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Ration

Le compact feeding n’apporte que des avantages

Le compact feeding n’apporte que des avantages. CP : DR

Testé par des adhérents de Terrena depuis 2018, le compact feeding consiste à mélanger de l’eau à la ration pour obtenir un mélange condensé et homogène. Cette méthode assure une meilleure ingestion et plus de productivité de lait. 

La méthode vient du Danemark. Déjà employée dans les élevages laitiers danois depuis dix ans, le compact feeding a séduit les techniciens de Terrena qui accompagnent plus d’une centaine  d’éleveurs avec cette démarche depuis 2018.
La technique consiste à apporter de l’eau lors de la constitution de la ration de façon à faire coller les concentrés aux fourrages préalablement hachés finement pour assurer un mélange compact et homogène. Les Danois se sont aperçus qu’une ration homogène, fine et broyée, n’apportait que des avantages.

Une augmentation de la productivité de 5 %

« Le temps de rumination diminue de 30 %, le contenu ruminal est plus faible, de 13 % en moyenne, précise Emmanuel Seitte, conseiller élevage chez Terrena. Et surtout, la consommation reste régulière tout au long de la journée. Les vaches ne trient plus. Après 12 heures à l’auge, on constate qu’une ration standard contient une majorité de particules longues entraînant une dilution nutritionnelle, une instabilité ruminale et une mauvaise valorisation de l’ingéré. Quant à une ration compact feeding, elle apporte une augmentation de productivité (5 %) équivalente à 1 UFL soit 1,5 à 2 kg de lait par jour. » 

 

Meilleure digestibilité dans le rumen 

 
Selon les observations d’Emmanuel Siette, les vaches nourries avec une ration compact feeding mangent au-dessus de la ration sans chercher à trier par en dessous, les aliments restent en tas et ne sont plus poussés par les bovins. Le mélange reste homogène. Celui-ci présente un taux de matière sèche de 36 à 40 %, un taux de cellulose brute de 17 % et le contenu total en fibre (NDF) oscille entre 35 % et 38 %. Dans le rumen, la ration compacte limite les réactions aérobies et favorise les bactéries type cellulolytique.

Meilleure digistibilité

La digestibilité de la ration s’en trouve améliorée.

« Ces résultats, affirme Paul Nerrière, référent fourrages et nutrition bovins chez Terrena, bouleversent les conseils que nous donnions généralement aux éleveurs. Aupara- vant, nous préconisions surtout des fibres de longueur supérieure à 4 mm pour assurer une bonne rumination. Nous cherchions à proposer aux animaux des rations plus aérées et soufflées. »

Adapter la mélangeuse

Christian et Anthony Ripoche ont témoigné de leur satisfaction envers cette méthode mise en place en décembre 2018. Produisant 1,5 million de litres de lait à Torfou en Maine-et-Loire sous le cahier des charges Bleu-Blanc-Cœur, ils ont adapté leur mélangeuse pour améliorer l’homogénéité de la ration donnée à leurs vaches.

« Quand nous avons commencé à mixer le concentré avec les fibres, explique Anthony Ripoche, les bords du bol étaient mal mélangés. Nous avons donc rajouté des ailettes à la double vis verticale pour que le mélange s’effectue plus efficacement. » 
 

Les vaches ont vite apprécié 

Avec Terrena, les nombreux tests ont donné des résultats positifs.

« Les premiers jours de la mise en place de ce nouveau mélange, se rappelle Anthony Ripoche, les vaches boudaient. Elles ne pouvaient plus trier comme à leur habitude. Mais très vite, elles ont apprécié. Nous réalisons une distribution par jour qui reste homogène au cours de la journée. Les tests l’ont vérifié. Le mélange farine + eau est préparé le soir et le lendemain, nous y ajoutons le reste des aliments. » 

Augmentation de 4 litres en moyenne par vache

La ration présente une bonne valeur nutritive : 0,98 UFL, 101 PDIN et 103 PDIE. Grâce à l’installation par Terrena d’une caméra dans le bâtiment, les éleveurs ont observé qu’il n’existait plus de compétition pour aller à l’auge. Certaines vaches sont couchées pendant que d’autres mangent. En moyenne, elles ingèrent plus vite et restent allongées plus longtemps. Résultat, le troupeau de 150 vaches laitières a produit 220 000 litres de plus par an soit 4 litres en moyenne par vache. Désormais, la moyenne de production est de 35,5 l par vache en ration complète sans complément individuel, avec un taux protéique de 32,8 g/l et un taux butyreux de 38,7 g/l au stade six mois de lactation, un nombre de cellules de 144 000 et un taux d’urée de 298 mg/l. 

Retrouvez l'intégralité de cet article dans Cultivar Élevage n° 727 de juillet

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