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INTERVIEW EXCLUSIVE

Le tracteur autonome dans les champs d'ici 3 ans

D’ici 3 ans, le trateur autonome pourrait fonctionner chez un agriculteur aux USA. DR

À l'occasion des 175 ans de la CASE IH, la marque a accordé un entretien exceptionnel à Cultivar.fr avec Andreas Klauser (PDG de Case IH Agriculture) et Rob Zemenchik (Responsable Marketing des systèmes AFS). Au programme de la discussion, une des stars du Sima : le tracteur autonome, futur de la marque et de l’agriculture.
 

Quelle est l’utilité du concept de tracteur autonome Case IH ?

A. Klauser : Nous avons mis l’accent, dès le milieu des années 90, sur l’agriculture de précision, l’autoguidage. Toutes ces technologies nous ont fait avancer et font faire un bond à l’agriculture. Mais nous devions aller plus loin. Le concept de tracteur autonome n’est pas qu’un prototype. C’est un tracteur qui fonctionne vraiment. Dans les vidéos de présentation, personne n’était aux manettes, il travaillait seul ! Ce sont différents systèmes et capteurs regroupés dans une machine. 

R. Zemenchik : Nous pourrons choisir les composantes de ce concept et en faire profiter les tracteurs, les machines de récolte et autres, suivant les besoins et les usages. Un Optum avec cabine pourra bénéficier de fonctionnalités issues du concept. 
 

Mais quelles technologies seront le plus rapidement accessibles ?

R.Z. : La planification du cheminement de l’ensemble, sera très vite opérationnelle. Le lidar et le radar pour la détection d’obstacle pourraient équiper nos tracteurs actuels prochainement mais aussi les automoteurs de pulvérisation et les moissonneuses.
 

Quand allons-nous voir le tracteur autonome en action et à quel prix ?

A.K. : Nous pensons que d’ici 3 ans il pourrait fonctionner chez un agriculteur aux USA. Le contexte légal doit être clarifié. D’ici là, le coût des composants électroniques utilisés aura baissé. Cela va nous aider.

R.Z. : En parallèle de la clarification pour savoir s’il pourra rouler sur route, nous apportons les différentes technologies sur nos fermes pilote afin de collecter des informations. Ainsi nous allons préciser les besoins de nos clients avec les questions et exigences qu’ils feront remonter.
 

Faut-il avoir des capteurs météo sur l’exploitation pour permettre au tracteur autonome d’arbitrer sur ses conditions de travail ?

R.Z. : Le tracteur sait donner une alerte sur beaucoup de paramètres comme le taux de patinage. Il sait ce qui est tolérable et consulte l’agriculteur en cas de conditions limites. Il doit travailler dans une fenêtre de conditions normales et surveille beaucoup de paramètres pour ce faire. Les consignes de l’opérateur sont reliées aux prévisions météo et aux mesures en temps réel. Ainsi, on doit avoir un semoir sur lequel chaque rang travaille correctement.
 

La technologie est-elle destinée au grosses fermes ?

A.K. : Nous avons pu mesurer des gains majeurs sur des petites structures. Il y a des exemples de fermes de 50 ha équipées en auto-guidage qui économisent 2 500€ par an en prenant en compte le temps de travail, les économies d’intrants et de carburant. Ce qui veut dire qu’en 2-3 ans, ce système est remboursé.

R.Z. : Dans les pays de grands espaces, typiquement, nos solutions laissent entrevoir une moisson quasi-autonome pour les machines. Il n’est pas fou d’imaginer un tracteur sans chauffeur récupérer le grain sous la batteuse et aller le décharger au silo. Ceci tout au long de la journée de moisson afin de maximiser le temps de travail de la moissoneuse-batteuse. Cet exemple implique : le contrôle de la proximité des engins, la logistique de déchargement et comment le tracteur part du champ et y revient de manière automatisée.
 

Comment voyez-vous l'agriculture dans 175 ans ?

A.K. : Les agriculteurs auront un niveau de technicité et de savoirs très élevés, avec une très bonne organisation. Il pourront être à la maison et superviser 70 % des tâches à effectuer. Ils utiliseront des robots et de la technologie. Les machines ne résoudront pas leurs problèmes toutes seules. L’homme sera toujours présent.

R.Z. : Nous serons en quête de nouvelle valeur ajoutée dans la relation des cultures à l’environnement. Les machines seront à la manoeuvre pour réaliser des opérations que nous n’avons pas encore imaginées.
Le soleil nous fournit en théorie l’énergie pour sortir 440 qtx/ha nous sommes à 120-130 qtx/ha donc la marge de progression est encore longue pour découvrir de nouvelles opportunités d’augmentation des rendements et nourrir la planète.

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