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Filière viande

Le Covid-19 chamboule les marchés de la viande

Les cotations des broutards ont baissé ces dernières semaines. CP : C.Lamy-Grandidier/Pixel6TM

En pleine crise sanitaire, l’Institut de l’élevage fait un état des lieux des filières viande bovine et broutard au sein de l’Union européenne. 

L’Insee, estime que sur un mois de confinement, la production et la consommation vont baisser de 35 %. Cette diminution sera, bien sûr, plus au moins marquée en fonction des secteurs d’activité. En revanche, dans les mêmes conditions, la consommation alimentaire devrait être en hausse de 6 %.

L’indicateur IRI révèle que lors de la semaine 11, les ventes ont augmenté de 41 % et de 12 % pour le frais non laitier (où se trouvent les viandes fraîches), explique Philippe Chotteau, chef du département économie à l’Institut de l’élevage.
À présent, les deux fédérations de distribution FCA et FCD s’attendent à un ralentissement de la consommation par rapport à celle correspondante à la semaine 11. Par ailleurs, ces dernières estiment une augmentation de chiffre d’affaires dans les semaines à venir de 15 à 20 %.

Réorienter les flux 

Avec les différentes mesures de confinement prises dans plusieurs pays européens, et notamment en France, une nouvelle problématique émerge : celle de la réorientation. En effet, les flux de la restauration hors domicile (RHD) se reportent vers d’autres circuits de distribution. 

L’importation de viande bovine en France pour notre consommation était de 22 % en 2019. Or, ces viandes importées allaient en très grande majorité dans la RHD. L’année dernière, nous en avons importé plus de 330 000, indique le chef du département économique. Nous avons encore des stocks, mais ils vont finir par s’épuiser. De plus, les problèmes de contrôle aux frontières occasionnent des délais d’attente considérables. En 2019, la RHD représentait 24 % de la consommation des ménages. La fermeture d’une grosse partie de ce secteur est évidemment un stress majeur pour l’alimentation en viande.

Les cotations des jeunes bovins baissent

Concernant les cotations, pour les vaches, le rythme des abattages en France reste, d’après les données Normabev, assez similaire aux semaines précédentes. Concernant les vaches à viande, le rythme est de + 1% par rapport à 2019. Du côté des réformes laitières, il est légèrement supérieur (de 3 %). 

Par ailleurs, les cotations des jeunes bovins U, O et R ont perdu 2 % en semaine 12. À l’inverse, nous observons une hausse de 6 % des abattages de jeunes bovins de type viande en semaine 11, et une de 15 % en semaine 12.

Les broutards aussi enregistrent une baisse de cotation qui est plus marquée pour les spécimens les plus lourds de type charolais (– 3 % par rapport à 2019). 

Globalement, les cotations se maintiennent car les exports restent similaires, notamment vers l’Italie, indique Philippe Chotteau. Nous observons des fermetures de la moitié des marchés aux bovins vifs. Nous pouvons être confrontés au manque de personnel pour le transport de bovins vifs – certains exportateurs suspendant leur activité – mais, dans l'ensemble, les exportateurs restent sur le marché.

La demande est toujours présente en Italie

Du côté des Italiens, la demande est bien présente pour remplir les ateliers d’engraissement, puisque les abattoirs italiens continuent de fonctionner. Le pays à une consommation de viande fournie à 42 % par des importations en provenance d’Allemagne et de Pologne, où les exportations deviennent de plus en plus compliquées. Les importations de viande de jeunes bovins et de génisses françaises, elles, sont dans une situation intermédiaire.

En Italie, la réorientation des achats vers les GMS et vers les boucheries a eu des conséquences sur la viande de broutard français engraissé en Italie du Nord. Les abattages, qui sont pourtant essentiellement situés à l’épicentre de la crise, en Lombardie, en Vénétie et en Émilie-Romagne, se sont poursuivis malgré d’énormes difficultés, observe le chef du département économie de l’Institut de l’élevage. Les Italiens font état d’une difficulté à écouler les aloyaux, car ces pièces étaient distribuées en RHD. Les abattages des vaches de réforme, qui sont exclusivement destinées à la confection de hamburgers, sont aussi très ralentis. 

Par ailleurs, les envois vers les pays tiers se poursuivent pour le Maghreb. Du fait du confinement humain, la situation en Tunisie est plus compliquée. Des difficultés sont également à noter en Algérie : les prix du gaz et du pétrole baissent, le pays subit donc de grosses pertes économiques et une baisse de son pouvoir d’achat car ces énergies sont l’une de ses seules ressources financières. 

Les cotations s'effondrent dans les autres pays européens 
Du côté de nos voisins européens, le temps n’est pas à la fête. En semaine 12, l’Allemagne a subi l’écroulement des prix de la vache O avec une perte de 13 centimes, et la vache R a suivi le mouvement. Le pays fait aussi face à un énorme ralentissement des flux à l’export comme à l’import. 

En Pologne, les cours de jeunes bovins de type laitiers étaient déjà bas, mais en semaine 12, ils ont perdu 23 centimes du fait de la difficulté à exporter. En effet, 85 % de la production polonaise sont exportés dans d’autres pays européens et dans les pays tiers, explique Philippe Chotteau. 

L’Irlande est aussi très touchée, notamment après la fermeture des McDonald's dans le pays (tout comme au Royaume-Uni) en semaine 12. Pour rappel, l’Irlande exporte 91 % de sa production, dont quasiment la moitié sur le marché britannique. Le pays est aussi l’un des plus grands fabricants de burgers à destination des enseignes McDonald'spour, entre autres, l’Irlande et le Royaume Uni.

Cotations en semaine 12 (du 16 au 22 mars)

Vaches
Va U = 4,38 €/kgéc
Va R = 3,78 €/kgéc
Va O = 3,03 €/kgéc 
Va P = 2,71 €/Kgéc

Jeunes bovins
JB U = 3,95 €/kgéc
JB R = 3,77 €/kgéc
JB O = 3,37 €/kgéc

Broutards
Char U 350 kg = 2,73 €/kg (-2 % par rapport à 2019)
Char U 450 kg = 2,46 €/kg (-3 %)
Lim E 300 kg = 3,03 €/kg (-1 %)
Cr U 300 kg = 2,75 €/kg (-5 %)
Femelle Lim E 270 kg = 2,75 €/kg (-4 %)
Femelle Ch U 270 kg = 2,55 €/kg (-11 %)

 

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