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Elevage allaitant

Grouper les vêlages pour avoir de meilleurs indicateurs de reproduction

Publié le 09/11/2020 par Claire LAMY GRANDIDIER
Grouper les vêlages pour avoir de meilleurs indicateurs de reproduction. ©Pascal Cointe/AdobeStock

Depuis une dizaine d’années, l’Institut de l’élevage et France Conseil élevage suivent les performances de reproduction des élevages bovin allaitants, sur la base des données Bovins Croissance et Reproscope. Les deux organismes ont mis en évidence les gains apportés par le groupement des vêlages.
 
Concernant les vêlages et leur saisonnalité, sur dix ans, en race charolaise, on observe une progression des vêlages d’automne au détriment des vêlages d’hiver. Depuis ces dernières années, elle est remise en cause au profit des vêlages de printemps. Cette tendance est la même pour la limousine. En blonde d’Aquitaine, au contraire, il y a peu d’évolution sur la saisonnalité avec des vêlages qui restent étalés. Par ailleurs, en races salers et aubrac les vêlages d’hiver sont majoritaires. 

Des élevages classés selon leur niveau de productivité pratique

À partir de résultats du cheptel de Bovins Croissance, en 2018, des élevages résilients avaient été mis en lumière afin d’analyser leur stratégie de reproduction. Ces derniers ont en effet la capacité de maintenir, face aux aléas climatiques et sur cinq ans, des performances techniques intéressantes au niveau de la productivité pratique. 

Trois groupes d'élevages

Ainsi, trois groupes d’élevages ont été caractérisés. Un groupe dit « robuste » avec un niveau élevé de productivité pratique continue dans le temps qui se situe entre 97 et  99 %. Un groupe de productivité « moyen » avec des élevages avec des niveaux intermédiaires avec des fortes variations annuelles. Et pour finir, un groupe d’élevage avec des résultats « faibles » et constants entre 90 et 92 % de productivité pratique. 

« En race aubrac, nous avons identifié 25 % de cheptel dit « robuste » avec en moyenne 99 % de productivité moyenne et à l’opposé, nous nous sommes intéressés à 25 % d’élevage « faibles » dont la productivité pratique moyenne est de 90,5 % », explique Aurélie Blachon, responsable bovin viande à la chambre d’agriculture de Haute-Garonne. 

Des meilleurs indicateurs pour les élevages « robustes »

Sur les années 2013 à 2017, les deux groupes d’éleveurs avaient suivi la même tendance d’évolution au niveau des troupeaux avec huit vêlages de plus à l’issue des cinq ans. 
Les performances de reproduction entre les élevages « faibles » et « robustes », se trouvent au niveau de la mortalité avant sevrage qui est plus faible de 7,6 points pour les élevages « robustes ». L’intervalle vêlage vêlage (IVV) est, quant à lui, diminué de 16 jours et la productivité globale est pratiquement supérieure de 12 % entre les élevages « robustes » et « faibles ». 

Des vêlages d'hiver

Concernant la saisonnalité des vêlages, dans les élevages « robustes », la part de vêlages étalés est deux fois moins importante que dans les élevages à résultats « faibles ». Deux tiers des vêlages se font alors dans la période hivernale et 80% des vêlages sont groupés sur une période de trois mois.
 

Grouper les vêlages : quelles conséquences ?  

La première conséquence est le gain technique qui est relativement important. 

« Plus les vêlages sont groupés, plus faible est la mortalité avec un différentiel de 40 % entre les moins groupés et les plus groupés, qui arrive à 4,6 % dans les meilleurs des cas », indique Aurélie Blachon. 

Lorsque les vêlages sont groupés, les animaux sont gérés en lots avec des surveillances plus importantes et une meilleure maîtrise du sanitaire. 
Autre constat, plus les vêlages sont groupés, plus les IVV sont maîtrisés pour arriver à 372 jours. La surveillance des chaleurs est meilleure et l’alimentation est aussi plus adaptée aux besoins des animaux. 

Des gains économiques par vêlage 

« Ces éléments techniques se traduisent par des gains économiques. Au niveau de la race aubrac, dans l’analyse des données Bovins Croissance, un calcul d’impact économique de l’improductivité permet de chiffrer l’évolution de ces éléments techniques », précise Aurélie Blachon.

 
Ce calcul repose sur trois critères, la mortalité, l’IVV et la croissance des mâles. Le calcul des bonus se réalise sur la base d’écart entre les chiffres de référence de la race et ceux de l’exploitation. À chaque fois, un bonus ou un malus est attribué, en fonction des écarts, afin de donner un chiffre final. Pour la mortalité, l’écart est pris entre le pourcentage de l’exploitation et la mortalité objective qui est de 5 % pour la race. Pour l’IVV le bonus sera attribué en fonction de l’écart avec la référence qui est de 390 jours. L’impact économique sur la croissance des mâles sera comparé par rapport à un poids à 300 jours de 375 kg. 
 
Un bonus, entre 4 et 16 € par vêlage, est observé pour les élevages qui regroupent plus de 80 % des vêlages. Des études ont aussi montré qu’il y a moins de travail quand les vêlages sont groupés et qu’il peut y avoir une plus-value sur la commercialisation avec des lots plus homogènes à la vente.

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