La référence technique au service des éleveurs

Observatoire des prix et des marges

Pas de surprise majeure pour l’année 2019

Publié le 19/06/2020 par Marie Dominique GUIHARD dans
Selon l'Observatoire de la formation des prix et des marges des produits alimentaires, le prix de la viande bovine a augmenté en rayon, mais les prix moyens pondérés des gros bovins entrés en abattoir en 2019 sont globalement inférieurs à ceux observés sur la moyenne quinquennale. CP : DR

La neuvième édition du rapport de l’Observatoire de la formation des prix et des marges des produits alimentaires montre une tendance à la hausse globale des prix en 2019, comme en 2018 et en 2017. Cependant, tous les secteurs ne sont pas logés à la même enseigne. La filière viande est toujours à la peine, et de fortes disparités existent dans celle du lait.

Les années se suivent et se ressemblent. En matière de prix, c’est en tout cas la conclusion du neuvième rapport de l’Observatoire de la formation des prix et des marges des produits alimentaires dont Philippe Chalmin assure la présidence. Depuis 2017, la tendance est à la hausse. Les prix à la production agricole ont augmenté de 1,8 % par rapport à 2018. Et dans le même temps, les prix des moyens de production progressent aussi depuis 2017 (1,6 % entre 2018 et 2019). Les prix des produits des industries alimentaires repartent aussi à la hausse (1,1 % entre 2018 et 2019, selon l’indice des prix de production de l’industrie alimentaire de l’Insee). Enfin, les prix à la consommation des produits alimentaires enregistrent une progression de 2,5 % entre 2017 et 2018. Ces chiffres globaux cachent évidemment des disparités entre filières. Si les cotations de carcasses de porcs ont évolué favorablement et les coûts de production pour la volaille sont en baisse, les prix moyens pondérés des gros bovins entrés en abattoir en 2019 sont globalement inférieurs à ceux observés sur la moyenne quinquennale. 

 Le rapport explique : « Cette situation est due à un encombrement des marchés suite à des abattages conséquents pour faire face au manque de fourrages. Au détail, les prix de la viande bovine ont toutefois augmenté de 1,4 % dans les grandes surfaces. »

                                                                            

Selon l'observatoire de la formation des prix et des marges, la situation reste difficile pour les élevages de vaches allaitantes.
 Voici les coûts de production de la viande bovine :

Des disparités importantes existent selon l'origine du lait.
Voici les coûts de production du lait :

Le prix du lait UHT est resté stable

 Quant au prix réel du lait payé au producteur en 2019 (toutes primes comprises et toutes qualités confondues), il a augmenté de 4 % et atteint 359,3 euros/1 000 litres. Selon le comité de pilotage de l’observatoire, cette progression peut s’expliquer en partie par l’application de la loi EGalim. « Par ailleurs, les coûts de production du lait de vache sont en hausse et la ''rémunération moyenne permise'' des producteurs spécialisés de lait de vache décroît de nouveau en 2019.  Au détail, le prix est resté stable pour le lait UHT, mais progresse pour les yaourts, le camembert, l’emmental et le beurre », précise le rapport. 

Le rayon boucherie toujours déficitaire

Selon les dernières données disponibles (2018) pour calculer les charges moyennes et les marges nettes par rayon alimentaire frais des GMS, le rapport annonce une marge nette rapportée au chiffre d’affaires de 1,8 % avant impôt (en baisse de 2,2 % par rapport à 2017) et de 1,2 % après impôt. Globalement le rayon viande reste positif (4,6 % avant impôt), mais avec des disparités importantes. Au rayon des volailles, la marge nette avant impôt affiche 4,6 % du chiffre d’affaires ( 8,5 % pour le rayon charcuterie), alors que pour celui de la boucherie, elle reste toujours déficitaire (1,4 % avant impôt). Avec un focus sur le steak haché standard réfrigéré à 15 % de matière grasse, on constate que le prix au détail en GMS continue de progresser. Cette progression ne profite pas au GMS qui voit leur marge brute à la baisse mais aux industriels de la transformation. Il en serait de même pour les producteurs, puisque les coûts de la matière première qui entre à l’abattoir progressent aussi.

Prix maintenus en lait biologique
Les premières données de l’observatoire sur le lait biologique indiquent que la filière parvient à adapter l’offre à la demande. Les prix se sont maintenus en dépit de la croissance de la collecte. Ce n’est pas encore cette année que le rapport développera son analyse sur la filière lait conventionnel et sur les marges nettes qui en découlent en raison d’un refus des industriels privés et coopératifs de communiquer leurs données chiffrées afin de réaliser des comptes de résultat des entreprises. Philippe Chalmin espère, à terme, y parvenir, et l’observatoire s’y emploiera en 2021. 

Le rapport souligne aussi le recul toujours croissant du poids de l’agriculture dans la valeur de l’alimentation. Cette dernière représente 10 % de la valeur ajoutée induite par la consommation alimentaire et 6,3 % de la valeur totale de cette consommation, importations et taxes comprises.
 

Premiers bilans du confinement

 La dixième édition présentera sans doute l’effet du confinement. Le premier bilan que dresse Philippe Chalmin montre que les chiffres d’affaires des hypermarchés ont chuté de 8 % et que le e-commerce a fortement progressé. Le drive, par exemple, est passé de 6 % à 10 % du chiffre d’affaires des GMS. Le panel prix serait resté stable.

« Il n’y aurait pas eu de spéculation des prix, même si pour le consommateur, certains prix moyens MDD et premiers prix ont pu augmenter. Il n’y a pas eu de crise alimentaire mondiale », précise l’économiste.

Quant au bouleversement des achats des ménages avec, par exemple, une ruée sur le steak haché, Philippe Chalmin retient que pour satisfaire la demande, des parties nobles ont été transformées en steak haché.

« La rentabilité de la carcasse a donc logiquement diminué, souligne-t-il. Avec un prix du steak haché qui varie de 10 à 11 euros/kg et celui des parties nobles de 15 à 20 euros/kg, le tarif de la carcasse aurait baissé de 80 à 1,20 cts/kg durant le confinement. »

Parmi les produits qui ont été le plus perturbés figure le veau industriel. Les prix agricoles ont chuté de 1 euro/kg (de 5,80 à 4,80 euros/kg).

Ajouter un commentaire

Plain text

  • Aucune balise HTML autorisée.
  • Les adresses de pages web et de courriels sont transformées en liens automatiquement.
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.
Image CAPTCHA
Saisir les caractères affichés dans l'image.
Nos autres publications
Cultivar LeadersTCSCheval santéRelations cultureAfrique Agriculture
Plan du site