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Génétique

10 ans de sélection génomique

Publié le 06/04/2021 par Hélène Flamant dans
Le génotypage des génisses se démocratise. ©Rolffimages/AdobeStock

Dans le cadre de Grand angle lait, l’Institut de l’élevage a organisé le 26 mars un webinaire sur les apports de la génomique dans la sélection.

Après les premières applications pour la sélection des taureaux il y a 10 ans, c’est maintenant le génotypage des génisses qui se démocratise, grâce à une diminution des coûts. Selon l’Institut de l’élevage, en moyenne 15 % des génisses sont génotypées, et jusqu’à 60 % selon les races et les secteurs. Cette démocratisation répond à un double enjeu : réaliser une sélection intratroupeau pour l’éleveur mais également augmenter et renouveler les populations de référence.

Des index aux prédictions fiables

Les index sont-ils de bons indicateurs des performances futures ? La réponse est oui ! Une étude rassemblant 15 400 génisses prim’holstein, 7 800 montbéliardes et 2 800 normandes génotypées à moins d’un an (2016), et ayant eu leurs premières productions en 2018 et 2019 le confirme. Pour chaque race, les génisses ont été réparties en classes d’index, et leur performance moyenne comparée aux performances attendues. Que ce soit en production laitière, en taux cellulaire, en fertilité, ou en morphologie, on retrouve des écarts entre classes d’index similaires à ce qui était attendu. Par exemple, explique Sophie Mattalia, chef de service à l’Institut de l’élevage, « on attendait une différence de 1200 kg lait entre les moins bonnes classes et les meilleures, et on a obtenu une différence de 1300 kg lait ».  Cependant, elle précise que pour une même classe d’index, il peut y avoir une variabilité entre les vaches car « la génétique n’explique pas tout ».
 


Production obtenue en fonction des classes d’index génomiques. Source : Institut de l'élevage, UMT eBIS


 

De nouveaux critères de sélection

La taille des populations de référence est très importante pour la précision de ces index. Avec la démocratisation du génotypage des génisses, cette taille a augmenté dans toutes les races, y compris régionales. De plus en plus de critères peuvent être évalués, puis sélectionnés. Ainsi, de nouveaux objectifs de l’éleveur pourront rentrer en ligne de compte, comme la résistance à la paratuberculose, la santé des pieds, les risques d’acétonémie, l’efficience alimentaire ou encore la fromageabilité du lait ou la résistance à la chaleur.

Attention à la consanguinité

Si la génomique s’avère un outil puissant pour la sélection, il faudra être vigilant quant à la baisse de diversité génétique, et les problèmes de consanguinité que peuvent impliquer un intervalle de génération plus court. Sophie Mattalia indique ainsi une forte accélération de la consanguinité depuis le début de la sélection en holstein. Didier Boichard estime que l’impact d’un intervalle de génération court doit être « compensé par un nombre de taureaux diffusés nettement plus élevé qu’auparavant, ce qui pourrait être rendu possible par la diminution du coût unitaire du taureau mis en marché ».

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