La référence technique au service des éleveurs

Intelligence artificielle

« Moins subir les astreintes quotidiennes du métier »

 « Si dans l’avenir il y aura un robot capable de couper la ficelle de la botte de foin, il faudra quelqu’un pour ramasser les ficelles »

« Cela fait maintenant quelques années que les éleveurs ont l’habitude d’utiliser des outils électroniques et numériques. Certes, tout le monde n’est pas équipé d’un robot de traite ou d’alimentation mais je sais que ce soit dans leur élevage ou chez eux, les éleveurs comptent parmi le public le plus connecté », c’est avec ce constat que Jean-Luc Chauvel, président de Races de France, a ouvert le colloque sur l’intelligence artificielle au cœur de l’élevage. 

Organisé jeudi 14 février par Allice, par France Conseil Élevage, par Fiea et par Races de France, il visait à mettre la lumière sur l’intelligence artificielle afin de d’échanger sur ses atouts mais aussi sur les craintes qu’elle peut susciter. 

70 % des élevages laitiers possède au moins un outil connecté

Avant les premiers témoignages, Élodie Doutart, chef de service Data Stats à l’Institut de l’élevage a rappelé un point essentiel : « En élevage, l’intelligence artificielle s’est intégrée dans un concept plus large nommée l’élevage de précision. » Elle a ensuite évoqué quelques chiffres :

70 % des élevages en bovin laitier sont équipé d’au moins un outil connecté et 40 % pour les petits ruminantsDe plus une étude du Credoc a révélé que 60 % des agriculteurs disent tirer pleinement ou assez largement profit des possibilités offertes par les nouvelles technologies.

Robots, monitoring, logiciel de suivi de troupeau 

Ensuite, deux agriculteurs on fait part de leur expérience : Daniel Dellenbach, éleveur ovin dans la Meuse, et Jean-Pierre Morille, éleveur de prim’holstein dans le Maine-et-Loire.

Daniel Dellenbach est un éleveur attaché à la donnée qu’il collecte depuis longtemps pour une utilisation personnelle en priorité. 

Pour le moment, je reste un peu dans l’observation mais je mesure toute l’importance que cela peut avoir.

Jean-Pierre Morille, lui, a un peu plus recours à l’intelligence artificielle. En plus des robots de traite, il possède des outils de monitoring.

Il nous permet de surveiller l’activité des animaux dans leur quotidien au niveau de la santé ou du cycle de reproduction. J’utilise également un logiciel de suivi d’élevage.

Même si ces outils rendent service à l’agriculteur, il y a toujours un contrôle visuel car pour lui, ces outils sont avant tout des outils d’alerte. 

Produire autant avec moins

À la question : que vous apporte l’intelligence artificielle sur vos exploitations ? La réponse est pratiquement la même pour les deux éleveurs. Pour Jean-Pierre Morille, c’est un apport supplémentaire d’efficience, qui se traduit par l’augmentation de la qualité, de la traçabilité, et la baisse d’intrants.

Avec l’intelligence artificielle, l’objectif n’est pas simplement de produire plus c’est aussi de produire autant avec moins.

Même son de cloche pour Daniel Dellenbach :

Cette nouvelle technologie nous aide à être plus efficients en collectant la donnée et en l’interprétant par la suite. C’est un investissement qui, à terme, amène de la valeur même si elle n’est pas aussi palpable quand je vends un agneau.

Se décharger de certaines tâches

Sur la question de la qualité de vie, les deux éleveurs s’accordent encore une fois. 

J’ai pu me décharger de certaines choses. Au jour le jour mon travail s’allège et je suis plus serein quand je m’absente de l’exploitation, observe Jean-Pierre Morille. 

Toute cette nouvelle technologie nous offre la possibilité de moins subir les astreintes du métier, notamment lors des périodes où il faut aller vite lorsqu’il y a plus de travail dans les champs, déclare l’éleveur de moutons. 

Les fondamentaux du métier restent les mêmes

Même si l’intelligence apporte son lot de services, elle suscite aussi quelques craintes. Une des premières est de savoir à qui appartient la décision et la seconde est le droit à la déconnexion : 

Quand je pars en vacances, j’ai toujours un œil sur mon téléphone et donc sur mon élevage. Le petit revers de l’intelligence artificielle est qu’on a du mal à se déconnecter, admet Jean-Pierre Morille. 

Dans tous les cas, on passe dans une dimension différente mais les fondamentaux du métier restent les mêmes. Si dans l’avenir il y aura un robot capable de couper la ficelle de la botte de foin, il faudra quelqu’un pour ramasser les ficelles, sourit Daniel Dellenbach.

 
Une table ronde a ensuite succédé à ces témoignages, retrouvez sa synthèse dans le numéro d’avril de Cultivar Élevage.

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