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Pomme de terre

Une ration qui donne la patate !

La pomme de terre un coproduit adapté aux bovins. CP : L.Page/Cniel

En France, l'une des conséquences de la crise du Covid-19 est un surplus de pommes de terre estimé à 450 000 tonnes. Alors que le Groupement interprofessionnel de la pomme de terre (GIPT) demande une aide d’urgence pour la filière, l’Institut de l’élevage propose de valoriser cette production dans l’alimentation des bovins.
 
Avant de se tourner vers ce coproduit, l’éleveur doit définir la place qu’il souhaite lui donner dans son plan de rationnement : s’agit-il d’une solution de dépannage – sécheresse, stocks insuffisants ? D’une réaction face à une très bonne opportunité – prix attractif ? Ou encore d’une utilisation régulière ?

Bien réussir sa transition alimentaire

Afin d’incorporer la pomme de terre dans la ration de la meilleure des façons, une transition alimentaire est nécessaire. Par conséquent, il est conseillé d’augmenter progressivement les quantités distribuées afin d’éviter des troubles digestifs. Pour assurer une transition adaptée, l’éleveur doit donc prévoir les stocks nécessaires pour assurer un apport continu, sans rupture des apports et sans oublier de toujours vérifier les performances zootechniques. La transition se fait idéalement sur trois semaines en augmentant la quantité par palier tous les trois à quatre jours. 
 
La pomme de terre pour tous les bovins
D’après l’Idele, les pommes de terre entières peuvent être utilisées dans la ration des bovins et assurent de bonnes performances zootechniques, aussi bien en production laitière que chez les bovins viande ou chez les jeunes animaux. 
Pour des vaches laitières, la proportion maximale ne doit pas dépasser 20 à 25 % de la matière sèche totale en pomme de terre. En pratique, et pour sécuriser la ration, il est recommandé de ne pas dépasser 10 kg brut de pomme de terre par vache et par jour, et en proposant une ration bien mélangée. Par ailleurs, si la ration contient moins de 25 % d’amidon et est suffisamment fibreuse, la quantité pourra être sensiblement augmentée. 
 
Exemple de ration pour vaches laitières, kg brut :
 

Composant Poids
Ensilage de maïs 37 kg
Ensilage d'herbe 5 kg
Pomme de terre 10 kg
Correcteur azoté (tourteau colza) 5 kg
Concentré énergétique 1,5 kg
Minéral 250 g 

Intégrer les pommes de terre dans la ration des animaux à l'engraissement

Pour des animaux à l’engraissement, la proportion peut se situer respectivement aux alentours de 30 à 35 %. Les pommes de terre sont très souvent utilisées en remplacement d’autres sources énergétiques provenant des concentrés. Les mêmes précautions doivent être prises pour la transition et pour les quantités apportées.
 
Exemple de ration pour engraissement, kg brut :
 

Composant Poids
Pomme de terre 10 kg
Pulpe de betteraves surpressée 2 kg
Correcteur azoté (tourteau colza) 1,5 kg
Urée alimentaire 100 g
Minéral 100 g
Sel 40 g

Une bonne valeur énergétique

Concernant les performances laitières, de nombreux essais montrent un maintien de la production, un taux butyreux pouvant légèrement augmenter et un maintien du taux protéique. 
Les pommes de terre possèdent une valeur énergétique qui se situe entre 1,26 UFL/kg MS et 1,31 UFV/kg MS. En revanche, les valeurs azotées sont plus faibles, avec 11 % de MAT. Le PDI, quant à lui se situe à 81 g/kg MS.  
 

Valeurs nutritives des coproduits de l’industrie de la pomme de terre (source : tables Inra18)
Valeurs nutritives des coproduits de l’industrie de la pomme de terre (source : tables Inra18)

Une conservation en silo

Autre point primordial pour tirer les meilleurs bénéfices de la pomme de terre, la maîtrise du stockage en ferme. Pour celle entière, l’Idele conseille une conservation en silo couloir ou taupinière, voir en silo sandwich. Cependant, il est difficile de bien tasser les silos à cause de la faible teneur en matière sèche. Il est donc recommandé de lisser la surface avec une bâche plastique de bonne qualité. La durée de stockage ne doit pas excéder quatre à cinq mois et reste variable en fonction de la météo. De fortes chaleurs peuvent notamment entraîner une forte dégradation des pommes de terre stockées sur des plateformes non couvertes.

Pour en savoir plus, cliquez ici ! 

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