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Prairies multi-espèces

Vers des mélanges plus stables dans le temps et plus riches en protéines

Les malanges multi-espèces vont évoluer pour être plus stables dans le temps et plus riches en protéines grâce à l'indroduction de variétés aux caractéristiques différentes en temes de pic de production. ©Hélène Grare

Les travaux réalisés par l’Inrae en collaboration avec Jouffray-Drillaud montrent que dans un mélange, plus le nombre d’espèces et de variétés est important, plus il sera résilient en condition climatique difficile.

Comment faire face au changement climatique tout en limitant les intrants dans la culture de sa prairie ? Les objectifs sont connus : pratiquer les rotations, maintenir et développer les haies, implanter des bandes enherbées et favoriser la diversité des cultures sur le plan spatio-temporel. L’hypothèse du programme de recherche Praise, dirigé par Isabelle litrico de l’Inrae de Lusignan, d’agir aussi sur la diversité des variétés et des espèces au sein de la prairie s’est avérée concluante. Jouffray Drillaud qui a participé à ces travaux commence à proposer des mélanges issus du résultat de ces recherches. Dans un essai réalisé à Saint Sauvant (86), cinq types de mélanges prairiaux ont été testés. Un mélange commercial de graminées et de légumineuses a été comparé à un mélange composé de variétés élites, de variétés type sud, de multiples variétés mais proches les unes des autres et enfin, un mélange multivariétal avec des variétés proches et distinctes. Résultat, ce dernier mélange a donné toutes les satisfactions.

Le mélange plus stable dans le temps

La diversité des espèces améliore la production mais la diversité variétale ne joue pas sur la biomasse annuelle. Celle-ci intervient sur la stabilité dans le temps du mélange.  

Cinq ans après le semis, le mélange le plus complexe, affirme Jean-Louis Durant, directeur de l’unité de recherche pluridisciplinaire prairies plantes fourragères de l’Inrae de Lusignan, a réussi à maintenir la stabilité des espèces de graminées et de légumineuses.

Les chercheurs ont montré une corrélation entre l’équilibre génétique des espèces (variétés différentes) et la synchronie.

Plus les espèces sont synchrones dans leurs pics de production, précise le chercheur, moins le mélange est stable dans la durée. 

Plus la synchronie diminue, plus la complémentarité temporelle joue et améliore l’équilibre d’abondance des espèces mais aussi de la biomasse cumulée dans le mélange. Ainsi, après les cinq années de production, le mélange le plus complexe contenait encore 30 % de légumineuses. L’essai a montré ainsi qu’il n’était pas suffisant d’associer les variétés élites présentes sur le marché pour assurer la stabilité du mélange.

Des pics de production différents nécessaires 

Alors, comment choisit-on les variétés pour constituer ce mélange complexe ? Quels en sont les critères de sélection ? Jouffray Drillaud a intégré les résultats du projet Praise dans son schéma de sélection. En raison des règles du CTPS qui rejette toute variété qui n’est pas stable dans le temps, le seul choix possible pour un obtenteur est de créer des variétés à la variabilité restreinte que l’on mélange ensuite.

Heureusement, explique Jean-Louis Durand, les critères de sélection observés jusqu’à maintenant sont utiles dans le nouveau schéma de sélection. Le nouveau critère qui est fondamental pour créer des mélanges complexes reste le pic de production des variétés.

Trois mélanges ont été testés chez Jouffray-Drillaud dans le cadre des expérimentations mélanges multi-espèces destinés à la fauche. Dans le mélange M-performance qui comprend déjà sept espèces (fétuque élevée, dactyle, ray-grass anglais, luzerne, trèfle blanc, trèfle violent et lotier) a été ajouté trois à quatre variétés par espèce pour constituer le mélange Praise.

 Après trois années de fauche, 44 coupes et 18 analyses alimentaires sur cinq sites, la diversité intraspécifique du mélange Praise, affirme Cédric Pasquier, responsable projet semence chez Jouffray-Drillaud, montre un taux de protéines plus important pour un même niveau de productivité. Et comme l’Inrae le spécifie, cette diversité intraspécifique maintient chaque espèce durant le cycle d’exploitation. Ce mélange se caractérise par plus de robustesse face aux aléas climatiques. 

Premiers mélanges commercialisés

Jouffray-Drillaud choisit les variétés selon les critères spécifiques de chaque espèce pour constituer ses mélanges multi-espèces. En luzerne par exemple, les variétés se différencient par leur dormance et leur port. En fétuque élevée,  les choix portent sur des précocités et un port différent. En trèfle blanc, il s’agit de varier la taille des feuilles. Chez Jouffray-Drillaud, quelques mélanges commercialisés possèdent déjà les spécificités intraspécifiques. Mais le semencier doit composer avec la réglementation pour les constituer. Le mélange testé avec l’Inrae (36 variétés) ne pourrait pas être commercialisé en l’état puisque la règle stipule qu’un composant d’un mélange doit être au moins supérieur à 5 %.

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