doté d’une bonne valeur alimentaire et une bonne faculté de conservation sous de forme d’ensilage », affirme Anthony Uijttewaal.

Faire attention à la date de floraison des femelles

Là où le changement climatique apporte son chamboulement, c’est au niveau de la de planification des chantiers de récolte. Lorsque l’on cumule beaucoup de sommes de températures durant la période des ensilages, en particulier en début de saison courant août, où il est possible de prendre sur plusieurs jours consécutifs plus d’un point de matière sèche par jour, cela nécessite de prévoir son chantier assez tôt.
Le meilleur indicateur en cours de cycle, pour juger de la précocité, est la floraison femelle. Dès que l’on aperçoit les soies au sommet du futur épi, on est capable par groupe de précocité, et selon la zone climatique, de dire vers quelle date hypothétique de récolte cela nous emmène.

« L’autre stade, à partir duquel on estime raisonnable de s’engager réellement sur des dates, est l’apparition de la lentille vitreuse. À ces deux stades, on peut estimer une teneur en MS qui se situe entre 25 et 27 % plante entière. On a ainsi une appréciation visuelle fiable du taux de matière sèche sans faire appel à des outils sophistiqués », explique le spécialiste

Dès lors, il reste d’une dizaine de jours à plus de trois semaines de la date de récolte. L’idéal, comme dans une Cuma, est qu’à partir des données de chacun, soit déterminé un ordre de récolte. Même si la date d’ensilage du premier client peut varier, en suivant ce schéma, l’ordre de récolte des autres adhérents ne sera pas chamboulé. 

Une alternative au maïs? 

Une théorie que d’autres paramètres viennent interférer dans la pratique. Ces concertations et les relevés de ces stades, qui permettent de « recaler » la date de récolte, ne sont pas toujours faits (surcharge de travail due à la moisson, congés...).

« Plus on est sur des jours chauds et plus se tromper d’une semaine peut avoir de grosses répercussions », prévient Anthony Uijttewaal. 

Réfléchir à des techniques d'esquives

Face à des années généralement plus chaudes et sèches, certains éleveurs pourraient être tentés de changer leur fusil d’épaule en remplaçant le maïs par une autre culture.

« Avant d’étudier cette option, il faut réfléchir à des techniques “d’esquives” avec le maïs, telles que le changement de la précocité ou de la date de semis. Le problème est qu’une stratégie peut fonctionner une année mais pas la suivante. Si l’on se penche sur un autre fourrage estival avec une notion de productivité, en dehors de la ressource en eau, il y a la température à prendre en compte. Les choix ne sont donc pas nombreux et souvent ressort le sorgho. La difficulté avec cette culture est que l’on manque de données », reconnaît Anthony Uijttewaal.

Retrouvez l'intégralité de cet article dans Cultivar Élevage n° 727 de juillet

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