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Accouplements

Le croisement bovin laitier reste très minoritaire

Le croisement bovin laitier se développe, mais reste très minoritaire. Pour les IA premières (premier choix de l’éleveur), seulement 0,6% sont en croisement avec une autre race laitière. 86,7% sont en race pure prim’holstein. Photo : CNIEL

Le croisement laitier consiste à accoupler des femelles d'une race laitière ou des femelles croisées de type laitier à des taureaux d'une autre race laitière pour produire des femelles qui seront élevées dans le troupeau pour la production et la reproduction. Cette pratique, longtemps peu répandue et qui connaît aujourd’hui un intérêt croissant en France, a fait l’objet d’une étude réalisée par Charlotte Dezetter au cours de sa thèse de doctorat.

Cette étude a porté sur 20 000 troupeaux de plus de 30 vaches, en majorité prim’holstein à l’origine, qui pratiquent partiellement le croisement et pour lesquels des données et des performances ont été enregistrées sur dix ans, de 2002 à 2012. 
Les troupeaux adhèrent au contrôle laitier et utilisent l’insémination artificielle (IA) comme mode principal de reproduction. La répartition des accouplements a été observée à partir des 29 millions d’IA enregistrées pour les 6 millions de vaches de ces troupeaux au cours de ces dix années.

Seulement 1,3% des IA en croisement laitier

D’après les observations, pour les IA premières (premier choix de l’éleveur), 92,6% sont en race pure prim’holstein, 6,8 % en croisement avec des races à viande (croisement industriel) et 0,6% en croisement avec une autre race laitière (croisement laitier).

Pour l’ensemble des IA (avec changement d’option en cas d’échec aux premières IA), 86,7% sont en race pure prim’holstein, 12,0 % en croisement avec des races à viande et 1,3% en croisement avec une autre race laitière.
 
À noter que le croisement laitier volontaire, dès l’insémination artificielle (IA) première, est plus rare que le croisement laitier vu comme une solution pour pallier aux échecs de reproduction en race pure, lors des IA de retours.

Le croisement laitier des troupeaux à l’origine prim’holstein, qui consiste à « mélanger » les gènes d’individus de races différentes, apparait en France comme un « mélange » de formules réunissant les différentes races laitières. Différentes chemins sont possibles pour bénéficier de l’hétérosis et pour réunir les atouts de races laitières de profils variés, tout en conservant un objectif plus ou moins affirmé de production. 

Des stratégies différentes vis-à-vis du croisement laitier

Afin d’identifier les élevages où se pratique le croisement laitier volontaire, une recherche des troupeaux qui pratiquent au moins 10% de croisement laitier dès la première insémination sur au moins deux campagnes a permis de détecter seulement 305 exploitations.
Elles regroupent sur les dix années 41 000 vaches, parmi lesquelles 5149 sont des croisées de première génération F1, et 2155 des croisées de 2e génération. À noter que 75% des femelles croisées nées dans ces troupeaux sont conservées pour la reproduction.
 
Cinq groupes d’élevages attestant des stratégies différentes vis-à-vis du croisement laitier ont été distingués :

  • le croisement d’amélioration avec une autre race laitière (montbéliarde ou brune) en première génération, avec retour à la race prim’holstein. La complémentarité de la nouvelle race laitière (fertilité…) est recherchée;
  • le croisement de transition ou d’absorption, en utilisant des taureaux d’une autre race laitière (montbéliarde, normande, brune) de haut niveau laitier. L’effet d’hétérosis est attendu, les atouts de la nouvelle race sont recherchés en portant attention à son niveau laitier;
  • le croisement de transition pour les plus hautes productrices prim’holstein avec des taureaux d’une autre race laitière (montbéliarde, normande, brune, simmental). L’effet d’hétérosis est attendu, les atouts de la nouvelle race sont recherchées en préservant le niveau laitier du troupeau d’origine;
  • le croisement trois voies : une autre race laitière est utilisée pour accoupler les vaches issues de la première étape de croisement. Cette stratégie apparait plus fréquente dans les dernières années de la décennie étudiée. Les races les plus souvent adoptées sont la montbéliarde, la brune et les rouges scandinaves et sont utilisées en alternance. Les études récentes sur l’intérêt du croisement, aux États-Unis, en Angleterre et en Irlande ont probablement encouragé cette voie. L’optimisation de l’effet d’hétérosis, mieux préservé par l’introduction d’une nouvelle race, est recherchée, ainsi que le cumul des atouts variés de races différentes;
  • le croisement laitier sans schéma précis : cohabitent à la fois des croisements vers une nouvelle race (en majorité) comme des retours à la prim’holstein. L’hypothèse est que dans ces troupeaux la perte de rendement laitier par vache a conduit à rééquilibrer le niveau de production avec des animaux plus marqués prim’holstein. Ces troupeaux travaillent le mélange à deux niveaux : ils sont composés d’animaux croisés et de profils raciaux différents.

 
Source : Charlotte Dezetter, Evaluation de l’intérêt du croisement entre races bovines laitières, 2015. Thèse de doctorat Oniris-École nationale vétérinaire agroalimentaire et de l’alimentation Nantes-Atlantique. 225 pp.
 
Lire aussi :
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