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Conjoncture laitière

Le lait européen s’en sort mieux que prévu

Publié le 22/06/2020 par Claire LAMY GRANDIDIER
« Aujourd’hui, la situation des marchés est relativement bonne et nous sommes dans une situation bien meilleure que celle dans laquelle nous pensions être il y a deux mois. »  CP :  L.Page/Cniel

Une collecte de lait en hausse et un prix du lait en baisse : l’Idele s’est intéressé à la conjoncture européenne laitière de ce début d’année, après avoir évoqué celle de la France.
 
Sur le premier trimestre 2020, la collecte de lait européenne croît de 1,5 % par rapport à 2019, mais la dynamique ralentit en avril ( +0,8 %). 

« La France a participé à ce ralentissement car la collecte a reculé, explique Gérard You, responsable du service économie des filières à l’Idele. Au mois de mai, nous nous tournons plutôt vers un écart moindre par rapport à l’année dernière. » 

Même constat au Danemark, en Hongrie et au Royaume-Uni, qui voient leur production en baisse. Pour les deux tiers des pays communautaires, dont l’Irlande, la Pologne et les Pays-Bas, en avril, la production laitière reste croissante. Par conséquent, dans les prochains mois, la collecte devrait rester positive. 
 

Une baisse de 10 €/100 kg de lait

À l’inverse de la production, le prix du lait dans l’Union européenne est, quant à lui, en baisse. En moyenne, en mai, d’après l’observatoire MMO, il se situe à 331 €/100 kg contre 341 €/100 kg l’année passée.
 

Le confinement tire le beurre vers le haut

Concernant les fabrications européennes, l’effet confinement a affecté positivement les laits liquides (+ 6 %) et les crèmes (+ 2 %). En revanche, en avril, un recul des productions fromagères (de 3 %) est à noter. Il s’explique par des difficultés à exporter des fromages vers certains pays et par un besoin de volume de lait plus important pour confectionner des produits de grande consommation. En effet, le beurre est en croissance de 3 % et la poudre maigre de 2 %. La fabrication des poudres grasses reste en augmentation de 7 %.
 

+ 35 % pour le beurre à l’export 

La plupart de ces produits, s’ils ne sont pas consommés en Europe, sont exportés. Depuis le début de l’année, les exportations de beurre sont dynamiques : + 35 % en volume. 
Les exportations de poudres sont mitigées, + 7 % pour la poudre grasse et - 19 % pour la poudre maigre. Le tableau est plus sombre pour les fromages, puisque les exportations ont diminué de 5 % avec une nette cassure en avril. 
 

Des stocks, mais pas trop

Quelle évolution pour les stocks ? « Actuellement, pour la poudre de lait écrémé, il n’y a pas d’inquiétude majeure », rassure l’Idele. À l’entrée du printemps, les stocks étaient au niveau minimum nécessaire dans les entreprises, c'est-à-dire 105 000 tonnes. 
 
Pour le beurre, la situation est un peu moins favorable :

« Nous avons quand même des stocks qui étaient relativement importants, à 181 000 tonnes fin mars, et qui vont continuer à augmenter du fait de la hausse saisonnière de stock de beurre jusqu’à l’été, indique Gérard You. Néanmoins, les demandes ne sont pas à la hauteur des volumes proposés. »

 
Même son de cloche du côté des fromages : les stocks en début d’année étaient relativement élevés, autour de 320 000 tonnes, avec une hausse de 20 000 tonnes en mars. Il semble que les stocks aient bien augmenté dans certains pays comme l'Italie et la France. 
 

Malgré tout, le responsable du service économie des filières se veut rassurant : « Aujourd’hui, la situation des marchés est relativement bonne et nous sommes dans une situation bien meilleure que celle dans laquelle nous pensions être il y a deux mois. » 

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