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Bien-être animal

Adapter les bâtiments d’élevage au changement climatique

Adapter les bâtiments d’élevage au changement climatique. ©MD.Guihard/Pixel6TM

Dans un webinaire organisé par le Cniel, le groupe « bâtiments d’élevage de demain », conduit par différents acteurs de la filière, a présenté ses résultats sur la ventilation des bâtiments d’élevage. L’objet de l’étude était de trouver des solutions afin de faire face au stress thermique des vaches laitières qui s’accroît d’années en années. 

Michel Lacoste, éleveur laitier dans le Cantal et secrétaire adjoint de la FNPL, a rappelé le contexte : 

« Face aux pointes de chaleur qui sont de plus en plus présentes, un vent de panique amène les éleveurs à faire des investissements. Ils ne sont pas toujours optimisés et des solutions plus simples peuvent être mises en place avant de franchir le cap. »

Différents paramètres à prendre en compte 

Quand l’éleveur souhaite réfléchir sur les améliorations qu’il pourrait apporter afin de limiter l’impact des fortes chaleurs sur les animaux, un plan d’action est à définir. 
Tout d’abord il faut vérifier les conditions d’abreuvement ainsi que l’alimentation. 
Comme le rappelle Dominique Lagel du Bureau Technique de promotion laitière : « L’abreuvement est souvent le parent pauvre dans les bâtiments. »
Afin d’offrir aux vaches la meilleure des expériences, il faut tout d’abord penser à avoir plus de 3,60 m de dégagement en plus de l’abreuvoir. L’été, chaque vache doit avoir à sa disposition 10 cm pour boire tranquillement avec une hauteur d’eau minimale est de 7 cm. Afin que l’eau soit bien consommée, il est préconisé que l'abreuvoir soit à une hauteur de 70-75 cm.
Autre point de vigilance : le débit. Il se situe, dans l’idéal, entre 15 et 20 l/min. De plus, il est recommandé de placer dans le bâtiment un abreuvoir tous les 15 à 20 m maximum. 

« Il faut aussi avoir en tête le nettoyage des abreuvoirs, précise Dominique Lagel. Ils doivent être faciles à nettoyer grâce à des ouvertures ou alors facile à renverser pour le vider. »

Adapter son rythme de distribution de l'alimentation

La deuxième étape du plan d’action concerne l’alimentation. En effet, en période de stress thermique, les vaches voient leur température et leur fréquence respiratoire augmenter. De ce fait, l’ingestion est réduite et le temps de rumination raccourci. La qualité du fourrage est alors essentielle. Après avoir vérifié la conservation des silos, l’étude met en avant l’importance d’adapter le rythme de distribution en privilégiant le matin assez tôt et le soir tard.

« Pendant les fortes chaleurs, on observe un afflux des vaches à l’auge quand la température baisse, observe Dominique Lagel. Dans ce cas, le fait que chaque animal puisse avoir sa place à l’auge est primordial. »

Ne pas minimiser le rayonnement

Autre point très important pour améliorer les conditions d’élevage, l’impact du rayonnement.

« Il faut savoir qu’en moyenne la température augmente de 0,8°C à l’intérieur des bâtiments », explique Bertrand Fagoo de l’Idele.

Pour limiter cet excès de chaleur, il est conseillé d’éviter ou de limiter les translucides sur les rampants, les façades et les pignons orientés sud et ouest. Afin de ne pas les remplacer, il existe de la peinture d’ombrage à base de chaux qui laisse passer la lumière et non la chaleur. 
Concernant la toiture, côté sud, des débords peuvent être mis en place. Ils laisseront passer le soleil bas l’hiver et feront de l’ombre l’été. 
Par ailleurs, une isolation de la toiture peut être envisageable.

« Avec cette technique, il y a un gain possible de 0 à 2 °C en isolant uniquement les rampants sud. Cette opération se révèle plus efficace pour des bâtiments à faibles volumes », précise Bertrand Fagoo.

Un bâtiment sans humidité

Dans le plan d’action, il faudra aussi penser à maîtriser l’humidité du bâtiment. Cela passe par des aires paillées saines, des matières absorbantes sur les logettes et le nettoyage fréquent des aires d’exercice. 
Pour aider à faire baisser l’humidité, la ventilation naturelle et mécanique est à prendre en compte. 
Tout d’abord, lors de la construction des bâtiments, il faut penser à exposer les façades au vent et éviter d’implanter des obstacles, comme des niches à veaux ou des silos, autour des bâtiments. 
Une bonne ventilation naturelle sera plus facile grâce à des débords de toiture qui vont offrir de l’ombre mais également grâce à différentes ouvertures de bâtiment.

« L’objectif en été est de donner de l’air au niveau des flancs des animaux et sur le dos, détail Dominique Lagel. En hiver, les ouvertures sur le haut sont à privilégier par rapport à une ouverture basse. »

Outre enlever du bardage, des solutions de volets existent comme des solutions de bardages coulissants disposés sur un cadre.

Maîtriser la vitesse de l'air

Ces opérations auront alors des conséquences sur les vitesses de l’air. Il faut avoir en tête qu’une ventilation naturelle offre une vitesse de 0,26 m/s qui varie entre 0,17 et 0,30 m/s. La vitesse recherchée se situe entre 1 et 3 m/s en été. La mise en place d’une ventilation mécanique peut aider à améliorer les performances si ce qui a été mis en oeuvre ne suffit pas. Les moyennes enregistrées sont de 0,81 m/s avec des variations entre 0,42 et 1,29 m/s.

Retrouvez ici l'article consacré exclusivement aux solutions de ventilation mécanique.

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