La référence technique au service des éleveurs

Le numérique en élevage

Les données au coeur de l'agriculture de demain

« Le traitement des données pose des questions de sécurité, de propriété, de traçabilité, de gourvernance, voire même d’éthique. Un nouveau modèle économique est à créer. C’est un sujet très neuf », souligne Jérémy Wainstain, fondateur de The Green Data. Photo : H.Grare/Pixel Image

Jérémy Wainstain, fondateur de The Green Data, et Yann Lecointre, directeur général d’Evolution, étaient les invités d’une matinée consacrée aux enjeux du numérique pour l’élevage, organisée par la chambre régionale d’agriculture du Grand Est le 26 avril à Villers-lès-Nancy (54).

 Aujourd’hui ça vous paraît normal d’avoir l’électricité à disposition mais il y a deux cent ans, l’électricité était une technologie innovante. Il a fallu cent ans pour que l’électricité passe de technologie de laboratoire à technologie des villes en 1930. C’est ce que nous vivons aujourd’hui, nous ne sommes qu’au début de la révolution numérique, assure Jérémie Wainstain, fondateur de The Green Data. La data sera au cœur de l’agriculture de demain. Elle permettra de mieux piloter les exploitations et les filières. On ne connaît pas encore aujourd’hui tous les usages.

La data est une industrie, au même titre que l’électricité, qui pèse aujourd’hui 200 milliards de dollars.
Jérémie Wainstain appuie :

L’industrie de la data transforme les organisations agricoles, elle met les acteurs en réseau. Elle va transformer la relation entre les gens, renforcer les collaborations. La data est très fédératrice qui plaide pour un accompagnement au changement.

Transcender les clivages

Conscientes des enjeux, les organisations agricoles se mettent en ordre de marche pour être partie prenante de cette nouvelle révolution. The Green Data travaille d’ores et déjà avec les coopératives sur l’optimisation de leur logistique. La start-up a également collaboré avec Eilyps sur la mise au point d’un diagnostic de performance plus précis, plus objectif et personnalisé.
Jérémie Wainstain explique :

Nous avons pris en compte de 200 paramètres. Nous avons eu une approche purement mathématique de la performance en élevage. Nous avons réalisé une analyse statistique avec une méthode statistique augmentée.

Yann Lecointre, directeur général de la coopérative Evolution, a présenté le projet mené en collaboration avec Bretagne Conseil Élevage Ouest (BCEL Ouest) et le GDS de Bretagne. Le 4 avril est née la filiale Innoval, réunissant les trois structures, et dédiée aux projets numériques.
Yann Lecointre argumente :

Il y a un savoir-faire et une agriculture forte en France. Mais quand on parcourt le monde, on s’aperçoit qu’il y a des systèmes performants partout. Nous devons nous défendre vis-à-vis de ces systèmes. Notre rôle premier, en tant que coopérative, est de se remettre en question pour apporter le meilleur service aux éleveurs. Nous devons faire en sorte que nos adhérents éleveurs soient encore là demain.

La création d’Innoval est le résultat d’une volonté politique forte.

La donnée de base n’a pas de valeur. Il faut arriver à transcender les clivages, décloisonner les services, pour créer un environnement favorable à la valorisation des données.

Différents projets sont d’ores et déjà en cours, notamment la création d’une plateforme collaborative d’échange de données, en partenariat avec Neovia.Innoval travaille par ailleurs à la formation des équipes de façon transversale, ainsi qu'à l'élaboration d'une offre de service, la plus homogène et la plus complète possible, alliant génétique, reproduction, sanitaire, conseil en élevage… 

Yann Lecointre estime :

Nous devons permettre aux éleveurs de tenir leur place dans la compétition mondiale. Le revenu des éleveurs est au cœur de nos décisions.

Au profit des éleveurs

Dans l’Est, les organisations agricoles sont également mobilisées pour apporter de nouvelles solutions aux éleveurs. Synergie Est Arsoé travaille, entre autre, avec Montbéliarde Association, sur le projet Opaline qui vise  à automatiser le pointage des animaux à partir de photographies prises par un téléphone ou une tablette.
Sébastien Pinet, directeur de Synergie Est Arsoé, assure :

Pour nous, la collaboration et la mutualisation sont des accélérateurs de valorisation des données au profit de l’éleveur.

Michel Portillo, directeur d’Estel, l’Arsoé du Nord-Est, a présenté le projet d’application commerciale « Marché Bovins » qui doit permettre à un opérateur de trouver un lot d’animaux, dans un secteur, selon des critères donnés.
Michel Portillo estime :
 

 Il faut anticiper dès aujourd’hui les enjeux du numérique. Si on n’innove pas nous, d’autres le feront à notre place mais avec un holdup des données.

Laurent Wendlinger, vice-président de la chambre régionale d’agriculture du Grand Est, appuie :

Le numérique sera présent au quotidien, demain, dans le monde agricole. Nous devons être acteur de ce progrès dans le Grand Est. Nous devons accompagner et non subir ce changement. Alors que l’élevage fait face à une crise profonde, nous devons préparer l’avenir. C’est dans les moments de doute que naissent les nouveaux projets.

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