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Les débouchés se ferment pour les AOP laitières

Selon le Cnaol, les AOP laitières, qui sont surtout commercialisées sur le territoire national, sont orphelines d’une part importante de leurs débouchés : RHD, grandes surfaces et marchés. CP : Cnaol.

Il y a deux semaines, le Conseil national des appellations laitières (Cnaol) déclarait craindre un appauvrissement alimentaire des assiettes des Français. « Nous y sommes, indique Michel Lacoste, son président. Durant les premières semaines de cette crise sanitaire, les Français se sont détournés de nos fromages AOP, allant vers des produits utilitaires et de première nécessité. Pendant ce temps, nos entreprises laitières et nos producteurs fermiers, en capacité de produire, n'ont pas pu écouler leurs produits. Nous demandons des mesures d’urgence aux pouvoirs publics et appelons les Français à manger du fromage sous signe de qualité et à retrouver leurs habitudes alimentaires d’avant cette crise sanitaire. »

 
Des commandes en repli de 25% à 80%

Essentiellement commercialisées sur le territoire national, les AOP laitières (45 fromages, 3 beurres et 2 crèmes) sont orphelines d’une part importante de leurs débouchés commerciaux, toujours selon le Cnaol.

« Après la fermeture de la restauration hors domicile (5 % des ventes des fromages AOP) le 15 mars dernier, ce sont progressivement les grandes surfaces (80 %) qui ont fortement réduit, voire fermé les rayons à la coupe par manque de personnel ou par mesures d’hygiène. 38 % des volumes des fromages AOP étaient commercialisés dans ces rayons. Puis, ce fut l’annonce de la fermeture des marchés, le 23 mars dernier. Les commerces spécialisés et les magasins de proximité, dont les marchés (15%), ont une place privilégiée pour favoriser l’achat des produits laitiers sous signe de qualité. »

En quinze jours, les entreprises laitières produisant des signes de qualité ont enregistré une forte diminution de leur chiffre d’affaires. Selon les entreprises, les commandes ont baissé de 25 % à 80 %. « Demain, ce seront les éleveurs laitiers qui jetteront leur production si rien n’est fait », annonce le Cnaol.
 

« Des aides urgentes »

C’est dans ce contexte qu’un conseil européen des ministres de l’Agriculture s’est tenu le 25 mars dernier. 
« Aucune décision, aucune mesure n’a été prise pour soulager les entreprises laitières AOP composées de fromageries privées ou de coopératives nationales, de PME, de TPE et d’ateliers artisanaux ou fermiers », regrette le Cnaol qui « implore les pouvoirs publics d’agir et de prendre en compte leur extrême fragilité ».
 Michel Lacoste indique :

 « Le Cnaol demande des aides urgentes au stockage des fromages, à l’écoulement des surplus vers les marchés secondaires et à la régulation des volumes de lait. Enfin, nous, éleveurs, producteurs, fromagers et affineurs, appelons nos concitoyens à manger du fromage pour qu’après le confinement, la diversité fromagère soit toujours une réalité. »

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