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Pourquoi rationner les génisses l’hiver ?

La croissance compensatrice est donc une conduite qui peut se mener sans risques sur les génisses laitonnes si le poids au sevrage est atteint et que la restriction hivernale est modérée.

Vos vaches sont dehors ou elles vont l’être dans quelques jours ? Et si vous pensiez déjà à l’hiver prochain ? Rationner les génisses l’hiver, c’est faire des économies de fourrages et de concentrés mais aussi optimiser les croissances sur le pâturage suivant. C’est ce qui ressort d’une étude menée par l’Institut de l’élevage sur la croissance compensatrice de génisses laitonnes charolaises âgées de 8 à 14 mois.
L’étude mise en place à la ferme expérimentale des Etablières, en Vendée, s’est déroulée sur trois hivers consécutifs. Deux niveaux de croissance hivernale ont été comparés dans l’objectif de créer un écart d’au moins 20 kg à la mise à l’herbe : un lot rationné à 500-600g/j (R) et un lot non rationné à 750-850 g/j (NR).
Pour les deux premières séries, l’alimentation hivernale était constituée d’ensilage de triticale-pois, d’ensilage de maïs et de paille complémentés avec du triticale et du soja. Pour la troisième série, l’ensilage de triticale-pois a été remplacé par de l’ensilage d’herbe. À la mise à l’herbe, toutes les génisses étaient ensemble dans les mêmes parcelles en pâturage tournant.
 
Quelles sont les quantités ingérées durant chaque hiver ?

Les génisses rationnées pèsent en moyenne 28 kg de moins que celles non rationnées à la mise à l’herbe. En revanche, elles rattrapent leur retard au pâturage et ne totalisent à la fin août que 7 kg de retard par rapport aux non rationnées.

Ainsi, sur les trois années, le taux de compensation atteint 76 %. Les différences entre les séries s’expliquent par un écart de poids à la mise à l’herbe plus importants sur les deux premières séries (29 et 34 kg contre 20 kg pour la 3e série) et un été très favorable à la pousse de l’herbe pour la dernière série. "Ainsi 100 g/j de croissance hivernale supplémentaire entraine 60 g/j de croissance en moins durant le pâturage de fin printemps, début été", indique l’Idele.

Ainsi, l’Idele résume : "La croissance compensatrice est donc une conduite qui peut se mener sans risques sur les génisses laitonnes si le poids au sevrage est atteint et que la restriction hivernale est modérée." Ici les génisses ont mangé 1,5 kg de MS en moins par jour sur la période hivernale de 130 jours ce qui représente une économie de 190 kg de MS. Les croissances au pâturage sont ainsi optimisées le tout sans dégrader les performances de reproduction futures ni la morphologie de la génisse.

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