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Travail et numérique

Le robot de traite améliore la vie au travail

Si le robot de traite apporte du confort de travail, la contrainte devient mentale face à l’abondance de données.

Le robot de traite améliore les conditions de travail : c’est la conclusion d’une étude menée par l’Aract Grand Est en partenariat avec la MSA, sur la base d’entretiens réalisés auprès de 29 exploitations du Grand Est. L’arrivée des nouvelles technologies introduit toutefois de nouvelles contraintes.

"Les nouvelles technologies de développent de façon intensive dans le milieu agricole. Cette tendance questionne leur impact sur la santé des travailleurs, salariés ou exploitants", introduit Adeline Delavallade, ergonome et conseillère nationale prévention à la CCMSA.

Le nombre de robots de traite a explosé depuis le début des années 2000. Fin 2015, la France comptait 3316 exploitations équipées d’au moins un robot de traite, soit 10 fois plus qu’en 2005 et 2 fois plus qu’en 2010.

"Le robot de traite a un certain coût, les éleveurs doivent y trouver des intérêts", pointe Aline Dronne, sociologue, chargée de mission à l’Aract Grand Est, association dédiée à l’amélioration des conditions de travail.

Pour identifier le rapport qu’entretiennent les éleveurs avec le robot de traite, l’Aract Grand Est et la MSA ont réalisé des entretiens auprès de 29 exploitations de la région, "qui présentent une grande diversité de situations : 1 ou plusieurs robots, des salariés ou non, des associés ou non, un exploitant en cours d’installation du robot et un en projet d’arrêt du robot", énumère Aline Dronne.

Si ces exploitants ont fait le choix du robot de traite c’est pour de multiples raisons. Ils voient dans cette technologie la possibilité de réduire la pénibilité du travail"la traite, le plus souvent réalisée par les femmes, est à l’origine de troubles musculo-squelettiques", rappelle Aline Dronne – de se dégager des temps familiaux et sociaux, de gagner en souplesse de travail, d’anticiper la transmission de l’exploitation… "Ou tout simplement de conserver la production laitière. Avec l’arrêt des quotas, beaucoup se sont questionnés sur la poursuite ou non de l’atelier laitier", souligne la conseillère.

Contraintes mentales

Le robot de traite fait toutefois apparaître de nouvelles contraintes.

"Il déplace les contraintes du physique vers le mental. Il accroît l’hyper connectivité. L’exploitant devient un gestionnaire d’informations. Le robot de traite nécessite des connaissances pointues et donc une évolution des compétences", indique Aline Dronne.

Pour les services de remplacement, la présence d’un robot de traite pose des problèmes de compétences : il faut connaître les différentes marques, les différentes versions… En pratique, en cas d'absence de l'éleveur, il existe souvent un système d’entraide entre voisins, avec la famille…

"Malgré tout, très rares sont les éleveurs qui ne sont pas satisfaits de l’arrivée du robot de traite", souligne Adeline Delavallade.

Oui, le robot de traite peut participer à la qualité de vie des éleveurs : telle est la conclusion provisoire de cette étude. Des questions restent toutefois en suspens sur l’utilisation et le traitement des données informatiques du point de vue des compétences et de l’évolution du métier, et sur les impacts sur la santé mentale des exploitants.

"Il faut accompagner les exploitants dans la mise en place du robot. Qu’il soit un moyen au service d’une stratégie", conclut Adeline Delavallade.

 

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