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Polyculture élevage

L’élevage et la culture, un couple gagnant

L’interaction entre les ateliers élevage et culture est plus ou moins forte dans les exploitations de polyculture élevage. Plus le lien est fort, plus les amplitudes de revenu sont faibles d’une année à l’autre.

Une étude du réseau mixte technologique RED-SPyCE  montre l’intérêt de faire interagir les ateliers élevage et culture aussi bien sur le plan environnemental qu’économique.
 
Dans le cadre du projet Casdar RED-SPyCE  qui traite de la polyculture élevage, plusieurs données technico-économiques montrent l’intérêt du couplage élevage/culture. "Sans ambiguïté, précise Pierre Mischler de Idele qui a participé au projet, l’étude nous montre que plus les flux de « matières » sont importants entre les deux ateliers, plus le bénéfice est réel pour l’exploitant en termes de régulation de revenu et de résilience notammentL’organiser relève ensuite du cas par cas. Cela sera différent dans le Nord ou le centre." Tout d’abord, trois groupes de couplage, faible, fort, moyen, ont été définis pour permettre de traiter statistiquement les données de plus de 900 exploitations avec des ruminants, dont 299 en bovins lait.

 Trois niveaux de couplages étudiés 

Dix critères qui relèvent à la fois de l’utilisation des surfaces, de l’autonomie à la fois alimentaire, en paille et en fertilisation des prairies et des cultures, ont servi à constituer ces groupes de couplages. Ainsi, un couplage élevé se caractérise par plus de surfaces auto-consommées, plus d’autonomie en concentrés et en paille, plus de prairies, moins de maïs fourrage et moins d’engrais minéraux en raison d’une consommation plus importante des effluents. Les systèmes tout herbe ou 100 % cultures n’ont pas été pris en compte. Le plus souvent, les exploitations qui ont des surfaces importantes en culture de vente (plus de 66 %) ont un niveau de couplage faible. "Il est plus difficile d’être autonome en engrais quand l’élevage est « petit » en comparaison de l’atelier cultures", précise Pierre Mischler. À l’inverse, les exploitations aux surfaces de culture de vente faibles (moins de 33 %) ont les niveaux de couplage les plus forts.

Les couplages forts, moins gourmands en intrants

Sur le plan environnemental, quand le couplage passe de faible à fort, l’excédent azoté baisse de 70 %, la consommation de fioul chute aussi de 33 % et les charges pesticides de 19 %. Par ailleurs, un autre projet, le Casdar Phytoel a montré que les IFT sont réduits de 40 %. Pour être plus précis, la moyenne des IFT dans les  cultures intra-consommée est de 2,79 et celle des IFT de cultures vendues est de 3,45.
Sur le plan économique, quand le couplage passe de faible à fort, l’efficacité économique augmente. L’EBE/produit brut augmente de 34 % et les charges opérationnelles/produit brut baissent de 26 %. De plus, les charges de structure sont généralement plus réduites en couplage fort. Sur la période 2011/2013, le revenu courant est en moyenne sensiblement identique selon le niveau de couplage. Pour les fermes étudiées, il avoisine en moyenne les 27 000 euros/unité de main-d’œuvre exploitant. Mais, élément positif, l’amplitude des revenus est moindre en couplage fort, aussi bien entre fermes du groupe qu’au sein même de l’exploitation.

Amplitudes de revenus moins importantes

Et sur quinze ans, de 2000 à 2016, l’étude montre que les revenus sont aussi sensiblement identiques entre niveaux de couplage. Le revenu moyen est ainsi sur la décennie, en moyenne de 464 euros/ha en couplage fort et 450 euros/ha en couplage faible. Mais, ceux-ci sont aussi moins variables et souvent moins négatifs en couplage fort, notamment ces dernières années. La variabilité du revenu entre les exploitations de couplage fort n’est que de 18 % alors qu’il est de 27 % pour les exploitations en couplage faible. Autre repère, les résultats négatifs n’ont été observés que sur une année en couplage fort contre sept en couplage faible.  "Il n’existe pas de recette unique, souligne le chercheur d’Idele. Il s’agit de tenir compte de la stratégie de l’exploitant. Certains exploitants préfèrent un revenu régulier et d’autres acceptent une plus grande variabilité du revenu." Une autre étude en cours aborde l’impact du couplage sur le travail dans les exploitations de polyculture élevage.
 

 

 

 

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