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CONTRE LE COVID-19

Les vaches de l’ALPA à la pointe de de la recherche

Publié le 05/11/2020 par dans
Bernard Bihain, patron de Genclis, Joris Erzen, directeur de la ferme, Christophe Pioche, responsable élevage bovin et Lydie Saunier, présidente de l’Alpa, ont noué un partenariat autour du troupeau laitier. ©JL.Masson/Le Paysan Lorrain

Trois lots de vaches de l’ALPA (Meurthe-et-Moselle) ont participé à une expérience inédite, au cours de laquelle elles ont révélé une grande capacité à générer des anticorps contre le coronavirus, après avoir reçu des injections de protéines. Le laboratoire de recherche médicale Genclis, de Vandœuvre-lès-Nancy, qui produit ses nouveaux immunogènes, a ainsi été en mesure de formuler des protocoles d’immunisation qui ne sont pas des vaccins, mais qui permettent de produire des antisérums. Les essais cliniques de ces antisérums pourraient se dérouler avant la fin de l’année. S’ils sont efficaces, ils devraient réduire les besoins de réanimation et donc la mortalité et les séquelles graves pour les malades atteints de la Covid-19. 

Le directeur de la ferme du centre de formation de l’ALPA, Joris Erzen, se souviendra longtemps de l’appel téléphonique reçu dans la seconde quinzaine de mars. L’homme-orchestre du site va être placé au centre de la course contre la montre qui s’engage. Il entre immédiatement en contact avec le professeur Bernard Bihain, qui va conduire personnellement les opérations. Il sélectionne neuf vaches laitières plutôt en fin de carrière. Il s’agit de leur pratiquer une injection par la voie intrapéritonéale de protéines soigneusement sélectionnées par Genclis, dans le but de faire fabriquer des anticorps aux animaux.  

Les expérimentations vont se poursuivre pendant plusieurs mois jusqu’à ces dernières semaines. Bernard Bihain fait effectuer des « neutralisations virales » au CHU de Strasbourg. Les résultats sont impressionnants. Les anticorps produits par les bovins capables de détruire la Covid-19 sont cent fois plus puissants que ceux générés par les humains ayant contracté la maladie. Le chercheur est désormais certain d’avoir découvert un antidote capable de neutraliser les effets du poison. Depuis le 28 mai, Genclis a testé des processus d’immunisation sur une population de souris, à laquelle la Covid-19 a été inoculée.

«Les anticorps qui en résultent détruisent le virus, affirme Bernard Bihain. Pour les administrer à des patients, nous disposons d’un fusil puissant, mais il nous faut régler la mire pour déterminer la quantité à administrer à la première injection ; car si le seuil est dépassé, il peut faire plus de mal que de bien. » Il place « la rigueur scientifique au-dessus de tout. On sait aujourd’hui, qu’il ne sera réglementairement pas possible d’utiliser des produits d’origine bovine en thérapeutique humaine, mais les retombées de cette expérimentation sont d’importance capitale,explique Bernard Bihain. Sans les vaches de l’Alpa, nous n’aurions pas compris les mécanismes qui protègent la très grande majorité des formes sévères de la Covid-19. Nous avons aussi appris que les anticorps neutralisants le virus ne durent pas en absence d’immunisations répétées. Ça, c’est pour la mauvaise nouvelle, la bonne nouvelle est que leurs précurseurs, eux, perdurent et il devrait être possible de les augmenter. Il convient de conserver le sens des priorités qui sont de prévenir et de traiter les formes graves en réduisant les besoins de réanimation », prévient le gérant de Genclis.    

C’est en France que devraient se dérouler très prochainement les tests grandeur nature sur l’homme. Il faut pour cela attendre une nouvelle situation épidémique élevée qui semble devoir survenir en novembre. Le principe est d’administrer les antisérums de volontaires sains immunisés, mais qui n’ont pas été malades, aux patients qui évoluent vers une forme grave.   

Lire le dossier réalisé par Jean-Luc Masson, dans le Paysan Lorrain du 6 novembre. 

 

Genclis en bref
 La société Genclis a été fondée en 2004 par Bernard Bihain et ses associés. Elle a découvert un mécanisme biologique qualifié de majeur par la communauté scientifique : « l’infidélité de la transcription ». Celui-ci débouchera sur un  brevet en 2012 lequel établit le lien entre les protéines infidèles produites par l’ARN (acide ribonucléique) et l’immunité, qui permet la défense des organismes. Cette découverte génère une nouvelle avancée, il y a deux ans, Genclis est alors en mesure d’expliquer pourquoi quelqu’un est allergique. C’est cette même technologie que le laboratoire utilise dans sa recherche contre le coronavirus.
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