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Marché du lait et des produits laitiers

Le surplus d’offre pèse sur les prix

Le surplus de collecte a conduit à l’augmentation des fabrications de produits laitiers. En mars 2016, les fabrications françaises de poudre sont en hausse de 9,5% sur un an. Photo: D. Bodiou/Pixel image

D’après une note Agreste conjoncture, le déséquilibre persiste sur le marché du lait et des produits laitiers en ce début 2016. Après une quasi-stabilité sur l’année 2015 (+0,3%), la collecte française de lait de vache a progressé au 1er trimestre de 1,8% par rapport à la même période de l’année précédente, pour atteindre 6377 millions de litres.

Cette progression modérée observée en France contraste fortement avec la situation des pays du nord de l’Union européenne où, depuis la suppression des quotas, la progression de la collecte est beaucoup plus forte. Sur les deux premiers mois de l’année 2016, la production européenne de lait s’est accrue de 7,4% par rapport à la même période de 2015, soit plus de deux fois la hausse observée en France. Cette collecte supplémentaire de 1723 milliers de tonnes représente la réalisation en deux mois de près de 50% de la hausse de l’année 2015. Près de la moitié de ce supplément de collecte est réalisé par l’Allemagne et les Pays-Bas dont les collectes sont particulièrement dynamiques en ce début d’année (respectivement +7,8% et +18,5% sur un an).
À l’inverse, la Nouvelle-Zélande et l’Australie ont enregistré une baisse de leurs productions sur la campagne en cours, insuffisante pour compenser la forte hausse observée dans l’Union européenne. Avec une collecte en progression aux États-Unis début 2016 (+2,3%), l’offre mondiale de lait sur les marchés continue de s’accroître en janvier et février 2016.
 

Un excédent de produits laitiers sur les marchés

 
Ce surplus de collecte a conduit à l’augmentation des fabrications de produits laitiers. En mars 2016, les fabrications françaises de beurre et de poudre sont en progression (respectivement +1,8% et +9,5% sur un an) de même que celles de crème conditionnée, de lait conditionné et de yaourts et desserts lactés frais. Parmi les fromages, ceux à pâte molle (+6%), comme le camembert ou le brie-coulommiers, ceux à pâte pressée non cuite (+2%), notamment la raclette (+17%), et ceux à pâte persillée (+3%) progressent. En cumul sur le 1er trimestre 2016, on retrouve ces mêmes tendances à l’exception des yaourts et desserts lactés, en baisse par rapport au 1er trimestre 2015.
 
Dans l’Union européenne, toutes les fabrications progressent depuis le début de l’année (à l’exception du lait concentré), notamment celles de beurre et de poudre, en hausse sensible. En cumul sur les deux premiers mois de l’année, la production de beurre s’accroît de 10% par rapport à 2015, la poudre de lait écrémé de 17,3% , la poudre grasse de 22% et les fromages de 4,8%. La progression est de 1,3% pour les laits fermentés et de 0,7% pour les laits de consommation. Ces évolutions prolongent les tendances déjà observées en 2015.
 
 
Ces abondants volumes de lait et produits laitiers ont du mal à trouver preneur sur les marchés en raison de débouchés insuffisants et d’une concurrence vive entre pays producteurs. La France, comme l’Union européenne, est pénalisée par la fermeture du marché russe, dont l’embargo devrait se prolonger jusqu’au début du mois d’août 2016. L’Algérie, qui constitue un débouché important pour les produits français, notamment la poudre de lait et les desserts lactés, a également réduit ses achats par rapport à 2015.
En cumul sur le premier trimestre 2016, les exportations françaises ont baissé pour de nombreux produits : le beurre (-27%), le lait écrémé en poudre (-10%), les autres poudres de lait (-7%), les yaourts et desserts lactés (-5%) et les fromages (-2%). En revanche, elles progressent pour la poudre de lactosérum, la poudre de babeurre, les desserts lactés « longue conservation », les fromages fondus, certains fromages et les « caséines et caséinates ».
 
 

Des cours au plus bas pour la poudre de lait écrémé

 
Ce surplus d’offre, dans un contexte de demande peu favorable, entraîne la baisse des prix des produits laitiers sur les marchés.
La poudre de lait écrémé est la plus touchée puisque le prix français (comme le cours européen) est passé sous le prix d’intervention depuis fin janvier 2016
et n’est pas remonté au-dessus depuis. La semaine du 9 mai 2016, à 1666 euros la tonne, le prix est inférieur de 10% à celui observé sur la même période de 2015. Le prix français de la poudre grasse a aussi fortement reculé, avec un minimum atteint fin mars 2016. Au cours de la première semaine de mai, il s’établit à 1975 euros la tonne, en retrait de 24% par rapport à l’année dernière.
Pour le beurre, la situation continue de se détériorer avec un prix toujours en repli. En avril et en mai, le prix a diminué de 8% en glissement annuel. Début mai, à 2585 euros la tonne, le prix français est inférieur de 18% au niveau de 2015.
Une remontée des cours des produits laitiers pourrait toutefois se dessiner avec la baisse saisonnière de la collecte.
 
Ce surplus d’offre entraîne également la baisse du prix du lait payé aux producteurs. En mars 2016, à 309 euros/1000 litres, le prix moyen versé aux producteurs français de lait (prix à teneur réelle, toutes qualités confondues) est inférieur de 4,5% au prix de mars 2015, soit 14 euros de moins que l’année précédente. Après un écart de 25 euros en janvier et février, la baisse semble ralentir, mais le prix est encore faible, inférieur de près de 10% au prix moyen 2010-2014.
Cette baisse de prix est plus modérée que celles observées chez certains de nos voisins européens, notamment chez ceux qui ont augmenté leur production afin de compenser le manque à gagner. C’est le cas de l’Allemagne dont les prix ont chuté de 25% par rapport à l’année précédente pendant les neuf premiers mois de l’année 2015. La baisse des prix semble également se tasser dans ce pays depuis le début 2016.
 
 
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