La référence technique au service des éleveurs

Concours prairies

Plus de rendement avec une association RGA/TB

Publié le 12/10/2016 par Alice Cotens dans

Le Gaec Les Hermones, dirigé par Jacques Caddoux et Florian Cavargna, tous deux éleveurs bovins laitiers en Haute-Savoie, a pour objectif de conforter son autonomie fourragère notamment en pâturage : ils souhaitent sécuriser le rendement de leurs prairies, dont certaines sont fortement dégradées. 

Dans le cadre du Concours prairies organisé chaque année par le Gnis, deux étudiants de BTS ACSE de l’Iseta de Poisy (Haute-Savoie), Quentin Boccagny et Marie Thirouin, ont souhaité mener une réflexion avec ces deux agriculteurs pour les aider à améliorer leur système prairial.

L’agriculture du département de la Haute-Savoie est caractérisée par des exploitations de type polyculture-élevage. Le Gaec Les Hermones en est le parfait reflet. Il comprend un troupeau laitier constitué de 55 VL et de 62 génisses de races abondance et montbéliarde. La SAU de 106 hectares est constituée de 39 hectares de prairies temporaires, 59 hectares de prairies permanentes et 8 hectares de céréales.

« Les 16,5 hectares situés autour de l’exploitation ont pour objectif de fournir un pâturage précoce dès le printemps pour les vaches laitières, avec éventuellement une coupe de foin par an. »

 
Sur ces parcelles, sont actuellement implantées des associations RGA - trèfle blanc parfois vieillissantes et en baisse de rendement. Parmi ces parcelles, l’une d’elles, particulièrement dégradée et d’une superficie de 1,5 hectare, a attiré l’attention des étudiants.
 
De type limono-argileux, cette parcelle est relativement sensible aux excès d’eau en période pluvieuse, ce qui se traduit par une asphyxie du sol et un piétinement lors du pâturage. Elle est surtout victime de l’apparition d’adventices telles que le rumex et le plantain, qui dévalorisent fortement sa valeur alimentaire. C’est pour cela que cette parcelle, à peine âgée de trois ans, est si dégradée.
 

Des espèces résistantes aux conditions montagnardes

Après comparaison entre différentes espèces fourragères, les étudiants ont finalement décidé de conserver une association RGA et trèfle blanc pour son adaptation au milieu montagnard et humide ainsi qu’au pâturage. Ils ont retenu les deux variétés Indiana et Mérida pour les raisons suivantes :

« Indiana pour le ray-grass anglais, car c’est une variété semi-précoce et diploïde se caractérisant par un départ en végétation rapide aux alentours du 29 mars dans notre région. Elle est donc à la fois adaptée à un pâturage précoce et une fauche. »

« Mérida pour la légumineuse, car c’est une variété très agressive et sachant s’implanter rapidement pour résister au développement du ray-grass précoce. De plus, Mérida est une variété très productive et disposant d’une pérennité accrue. »

Le sol de la parcelle étant drainé pour pallier les excès d’eau, il était impossible d’envisager un labour au risque d’endommager les installations de drainage existantes.
Pour tenir compte de cette contrainte et de l’excès d’humidité de la parcelle, il a été décidé de réaliser un semis en fin d’été plutôt qu’au printemps, et de revoir la fertilisation, qui consistait à apporter du lisier et de l’ammonitrate, avec l’ajout d’un apport de potassium sous forme de chlorure de potassium.

Le travail d’implantation, en raison de l’absence de labour, a donc été simplifié, avec :

  • un désherbage au Roundup réalisé le 1er août ;
  • 2 déchaumages effectués le 20 et le 25 août, suivis du semis à la dose de 30 kg/ha (25 kg de RGA + 5 kg de trèfle blanc), avec roulage le 25 août ;
  • un dernier désherbage réalisé le 30 octobre avec du Gratil à raison de 30 g/ha.

Ce travail d’implantation nécessite environ 3,5 heures de travail pour rénover la parcelle de 1,5 hectare.
 

Calcul du coût et du retour sur investissement de l’amélioration proposée ?

Les exploitants réaliseront eux-mêmes les travaux de l’amélioration. Le coût cumulé des désherbants (80 € de Roundup + 30 € de Gratil), des semences (305 €) et de l’engrais (15 €) s’élève à 430 € pour 1,5 hectare. Le coût de l’opération, si la main-d’œuvre était rémunérée, est de 746 € pour 1,5 hectare.
 
L’intensification de la production de cette prairie, avec une augmentation de rendement de 1 tMS/ha, engendrera des charges supplémentaires mais permettra également de vendre 1,5 tMS de foin supplémentaire par an, puisque l’exploitation était déjà excédentaire en foin. En se basant sur un prix de vente moyen du foin à 150 €/t, l’amélioration proposée permettra donc un produit supplémentaire de 225 € par an.

L’investissement engendré par la rénovation de cette prairie sera ainsi rentabilisé en environ deux ans (430 € / 225 €).

La rénovation de cette prairie permettra de répondre aux attentes des exploitants, qui consistaient à améliorer le rendement de cette prairie fortement dégradée tout en assurant sur cette parcelle, proche du bâtiment des vaches laitières, un pâturage précoce sur une herbe de qualité.
 

Les deux étudiants, Quentin Boccagny et Marie THIROUIN, lauréats du concours prairie 2014-2015 entourant leur professeur, Magali PRADAL, enseignante à l’ISETA de Poisy (74)
Les deux étudiants, Quentin Boccagny et Marie Thirouin, lauréats du Concours prairie 2014-2015,
entourant leur professeur, Magali Pradal, enseignante à l’Iseta de Poisy (74). DR

 

1div class="articles-similaires-titre">Dans la même rubrique

Ajouter un commentaire

Plain text

  • Aucune balise HTML autorisée.
  • Les adresses de pages web et de courriels sont transformées en liens automatiquement.
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.
Image CAPTCHA
Saisir les caractères affichés dans l'image.