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Couverts permanents

Jouer à l’équilibriste entre culture et couvert

Couvert permanent de trèfle blanc sous colza. Crédit Photo : M. Lecourtier/Pixel Image

La pratique du couvert permanent est un équilibre, un compromis à trouver selon Jérôme Labreuche, animateur du pôle agroéquipement au sein d’Arvalis – Institut du végétal :

Le couvert doit être suffisamment développé pour pouvoir tirer parti de certains bénéfices (effet structurant sur le sol, effet azote, etc.), mais il ne doit pas concurrencer la culture que ce soit au niveau de l’eau, de la lumière ou des éléments nutritifs, en particulier l’azote. C’est pour cette raison que les densités de semis sont plus faibles que pour un couvert solo, surtout pour les espèces hautes.

Le choix des espèces est fondamental en fonction de leur rapidité d’installation (précocité), leur potentiel de biomasse, leur cycle de développement, et des conditions climatiques de la région.

L’idéal est d’avoir un développement de biomasse faible dans la culture mais une croissance explosive une fois la récolte effectuée. Un couvert de 4 t/ha de biomasse à la floraison ou à la récolte du blé c’est trop, il faut plutôt viser une biomasse de moins de 1 t/ha.

Le couvert doit aussi avoir une dynamique de croissance un peu décalée par rapport à la culture. Après la récolte de cette dernière, le couvert déjà bien implanté pourra se développer seul dans l’interculture. Une coupe voire deux pourront alors être envisagées par les polyculteurs-éleveurs avant le semis de la prochaine culture de rente.

Le couple couvert/culture doit tenir compte des conditions climatiques régionales : au Nord, le semis simultané de colza avec des légumineuses non gélives comme le trèfle ou la luzerne marche bien.

Contenir le couvert

Le couvert doit être géré lorsqu’il est trop exubérant, ou lorsque la culture est un peu “faible”. Ce contrôle concerne plusieurs étapes et notamment le semis du couvert : il peut être implanté en amont (voire en place depuis plusieurs années, comme la luzerne ou le sainfoin), puis la culture semée dedans ou semée en même temps. Ce choix a un impact sur la concurrence entre les deux.

Un couvert très développé avant le semis de la culture peut étouffer les adventices. Mais la flore présente a également une influence, attention donc sur les parcelles très sales.

Aux doses pratiquées dans nos essais, le couvert n’est pas suffisant pour limiter le développement de toutes les adventices. L’objectif est de trouver des herbicides qui soient à la fois efficaces pour réguler la flore adventice présente, et sélectifs de la culture.

Depuis quelques années, Arvalis – Institut du végétal a mis en place des essais de screening pour identifier les produits sélectifs : des essais ont été conduits en 2014 et en 2015 sur blé avec différents couverts et un sur maïs avec du trèfle blanc. Outre la sélectivité ils doivent évidemment être adaptés à la flore présente.

Voir aussi :
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