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Rapport 2019 de l’Observatoire des prix et des marges

Le prix à la production du lait en hausse de 1 % en 2018

La rémunération de la plupart des éleveurs laitiers s’est dégradée en 2018, l’évolution du prix du lait n’ayant pas permis de compenser la hausse des coûts de production. ©P. Dureuil/CNIEL

Le 8e rapport de l’Observatoire de la formation des prix et des marges des produits alimentaires, présenté le 3 juin, confirme la progression d’ensemble des prix agricoles entre 2017 et 2018, de l’ordre de 2,2 %. Parmi les produits des filières agricoles suivies, on observe une augmentation des prix pour le lait de vache (+ 1 %), pour les fruits (+ 12,3 %), pour les légumes (+ 8,2 %) et pour le blé tendre (+ 11,9 %). En revanche, le prix à la production diminue fortement pour le porc (- 11,8 % en 2018) et baisse également, dans une moindre mesure, pour les bovins et les veaux de boucherie (- 0,6 %). Le prix du blé dur a continué à décroître tandis que les prix à la production des volailles et du lait de chèvre restent quasiment stables.

Lait de vache et gros bovins : des coûts de production en hausse

 Selon le rapport, la rémunération moyenne permise des producteurs spécialisés de lait de vache s’est dégradée en 2018 après l’amélioration observée l’année précédente. Le coût de production moyen national du lait de vache en élevage spécialisé, estimé hors rémunération calculée de l’éleveur progresse en 2018 pour atteindre 368 € pour 1 000 litres (contre 357 € en 2017). Le prix moyen du lait calculé pour les exploitations de l’échantillon s’améliore mais ne compense pas la progression des coûts de production : la rémunération permise des producteurs atteint 109 € pour 1 000 litres en 2018 (116 € en 2017).
 
Le coût de production au kg de poids vif des élevages spécialisés de gros bovins de boucherie de type « jeunes bovins » augmente en 2018 tandis que le prix moyen entrée abattoir diminue. Par rapport à 2017, la rémunération permise se dégrade pour l’ensemble des systèmes. Elle passe à 1 Smic par unité de main d’œuvre dans le système « Naisseur », à 1,3 Smic dans le système «Naisseur-engraisseur de jeunes bovins » et à 0,7 Smic dans le système « Naisseurs-engraisseurs et cultures ».
"La couverture de l’ensemble des coûts de production agricole en tenant compte du coût du travail et du capital reste précaire", souligne le rapport.

Prix à la consommation : +1,4% pour la viande bovine

Les prix à la consommation des produits alimentaires enregistrent en 2018 une nouvelle hausse d’un peu plus de 2 %, augmentation plus prononcée qu’en 2017. Cette hausse est légèrement supérieure en 2018 à l’inflation observée au travers de l’évolution des prix à la consommation tous produits. Dans les filières suivies par l’Observatoire, la hausse de l’indice des prix à la consommation est le fait de la viande bovine (+ 1,4 %), des produits laitiers (+ 3 %), de la viande de porc fraîche, du jambon, de la baguette de pain, des fruits et légumes et des poissons. L’indice des prix à la consommation révèle une baisse pour les pâtes alimentaires et une quasi stabilité pour les viandes de volaille.

GMS : une marge nette après impôt de 0,5% au rayon des produits laitiers

Comme chaque année, l’Observatoire a calculé les charges moyennes et les marges nettes par rayon alimentaire frais des GMS, pour l’année 2017, les données 2018 n’étant pas encore totalement disponibles. De ce fait, ce rapport ne permet pas d'observer l'impact des dispositions de la loi Egalim. Pour l’ensemble des rayons alimentaires frais après imputation des charges, la marge nette 2017 rapportée au chiffre d’affaires, ressort à 1,2 % avant impôt, en baisse par rapport à 2016 (1,7 %). Elle s’établit à 0,8 % après impôt.
 
Le rayon des produits laitiers présente en 2017 une marge brute de 24 % du chiffre d’affaires, en baisse par rapport à 2016 (24,6 %) et un taux de marge nette de 0,8 %, inférieur à celui de 2016 (1,4 %). La marge nette après impôt est de 0,5 % en 2017.
L’univers viande reste globalement positif (2,3 % après impôt) grâce aux rayons volailles et charcuterie qui dégagent les marges nettes les plus élevées et compensent celles de rayon boucherie, toujours négatives  (- 4,2 %).

Produits des industries alimentaires : des prix quasi stables

Le rapport de l’Observatoire souligne à nouveau le rôle d’amortisseur des fluctuations agricoles exercé par l’industrie et la distribution. Ainsi, les prix des produits des industries alimentaires sont restés quasi stables en 2018 par rapport à 2017 (+ 0,2 % selon l’Insee). Dans les secteurs suivis par l’Observatoire, la hausse des prix sortie industrie concerne les viandes bovines (+ 2,5 % toutes viandes bovines confondues), les produits laitiers (+ 1,7 % ensemble tous produits, mais - 3,3 % sur le groupe beurres-poudres, le prix du beurre ayant fortement augmenté en 2017). En revanche, les prix de l’industrie baissent pour la viande porcine, la viande de volaille, la farine boulangère et les pâtes alimentaires.
 
Le président de l’Observatoire, Philippe Chalmin, conclut :

Les prix agricoles, et donc le revenu des producteurs, ne dépendent pas, ou bien peu, des prix payés par les consommateurs pour des produits alimentaires dont la composante agricole est de plus en plus faible. Les prix des matières premières sont désormais, pour l’essentiel, en prise directe avec le marché mondial et ses fluctuations. Comment parvenir à lisser les fluctuations jusqu’au stade consommateur, dans un contexte de faible élasticité des prix en aval ? La logique contractuelle, assortie de règles du jeu claires, entre industrie et distribution, et élargie quand cela est possible à la production agricole, devrait être la norme et non, comme c’est le cas, l’exception. 

  
Pour en savoir plus : Rapport 2019 de l’Observatoire de la formation des prix et des marges des produits alimentaires : résumé et rapport complet

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