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Étude

Les enjeux et atouts de l’élevage européen passés à la loupe

Les animaux d’élevage, en particulier les ruminants, peuvent avoir une incidence positive sur la biodiversité et le carbone des sols grâce au maintien des prairies permanentes et des haies, ainsi qu'à l’optimisation de l’utilisation des effluents d’élevage. ©D. Bodiou/Pixel6TM

L’étude « L’avenir de l’élevage européen : comment contribuer à un secteur agricole durable? » vient de paraître. Commandée par la Commission européenne (Direction générale de l'agriculture et du développement rural) et menée par Jean-Louis Peyraud, directeur-adjoint scientifique agriculture à l’Inrae et le chercheur britannique Michael MacLeod, l’étude offre une vision scientifique globale sur les enjeux environnementaux, économiques et sociaux de l’élevage de l’Union européenne, de ses atouts et de ses besoins de transformation.
 
L'étude souligne l'importance de l'élevage et les défis auxquels il est confronté en matière de durabilité et d'impact environnemental. En 2017, la valeur de la production animale et de ses produits dans l'UE-28 s’élevait à 170 milliards d'euros, soit 40 % du chiffre d'affaires agricole total. L’UE-28 est également exportateur net vers le marché mondial et l’excédent de la balance commerciale des produits d’élevage n’a cessé d’augmenter depuis 2000, pour atteindre 3,7 milliards d’euros en 2019.
 
L'UE-28 a produit 47 millions de tonnes de viande en 2017, dont 50 % de porc, 31 % de volaille, 17 % de bœuf et 2 % de viande ovine et caprine.
La production animale est présente dans presque toutes les régions de l’Union européenne et son importance sociale s’étend au-delà de l’emploi : bon nombre de paysages et de cuisines appréciés dans l’UE sont étroitement associés à la production animale.

Les effets de l’élevage sur l’environnement

En 2017, le secteur agricole a généré 10 % des émissions totales de gaz à effet de serre (GES) de l’UE-28, soit moins que l’industrie (38 %) ou les transports (21 %). Près de la moitié des émissions agricoles proviennent de la fermentation entérique (principalement de ruminants) et de la gestion de fumier (tous les animaux). Si l'on inclut les émissions liées à la production d'aliments pour animaux, au transport et à la transformation, le secteur de l’élevage est responsable de 81 à 86 % des émissions de GES du secteur agricole.

Les émissions de GES de l'agriculture de l'UE-28 ont diminué de 24 % entre 1990 et 2013, en raison de la diminution du cheptel et de l'amélioration de la productivité. D'autres réductions des émissions peuvent être obtenues par des mesures telles que l'utilisation accrue de légumineuses, une utilisation plus intelligente du fumier, une amélioration de la conduite ainsi que de la santé du bétail, et de changements dans les pratiques d'alimentation.
 
Les animaux d’élevage, en particulier les ruminants, peuvent avoir une incidence positive sur la biodiversité et le carbone des sols grâce au maintien des prairies permanentes et des haies, ainsi qu'à l’optimisation de l’utilisation des effluents d’élevage.

Des perspectives d'avenir

Le rapport appelle à une réduction des incidences négatives de l'élevage sur l'environnement et la biodiversité. L'Union européenne ne sera probablement pas en mesure de respecter les engagements pris lors de la COP 21, et parvenir à une neutralité carbone d'ici 2050. L'agriculture, et en particulier le bétail, en est en partie responsable, car elle représente une source majeure de GES.
Le rétablissement de la qualité de l’eau est loin d’être réalisée en dépit des efforts consentis et des progrès restent à faire pour réduire les pertes d’azote ainsi que de phosphore, mais aussi de l’utilisation des pesticides. Les pertes en carbone des sols dues à la conversion des prairies et des forêts en terres cultivées sont importantes et rapides.
 
La reconnexion de l’élevage à la production végétale offre d’immenses possibilités de développer des systèmes agroalimentaires plus efficaces, d’éliminer les pertes en recyclant la biomasse entre les secteurs, de réduire les émissions de GES et de contribuer à l’élimination du CO2 dans l’atmosphère, de rétablir la qualité des écosystèmes tout en assurant la sécurité des ressources et l’adaptation au climat.

Des moyens d’améliorer la durabilité de l’élevage

D’une manière générale, la durabilité de la production animale pourrait être améliorée de trois manières: par des gains d’efficacité, par le remplacement des intrants à fort impact par des alternatives à moindres impacts et par une refonte plus radicale des systèmes agricoles qui implique le passage d'une approche linéaire à une approche circulaire.
Dans les systèmes laitiers, la valeur génétique de la production laitière reste un objectif, mais le taux de fécondité de la vache, le nombre de lactations par vache et l’absence de maladies doivent être pris en considération. Dans les systèmes de viande bovine, la fécondité de la vache, la mortalité des veaux, les taux de croissance des veaux et la précocité sont des traits importants.
 
Dans leurs conclusions, les chercheurs indiquent que :

  • "Beaucoup peut être fait – en améliorant le rendement, en utilisant des intrants à faible incidence et en exploitant les synergies – afin de réduire les incidences négatives de l’élevage et d’en optimiser les effets positifs. "
  • " L’amélioration de la durabilité requiert une approche systémique. Il existe un consensus scientifique en faveur d’une alimentation plus saine partiellement rééquilibrée en faveur d’une consommation accrue de fruits et de légumes, de moins de protéines d’origine animale et de moins de sucre.
  • " Nous devrions abandonner les positions simplistes, plantes contre animaux ou production extensive contre production intensive, pour promouvoir des systèmes bien adaptés à la diversité de l’agriculture dans l’UE.»
  • " Pour remplir ses rôles, les systèmes d’élevage devraient évoluer pour fournir une gamme de produits et de services, plutôt que d’être guidés par l’objectif unique de la production de produits de base. "

Pour accéder à la synthèse de l'étude : "L’avenir de l’élevage européen: comment contribuer à un secteur agricole durable?", c’est ici.

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