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Maïs fourrage

Pyrale : ne pas relâcher la vigilance

Publié le 14/05/2020 par Hélène Flamant
En situation très infestée, les dégâts liés à la pyrale peuvent provoquer des chutes de rendement supérieures à 1tMS/ha sur maïs fourrage. CP : Pixel6TM

Des panicules ou des tiges cassées, des épis perforés… la présence de la pyrale peut être observée dans de nombreux secteurs de culture du maïs fourrage, y compris dans le Nord de la France. « La pression plus faible de la dernière campagne ne doit pas conduire à relâcher la vigilance, car la nuisibilité liée aux dégâts de pyrale peut être significative », rappelle Arvalis-Institut du Végétal dans un communiqué.

Les dégâts occasionnés par les larves de pyrale sont de plusieurs natures : perte de rendement par défaut d’alimentation de la plante ou par perte d’épis (casse de tige ou de pédoncule), perte de valeur alimentaire par défaut de remplissage du grain et baisse de qualité de la partie tige + feuilles, risque d’installation des fusarioses et donc production possible de mycotoxines.

Compte tenu de la précocité de la date de récolte, nous pourrions penser que l’impact de la pyrale est moins important sur maïs fourrage que sur maïs grain. Les essais conduits par Arvalis montrent cependant une nuisibilité non négligeable. En situation de pression moyenne et en absence de traitement, nous enregistrons une perte de rendement de l’ordre de 5 % (moyenne 10 essais), soit 750 kg MS pour un maïs à 15 t MS/ha. En situation très infestée, la perte de rendement peut être supérieure à 1 t MS/ha, avec des teneurs en mycotoxines qui peuvent poser des problèmes d’utilisation par les animaux.

La lutte prophylactique en priorité

La pyrale hiverne à l’état de diapause dans le bas des tiges de maïs passe très bien l’hiver, même les plus froids. Pour réduire les populations, un broyage des cannes, fin et au ras du sol, est indispensable, sitôt la récolte des parcelles de maïs grain. L’enfouissement des résidus réduira encore les chances de survie des larves. Pour être pleinement efficace, cette technique doit être mise en œuvre sur toutes les parcelles de maïs grain dans un secteur donné, voire sur les chaumes des parcelles de maïs fourrage les plus infestées.

La décision de traiter doit être prise en fonction des observations réalisées l’année précédente. Les situations les plus à risque concernent les parcelles avec un historique de dégâts, celles en succession maïs/maïs ou avec une gestion insuffisante des résidus. Le bulletin de santé du végétal fournit des informations pour caractériser le risque à l’échelle d’une petite région (indicateur : nombre de larves ou de galeries par plante à la récolte).

Traiter dans les situations les plus à risque

Les producteurs disposent de deux techniques de lutte directe ayant fait leurs preuves : une solution de biocontrôle, des trichogrammes, ou des insecticides de synthèse. Quelle que soit la technique utilisée, son efficacité dépendra du bon positionnement du produit. Les trichogrammes visent les premières pontes et doivent donc être positionnés en début de vol de papillons de pyrale. Les insecticides ont une action essentiellement larvicide. Ils doivent être positionnés au plus proche du pic de vol de pyrale afin de toucher le plus grand nombre de larves possible.

Les trichogrammes sont naturellement plus sensibles aux conditions d’application. Au contact du sol, exposés à la chaleur, leur efficacité peut être fortement réduite. En cas de lâchers précoces sur des maïs peu développés, les diffuseurs doivent être accrochés à des tuteurs ou protégés par un étui. Dans ce cas de lâchers sur maïs peu couvrants, la forme capsule est déconseillée. Dans des bonnes conditions de mise en œuvre, ce moyen de lutte présente une efficacité comparable aux insecticides conventionnels. Le coût est de l’ordre de 38 à 45 €/ha en application manuelle (environ 5 ha/h), contre 25 à 50 €/ha avec les insecticides de synthèse, coût du passage compris.

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