La référence technique au service des éleveurs

Bien-être animal

Un débat de société très médiatisé

Le bien-être animal assure aussi le bien-être de l'éleveur. Photo : N.Tiers/Pixel image

Le bien-être animal est un état physique et mental de l’animal qui découle de la satisfaction de ses besoins physiologiques et comportementaux essentiels et qui prend en compte ses capacités d’adaptation selon la définition de l’Anses.

En pratique, un animal ne doit être sujet ni à la faim ni à la soif, ne doit pas ressentir de douleur ni être malade sans soin, ne pas être soumis à la peur et au stress, ne pas se retrouver en situation d’inconfort et être en mesure d’exprimer son comportement naturel. L’animal d’élevage doit être dans de bonnes dispositions pour ressentir des émotions positives comme l’explique Luc Mirabito, chef projet bien-être animal au sein de l’Institut de l’élevage à l’occasion de la foire de Châlons-en-Champagne. Bruno Dufayet, président de la commission enjeux sociétaux au sein d’Interbev, précise sa position à ce sujet :

Le bien-être animal n’est pas une contrainte pour nous. Nous avons tout intérêt à l’améliorer dans nos filières. Et c’est à nous seuls, éleveurs et abatteurs, de porter ces questions de bien-être animal.

Le bien-être demande une adaptation de tous les jours de la part des éleveurs, mais il est indispensable : Un animal mal élevé est un animal qui ne produit pas. Luc Mirabito va plus loin :

Le bien-être de l’animal assure le bien-être de l’éleveur !

Pour Olivier Devloo d’EMC2 Élevage, cela va bien au-delà de la condition même de l’animal :

Le bien-être animal est aussi un enjeu économique fort pour nous.

Tous les professionnels sont conscients de l’importance du bien-être animal. Chacun à son niveau le pratique du mieux qu’il le peut mais oublie souvent de communiquer sur le sujet. Or, c’est précisément ce dialogue avec la société qui fait défaut et qui engendre des actions comme celles de l’association L214.

Un gouffre sépare les professionnels de la société

La première des communications est auprès de la famille et des voisins selon Bruno Dufayet :

Cette cible est parfois la plus difficile à convaincre des efforts consentis par les professionnels de l’élevage. Je suis également effaré que le dialogue avec la société ne soit pas une matière à part entière de la formation agricole !

Le monde agricole français a pourtant des arguments à faire valoir dans le domaine du bien-être animal. Si certains pays de l’Union européenne ont été plus loin que la France sur certains aspects, l’Hexagone reste parmi les bons élèves en la matière. L’Europe est en avance dans ce domaine et les États-Unis comme la Chine sont en train de perdre de la compétitivité à cause de ce point très précis. Pour autant, il est difficile d’argumenter sur le sujet face à la population selon Luc Mirabito :

L’éloignement toujours plus important entre l’homme et l’animal accroît la vision très égalitaire entre les deux. Ce qui rend la mise à mort plus difficile.

Étienne Gangneron, vice-président de la FNSEA, complète :

Le fossé qui existe entre le monde agricole et le monde urbain est bien plus grand que ce que nous imaginions. Le débat sur le bien-être animal est avant tout médiatique.

Le président de la commission enjeux sociétaux au sein d’Interbev ne prend qu’un seul exemple pour illustrer ce fait :

Les associations de défense des animaux pointent du doigt l’augmentation des cadence d’abattage comme source d’accroissement du mal être animal sans aucune preuve à l’appui. Elles proposent alors l’abattage à la ferme qui serait mieux pour le bien-être animal selon elles.

Au-delà de ces arguments, il faut savoir que l’enjeu des associations de défense des animaux est avant tout de recruter des adhérents pour accroître leurs ressources financières. Étienne Gangneron en est persuadé :

Le bien-être animal est un sujet sur lequel il est possible de faire le buzz. Qui dit buzz, dit être mis en avant par les médias. L’association L214 l’a très bien compris. Elle a d’ailleurs mis la barre très haute de suite. Cette conduite s’est traduite par un durcissement des actions d’autres associations avec lesquelles nous pouvions discuter jusqu’alors. Ce n’est désormais plus le cas. Il ne faut pas se voiler la face, les associations de protection de l’environnement ne vont pas tarder à prendre l’élevage comme cible. Pour toutes ces raisons, il ne faut absolument pas lâcher sur les efforts menés en termes de bien-être animal et surtout sur l’aspect philosophique. Mais on peut regretter que pour l’instant, le bien-être animal est un sujet traité exclusivement entre professionnels. Il existe beaucoup d’endroits où nous ne sommes malheureusement pas invités pour évoquer ce sujet avec le reste de la population.

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