La référence technique au service des éleveurs

Plan protéines 2015-2020

Les enjeux protéiniques cristallisés par la filière luzerne

La filière luzerne, comme toutes les filières sources de protéines, attend beaucoup du prochain plan protéine pour pérenniser les surfaces et assurer l'approvisionnement en protéines des élevages français.

En 1976, l’agriculture française importait 81% de ses besoins en protéines. 35 ans plus tard, le déficit est toujours important: la France importe toujours 70% de ses besoins.

Si le plan protéines 2012-2014 octroie un budget de 8 millions d'euros par an pour les campagnes 2012, 2013 et 2014 à la filière luzerne déshydratée,Éric Guillemot, directeur de Coop de France déshydratation, n’est pas convaincu:

Le plan de sauvetage de la luzerne ne peut pas se résumer au versement d’une aide. Si les agriculteurs livrant l’intégralité de leur récolte à une usine de déshydratation ont touché 125 euros/ha en 2012, ce soutien financier ne doit pas être l’unique aide apportée à la filière.
La luzerne bénéficie actuellement d’aides car c’est un secteur avec des difficultés structurelles, mais cela ne sera pas suffisant pour assurer le maintien de cette production.  L'approvisionnement en protéines de l’élevage français pourrait également en pâtir face à la demande mondiale toujours plus importante.

Si la luzerne est particulièrement concernée, les autres sources de protéines (pois, féverole, lupin, soja, etc.) font face aux mêmes difficultés. À ce titre, la Fop et Coop de France déshydratation ont amendé le plan protéine 2015-2020 de quatre propositions:

► une aide couplée et une mesure agro-environnementale spécifique aux légumineuses;

Éric Guillemot estime: 

L’aide actuelle de 48 millions d’euros pour les protéagineux et les fourrages déshydratés est trop faible pour garantir le maintien de ces productions. De plus, les mesures de verdissement doivent favoriser la diversification de l’assolement au profit des légumineuses.

La luzerne est d’ailleurs éligible pour les surfaces d’intérêt écologique.

► un programme de recherche et développement sur les aspects agronomiques, génétiques, sur la recherche de nouveaux débouchés et sur le process de transformation;

► le développement de la contractualisation pour une meilleure organisation des filières;

► un plan de communication et de promotion des légumineuses auprès des consommateurs et des utilisateurs, mais aussi auprès des agriculteurs.

Quatre grands points nécessaires aux yeux des acteurs des filières concernées, dont l'ambition est d'être "au service de l’élevage français".

Pour aller plus loin :
La nécessaire adaptation de l'industrie européenne de déshydratation
La relance des légumineuses dans le cadre d'un plan protéines: quels bénéfices environnementaux?
Dossiers de l'environnement de l'Inra n°24: désintensification et autonomie en protéines
 

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