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Production fourragère 2020

Un bilan fourrager contrasté selon les régions

Publié le 01/10/2020 par Marie Dominique GUIHARD dans
Certaines régions comme le Nord-Est, la Bourgogne, le Sud-Est et le nord du Centre-Val de Loire ont beaucoup souffert de la sécheresse. (Ici stockage de fourrages dans une exploitation de Maine-et-Loire). CP : DR

L’année atypique, chaude et sèche, a compliqué la production de fourrages. Les régions ayant été diversement impactées, la gestion à l’automne reste difficile dans certains secteurs.
 
La sécheresse a ralenti la pousse de l’herbe dès le début de l’été, avec un déficit particulièrement marqué sur un grand quart Nord-Est. Ainsi, l’Institut de l’élevage note qu’au 20 juillet, plus de 40 % des régions fourragères étaient déficitaires, dont 25 % en déficit marqué. Et au 20 août, la situation s’était encore aggravée, avec 55 % des régions fourragères en situation de déficit, dont 38 % en déficit sévère.
L’institut rappelle que dans certaines régions, les températures ont été supérieures à la normale de 6 à 12 °C à partir de la mi-juillet. Ainsi, elles ont été habituelles à l’Ouest ainsi que dans les Pyrénées et dans les Alpes, mais elles se sont révélées supérieures de l’Occitanie au Nord/Nord-Est. Par ailleurs, le mois de juillet a été marqué par des précipitations très faibles sur la quasi-totalité du territoire (déficit de 70 % au niveau national, qui a souvent dépassé 80 voire 90 % du Nord-Est aux Pays de la Loire et au Sud-Ouest). En moyenne, sur le trimestre et à l’échelle nationale, la pluviométrie a été déficitaire de près de 15 %. À partir d’août, des disparités importantes ont été notées quant à la pluviométrie.  

Des disparités régionales

La situation s’est globalement améliorée dans les côtes de la Manche et de l’Atlantique, ainsi que dans les Alpes du Nord. En revanche, la sécheresse s’est accentuée dans le Sud-Est. Ces disparités météorologiques impactent forcément les récoltes de fourrages. Selon certaines sources d’Idele et des chambres d’agricultures, le tour d’horizon des régions montre des contrastes importants dans la production de fourrages. Avec des alternances de périodes sèches et pluvieuses sur le début d’année, les températures basses ont perturbé la pousse de l’herbe. Si l’Ouest (Bretagne, Pays de Loire et Basse-Normandie) semble avoir eu des conditions favorables, l’Est mais aussi la région Rhône-Alpes et la Bourgogne ont subi la sécheresse estivale sur les prairies et sur le maïs. Les cultures de soudure n’ont pas toujours pu s’installer dans de bonnes conditions et jouer leur rôle.

Des déficits fourragers très marqués et exceptionnels sont observés localement (dans les Ardennes, en Haute-Normandie, dans le nord du Centre-Val de Loire). Pour les régions les plus touchées, aux déficits fourragers sur prairies s’ajoutent de faibles rendements en paille, une offre de pulpes de betteraves basse et des rendements maïs parfois faibles ou hétérogènes… Selon les prévisions des trois prochains mois, le trimestre devrait être plus doux que la normale sur une large moitié sud de la France, et plus globalement sur tout l’ouest du bassin méditerranéen. Le scénario le plus probable est celui d’un automne plus sec que d’ordinaire dans toute l’Europe du Sud et l’Afrique du Nord. 

Les recommandations de l’Institut de l’élevage pour cet automne : 

- en l'absence de pluie, un affouragement majoritaire, plusieurs options sont possibles. Les animaux continuent de tourner à raison d’une rotation inférieure à 2 UGB/ha si les parcelles sont facilement accessibles au pâturage. Si ce n’est pas le cas, un resemis sera probablement nécessaire pour compenser la détérioration de la prairie dite "de parking" ;

- avec le retour des pluies, et pour éviter les problèmes de portance, l’éleveur peut choisir de donner accès aux parcelles de manière fragmentée (ex : 4 h/jour). Les parcelles en coteaux ou sur sol drainant seront évidemment privilégiées. Idéalement, deux semaines de repousse sont nécessaires avant le retour au pâturage pour gérer les à-coups de la pousse de l’herbe.   

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