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Réussir son semis ou son sursemis de prairies

Publié le 23/07/2018 par Hélène Flamant dans
 Il faut vérifier fréquemment la profondeur de semis. Photo : DR

Chacun est convaincu de l’intérêt de ressemer les prairies pour une productivité accrue, une qualité maximale et une saisonnalité adaptée à ses besoins. Des outils d’aide à la décision – réglette du Gnis, les www.prairies-gnis.org ou www.herbe-book.org  – sont en libre accès. Il reste ensuite à réussir l’implantation. Voici les conseils de Bruno Osson, du Gnis.

Quelle que soit la méthode de semis ou de sursemis, il existe huit paramètres clés : la chaleur, l'humidité, le bon contact terre-graine et l'accès facile à la lumière pour la jeune plantule, le respect de date possible, la profondeur de semis, la densité et la répartition des graines.

- La chaleur est essentielle pour la germination. L’optimum résidant dans une température du sol comprise entre 15 et 25°. Les températures plus basses ralentissent le développement de la plante et allongent la période où la plantule est vulnérable (au coup de sec ou à la gelée). Cependant, les sols n’ont pas la même prédisposition à se réchauffer, en fonction de l’exposition, de la texture, de l’humidité et de la couleur (terre blanche ou foncée). Ceci est important surtout pour les semis de printemps.   

- L’humidité : elle est déterminante pour provoquer la germination puis pour assurer le développement de la plantule jusqu’à ce que la talle soit complète (en principe 3 feuilles). L’humidité va bien sûr dépendre de la pluviométrie, mais aussi de la texture du sol et des interventions mécaniques dont certaines peuvent assécher.

- Le contact terre-graine : les semences fourragères sont de petites tailles et pourvues de faibles réserves d’énergie. Il faut que les premières radicelles s’ancrent rapidement. Pour ce faire il faut une pression terre-graine assurée par le roulage ou même dans certains cas de sursemis, par le piétinement par les animaux. En l’absence d’un bon contact, on peut parfois retrouver des graines qui ont germé puis qui sont mortes car les jeunes racines ne sont pas parvenues à s’ancrer. On peut parfois rencontrer ce problème de mort de plantules avec des semoirs à disques lorsque le sillon a été trop lissé par le disque et les radicelles ne parviennent pas à s’arrimer.  

- L’accès à la lumière : il est essentiel que la jeune plante puisse se nourrir en ayant accès à la lumière pour réaliser la photosynthèse. Cet accès peut être rendu difficile en cas de sol trop motteux (ce qui favorise par ailleurs les limaces), par la concurrence d’adventices plus rapide d’installation comme le mourron, ou par la repousse de l’ancienne flore en cas de sursemis.

Viser 1000 graines/m²

- La date de semis : Pour optimiser la réussite, il va falloir se déterminer les périodes dans l’année où il est possible de semer. Ces périodes vont dépendre de la zone géographique et de la vitesse d’installation de l’espèce. Au printemps, il faut estimer d’une part la date à partir de quand il est possible de semer pour éviter les gelées tardives et d’autre part jusqu’à quelle date pour éviter les premiers coups de sec de l’été. En fin d’été, dès qu’un peu d’humidité se présente et jusqu’à une date où la plantule sera assez développée avant les premières gelées.

Vitesse d'installation des principales espèces.
  Semis-levée Levée - 1 talle
RGI 5 à 9 jours 21 à 28 jours
RGH 10 à 12 jours 21 à 28 jours
RGA 12 à 15 jours 28 à 35 jours
Brome 10 à 12 jours 25 à 30 jours
Fétuque élevée 15 à 25 jours 28 à 40 jours
Fétuque des prés 15 à 25 jours 28 à 42 jours
Dactyle 15 à 25 jours 28 à 42 jours
Fléole 15 à 25 jours 56 à 70 jours
Luzerne 10 à 15 jours 15 à 20 jours
Trèfle violet 8 à 10 jours 15 à 20 jours

- La profondeur de semis : les graines sont petites, avec peu de réserve d’énergie. L’optimum de germination se situe à 1,5 cm de profondeur. Dès que le semis est trop profond, les pertes sont conséquentes, de même que le semis en surface (sensibilité au sec).Pour bien gérer la profondeur, il faut semer sur une surface la plus plane possible et bien sur vérifier fréquemment. Il est conseillé donc de rouler avant de semer, et de rouler après le semis.

- La densité de semis : quelle que soit l’espèce, on estime que la densité soit se situer autour de 1000 graines par M². Or, les PMG (poids de mille graines) varient d’une espèce à l’autre. Ils peuvent aussi varier d’un lot de semence à un autre. L’application « prairie le calculateur pour les mélanges prairiaux » (disponible sur Android et et Apple) permet de réaliser cette approche densité/poids de graines.

- La répartition des graines : le semis en ligne présente de petits inconvénients : des interlignes sont parfois long à se refermer et permettent à des adventices de se développer. Le semis des graines sur toute la surface (et non pas en ligne) est à privilégier.

Les éleveurs disposent aujourd’hui d’une vingtaine d’espèces de graminées et de légumineuses, d’une grande diversité de variétés et des outils pour optimiser leur choix. Il est aussi essentiel de réussir l’implantation par ces quelques règles essentielles.
 

Quelques itinéraires techniques type
- Le labour : intéressant dans le cas de prairie assolée avec des cultures annuelles. de travail important et consommation d’énergie. Il nécessite de passer au préalable un outil type rotavator pour broyer le mulch et le mat racinaire avant d’enfouir. Puis il faut ameublir, aplanir, semer et rouler à nouveau.
- Le semis direct : le principe consiste à détruire l’ancienne flore avec un désherbant total systémique, puis après 1 à 3 semaines, d’utiliser un semoir qui va permettre de semer malgré la présence du mat racinaire : semoir à disques ou à dents étrilles, en veillant à semer dans le minéral et non pas dans la matière organique morte.
- Le semis de printemps après un désherbage systémique total d’automne :   cette technique permet de bénéficier du meilleur outil du sol en prairie : le ver de terre, dont l’hyperactivité va aboutir au printemps à un sol nu, affiné sur lequel il suffit de semer avec un semoir ordinaire et de rouler. Le temps de travail et l’énergie est réduit et la parcelle revient dans le cycle de production en fin de printemps quand l’herbe commence à diminuer par ailleurs.
- Le scalpage de la prairie : le principe est d’utiliser un outil rotatif qui va couper les plantes à 2 ou 3 cm sous le plateau de tallage et faire un peu de terre fine, puis de semer et de rouler.

 

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