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Élevage

Finie l’importation de viande d’animaux élevés aux antibiotiques de croissance

L’arrêté ministériel interdit, à partir du 22 avril 2022, l’importation et la mise sur le marché en France de viandes et produits à base de viandes issues d’animaux ayant reçu des antibiotiques facteurs de croissance. © Andrey/Adobe stock

Le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation Julien Denormandie a pris, le 22 février, un arrêté ministériel interdisant l’importation et la mise sur le marché en France de viandes et produits à base de viandes issues d’animaux ayant reçu des antibiotiques facteurs de croissance.

L’Union européenne a interdit l’usage des antibiotiques comme facteurs de croissance chez les animaux d’élevage depuis 2006 pour les productions européennes. Face au défi mondial que représente l’émergence de l’antibiorésistance, l’Union européenne a étendu cette interdiction par le règlement (UE) 2019/6 relatif aux médicaments vétérinaires, entré en application le 28 janvier 2022. L’article 118 impose que les produits importés dans l’UE proviennent d’animaux n’ayant pas été traités avec des antibiotiques facteurs de croissance.
Néanmoins, plusieurs actes juridiques doivent encore compléter l’article 118 du règlement relatif au médicament vétérinaire, pour que soient clairement établies les modalités du contrôle sanitaire à l’importation des produits d’origine animale aux frontières de l’Union européenne.
Aussi, dans l’attente de la mise en place des mesures européennes, le nouvel arrêté ministériel met en œuvre certaines de ces dispositions. Cette mesure nationale interdira, à partir du 22 avril 2022, l’importation et la mise sur le marché en France de viandes et produits à base de viandes issues d’animaux ayant reçu des antibiotiques facteurs de croissance.
 
Tout au long de la chaîne d’importation, de transformation et de mise en marché de ces produits, les opérateurs français sont tenus de mettre en œuvre des moyens de maîtrise du risque d’incorporation de viandes et produits à base de viandes ne respectant pas cette interdiction, sous le contrôle des services du ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation.
Il s’agit en particulier de recueillir auprès de leurs fournisseurs des attestations de conformité pour les produits importés de pays tiers de l’Union européenne n’ayant pas interdit l’utilisation des antibiotiques utilisés en tant que facteurs de croissance.
 

« Finies les importations de viandes issues d’animaux élevés à l’étranger aux antibiotiques de croissance ! Cet arrêté, c’est d’abord une question de santé, quand on sait que des pays hors UE, desquels nous importons de la viande, utilisent encore ces antibiotiques de croissance. À force de donner des antibiotiques alors que les animaux ne sont pas malades, les bactéries s'habituent au remède et développent au fur et à mesure une résistance. Résultat : les antibiotiques sont moins efficaces contre certaines bactéries, quand il y en a réellement besoin », commente Julien Denormandie. « Cet arrêté, c’est une application très concrète, dans notre quotidien, de l’approche "One Health", une seule santé, où santé humaine, santé animale et santé végétale sont liées. Et c’est aussi une question économique pour nos éleveurs français et européens qui, eux, n’utilisent plus ces antibiotiques de croissance depuis 15 ans. En parallèle, nous sommes en train d’avancer, dans le cadre de la présidence française du conseil de l’Union européenne, cette interdiction s’appliquera bientôt à l’échelle européenne, avec une mesure-miroir. »

 

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