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Maladie de Mortellaro

Seul le parage soulage de la dermatite digitée

 D’après le vétérinaire Jean-Michel Bonnefoy, il est moins onéreux de réaliser deux parages fonctionnels par an que de mettre en place un pédiluve. Photo : DR

Voilà 40 ans que la maladie de Mortellaro, ou dermatite digitée, a été identifiée. Aujourd’hui encore, il n’existe pas de véritable remède comme l’expliquait Jean-Michel Bonnefoy, docteur vétérinaire, lors des journées nationales des groupements techniques vétérinaires (GTV).

L’humidité étant l’un des éléments déclencheurs de la dermatite digitée, les animaux conduits en hors-sol pendant la période de lactation y sont particulièrement exposés. Jean-Michel Bonnefoy évoque toutefois une alternative potentielle dans ce cas pour limiter l’apparition de lésions :

Afin d’éviter que les animaux circulent en permanence sur un sol humide, il est nécessaire de multiplier les passages de racleurs dans les allées des bâtiments. Malgré tout, ces passages répétitifs ont l’inconvénient de souiller les pattes par des éclaboussures plus nombreuses. Des souillures qui sont autant de foyers infectieux potentiels pour les bactéries anaérobies responsables de la dermatite digitée.

Éviter le pédiluve

Quand Jean-Michel Bonnefoy estime qu’aucun traitement n’est actuellement efficace pour éradiquer la maladie de Mortellaro, il vise particulièrement les pédiluves :

Avec plus de quinze ans de recul, l’utilisation de pédiluves pour réduire la fréquence de dermatite digitée dans un troupeau est peine perdue. Bien au contraire, les essais ont montré que la mise en place d’un pédiluve a tendance à maintenir la pression des agents pathogènes.

Pour être efficace, un pédiluve doit répondre à plusieurs commandements très rarement mis en œuvre dans les exploitations laitières :

  • nettoyer les pieds des vaches avant le passage dans le pédiluve. La saleté inhibe le désinfectant;
  • diluer la solution selon les recommandations du fabricant;
  • renouveler la solution désinfectante tous les 100 à 150 passages;
  • maintenir les animaux sur un sol propre pendant 30 minutes après le passage;
  • passer quatre traites consécutives au moins deux fois par mois;
  • assurer une hauteur de bain de 12 cm et une longueur de bac de 3 m;
  • positionner le pédiluve dans le couloir de sortie de la salle de traite.

Préférer le parage fonctionnel

Au regard des contraintes d’un pédiluve et de son efficacité quasiment nulle sur la maladie de Mortellaro, Jean-Michel Bonnefoy privilégie un traitement local. Ainsi, le parage fonctionnel, allié à la détection précoce des lésions, est le meilleur moyen de soulager, voire de guérir un animal atteint de dermatite digitée.

Sans parage, il n’est pas possible d’envisager la guérison. De plus, il est moins onéreux de réaliser deux parages fonctionnels par an que de mettre en place un pédiluve.

Mais le parage ne se fait pas sans effusion de sang. La dermatite digitée creuse des cavernes de forme spongieuses où se développent les bactéries responsables des maux. Les germes étant anaérobies, il est donc essentiel de les mettre au jour pour les éliminer.
Un parage curatif ne doit pas s’arrêter avant d’avoir atteint le derme sain. Il faut éliminer la corne décollée et noircie. L’hémorragie est également le signe que les germes sont exposés à l’air libre et donc sujets à être détruits. Mais il s’agit d’un passage obligé pour apaiser la douleur de l’animal.
 

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