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Conjoncture

Le prix du lait toujours en retrait par rapport à 2019

En août 2020, malgré sa hausse saisonnière, le prix standard du lait conventionnel, à 332,6 €/1 000 l, reste inférieur de 11,4 €/1 000 l au prix d’août 2019. ©C. Helsly/CNIEL

Selon la dernière note de conjoncture mensuelle « Lait de vache » de FranceAgriMer, le prix du lait s’écarte toujours du niveau de 2019. En août 2020, malgré sa hausse saisonnière, le prix standard du lait conventionnel (hors SIQO et bio), à 332,6 €/1 000 l, reste inférieur de 11,4 €/1 000 l au prix d’août 2019. Il demeure même en retrait par rapport à 2018 (- 1,7 €/1 000 l).
Pour le prix réel du lait conventionnel, l’écart par rapport à l’an dernier s’est encore renforcé au mois d’août (- 15,1 €), pour une valeur moyenne de 346,7 €/1 000 l.

La collecte en léger recul

Et pourtant, la collecte a entamé sa phase de hausse saisonnière sur un rythme modéré. 
La vague de chaleur qui a touché le pays en semaine 38 (14-20 septembre) a, à nouveau, infléchi la collecte de lait de vache, qui est repassée sous les niveaux de la moyenne des cinq dernières années puis de 2019 la semaine suivante. La collecte est restée depuis sur une tendance baissière, même si la semaine 40 a affiché un léger sursaut, par rapport au creux de 2019 lié à l’incendie de l’usine de Lubrizol.
En cumul sur les semaines 38 à 42 (du 14 septembre au 18 octobre), la collecte de lait de vache a reculé légèrement par rapport à 2019 (- 0,3 %) et plus significativement par rapport à la moyenne des cinq dernières années (- 1,4 %). La tendance est notamment baissière depuis quelques semaines en Bretagne et en Pays de la Loire, deux des grandes régions laitières, mais également dans le Grand-Est.

La collecte ralentit dans l’Union européenne

Dans l’Union européenne à 27 (+ Royaume-Uni), la hausse de la collecte de lait de vache observée en juin et en juillet a ralenti au mois d’août, avec une progression de 0,2 %, soit de 30,3 millions de litres (Ml). Parmi les principaux producteurs, seules l’Irlande et la Pologne affichaient encore une croissance significative des volumes. En revanche, l’Allemagne (- 0,9 % ; - 22,6 Ml), la France (- 0,9 % ; - 17,2 Ml) et les Pays-Bas (- 1,5 % ; - 16,4 Ml) ont basculé sur des baisses de volumes en août.
Le prix européen (à 27) du lait à teneur réelle a poursuivi en août la hausse entamée en juillet : à 340,4 €/1 000 l, il a progressé de 2,0 € par rapport à juillet 2020 mais est resté en repli de 10,0 € par rapport à août 2019.
D’après les chiffres prévisionnels, l’écart devrait se renforcer au mois de septembre (- 13,1 € par rapport à 2019) malgré une hausse de 4 € par rapport à août 2020.
 
Le ralentissement de la collecte a entraîné celui des fabrications de la plupart des produits laitiers : celles de fromages, de beurre et de lait liquide ont été stables, tandis que celles de yaourts, de crème, de poudre grasse et de poudre de lait écrémé ont reculé. Cette réduction des disponibilités a impacté les capacités d’exportation de l’Union européenne, qui a enregistré des baisses sur les principaux produits : beurre (- 14,1 %), fromages (- 5,8 %), poudre de lait écrémé (- 16,8 %) et poudre grasse (- 8,0 %).

L’Union européenne pénalisée par une euro fort

Selon la note de conjoncture, l’Union européenne perd des parts de marché par rapport à ses concurrents sur le marché mondial, qui bénéficient d’une meilleure compétitivité prix. Souffrant de disponibilités réduites, les pays de la zone euro ont également été pénalisés par un euro toujours fort par rapport au dollar. Les exportations européennes ont ralenti, alors que dans le même temps les États-Unis, la Nouvelle-Zélande et l’Australie ont développé leurs ventes de fromages, de poudre de lait écrémé, de beurre ou de poudre grasse.
Globalement, et à l’exception des matières grasses solides, les échanges mondiaux sont restés dynamiques en août, en hausse par rapport à 2019, pour les fromages et les poudres.
 
La perte de parts de marché de l’Union européenne pourrait se poursuivre puisque, en semaine 43 (19-25 octobre), les prix du beurre européen, de la poudre de lait écrémé et la poudre grasse étaient encore supérieurs à ceux des pays concurrents. Ces derniers bénéficient en outre d’une production de lait en augmentation.

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