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Réduction des gaz à effet de serre

2030-2050 : une baisse inévitable du cheptel bovin

Selon tous les scénarios, le cheptel français sera réduit d’ici à 2050 dans des proportions totalement différentes selon les cas. Photo : N. Tiers/Pixel image.

Un degré Celsius en plus sur la planète et c’est une migration du climat de 180 km vers le Nord selon certaines études scientifiques. Une chose est sûre, il faudra faire avec le réchauffement climatique ou l’endiguer. Pour en réduire l’ampleur, il a été envisagé dans les plus hautes sphères de l’État français de réduire nos émissions de gaz à effet de serre (GES) par quatre d’ici à 2050.

Si le secteur agricole n’est pas le seul à devoir faire des efforts, sa part dans la consommation de l’énergie française (environ 20%) implique un changement de pratiques. Il existe à ce jour trois exercices prospectifs énergie-climat pour l’agriculture :

Chacun de ces ouvrages fait état de la contribution potentielle de l’agriculture dans la réduction des GES à échéance 2030 et/ou 2050. Les grandes cultures y sont étudiées autant que l’élevage. Pour ce dernier, les perspectives d’évolution sont sans appel selon Amélie Séguret, consultante sénior à Carbone 4, qui a épluché les différents scénarios :

Les six scénarios proposés envisagent tous une réduction du cheptel français liée en partie à la diminution de la consommation de viande et de produits laitiers par la population. Tous soupçonnent également une intensification de l’élevage avec une augmentation de la production de viande et de lait par tête de bétail.

Le scénario Afterres 2050 est le plus pessimiste. Il prévoit une réduction drastique du cheptel bovin: 60% d’animaux en moins par rapport à l’effectif actuel. Ses auteurs évoquent aussi un basculement des races spécialisées vers des races mixtes lait/viande. L’élevage d’animaux dédiés à la production de viande deviendra anecdotique. En parallèle, la diminution du cheptel libérera des prairies qui auront alors une vocation énergétique et leur récolte alimentera des méthaniseurs pour la production d’énergie.

Ce serait  un retour aux sources en quelque sorte. Au commencement de l’agriculture, les prairies servaient à nourrir les animaux qui tractaient les outils de la ferme et donc les transformaient en énergie. Dans le futur, cette valorisation sera plus directe.

Boule de cristal

Le scénario de l’Ademe, quant à lui, envisage une baisse de l’effectif de bovins davantage liée à la diminution de la consommation de viande et de lait. Ainsi, elle ne serait que de 10% à horizon 2030, et du double à horizon 2050.

Selon les scénarios proposés par le ministère de l’Agriculture, la réduction du cheptel français s’échelonne de -1 à -17%. Celui intitulé "agriculture duale" est le plus pessimiste. Pour autant, il ne s’accompagne pas de réduction d’émission de gaz à effet de serre. En effet, la réduction du nombre de têtes de bétail est concomitante à une intensification de l’élevage produisant plus de méthane. De plus, les prairies inoccupées n’ont pas d’usage énergétique, mais sont retournées au profit des grandes cultures. La dépendance des élevages à l’extérieur serait plus forte.

Contrairement au scénario “agriculture écologique” qui promeut le recours massif à l’herbe et à l’autonomie protéique des exploitations d’élevage. Celui-ci n’envisage qu’une baisse de 4% du cheptel. Malgré une baisse du cheptel de 9%, le scénario “agriculture santé” estime de son côté une augmentation de la production laitière de près de 25%.

C’est le scénario “territorialisation” qui reste le moins alarmiste pour l’élevage. Basé sur une crise économique qui perdure, il envisage une régionalisation de l’agriculture avec une recherche d’autonomie locale. Sa perspective est d’ailleurs à un retour des exploitations de polyculture élevage où l’autonomie est le maître mot.

Dans tous les cas, ces différents travaux restent prospectifs. Aucun des auteurs n’a de boule de cristal. Et je suis prête à parier qu’aucune d’entre elles ne se réalisera parfaitement comme elle a été écrite.

En chiffres : élevage à la baisse, mais intensif

Source : Carbone 4 d’après Agriculture Energie 2030, Vision 2030 – 2050 et Afterres 2050

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