La référence technique au service des éleveurs

Année 2016

Le revenu des éleveurs laitiers en forte chute

En 2016, la baisse du revenu courant avant impôt des exploitations de polyculture-élevage laitier pourrait atteindre 26 000 €/UMO exploitant, pour devenir négatif. Photo : P. Dubreuil, Cniel

Pour la deuxième année consécutive, les revenus des éleveurs laitiers en 2016 chuteraient à des niveaux très bas, selon une pré-estimation (au 31 août) du département économie l’Institut de l’élevage. Dans les exploitations spécialisées de plaine, le revenu 2016 est estimé en baisse de 12 000 € par UMO1 exploitant, pour se situer bien en deçà du niveau de 2009, précédent point le plus bas. Le revenu serait ainsi quasi nul, à 2 500 €/UMO exploitant.
Selon l'Institut de l'élevage :

Comme les exploitations sont aujourd’hui nettement plus grandes et plus endettées, les effets de la crise sont encore plus violents.

 

Une baisse des prix du lait de 26 €/1000l…

Ce nouveau décrochage s’explique par les effets cumulés de trois baisses. Tout d’abord celle du lait, estimée à 26 €/1 000 litres en 2016, soit 8 % de moins qu’en 2015.
 

En région de plaine, le prix annuel moyen du lait standard se situera autour de 280 €/1 000 l, avec cependant des écarts croissants entre les collecteurs. Confrontés à la conjoncture dégradée des marchés des ingrédients laitiers, les transformateurs généralistes, coopératifs comme privés, ont davantage baissé le prix versé à leurs livreurs que les laiteries spécialisées.

 
La baisse de prix du lait de 26 €/1000 litres entraîne une perte de produit de 8 500 € par unité de main-d’œuvre. Cette perte de produit lait s’ajoute à celle déjà observée en 2015 (16 000 €/ UMOex).
 

…et du produit des cultures.

 
À la chute du prix du lait s’ajoutent la baisse des aides mais aussi le repli du produit des cultures de vente, conséquence des mauvaises conditions météo de 2016. L’institut de l’Élevage indique :
 

La baisse des rendements et des prix des céréales entraine une diminution moyenne du produit culture estimée à 3 600 €/UMO exploitant. Les baisses de prix des grains sont constatées sur l’ensemble du territoire, mais les diminutions de rendement sont régionalement contrastées. La production fourragère (herbe) a été correcte sur le premier semestre 2016. Cependant, dans la moitié Est de la France, les records de précipitations du printemps ont largement nuit aux conditions de pâturage des vaches laitières, aux récoltes d’ensilage et de foin, et aux semis de maïs. Désormais, ce sont la sécheresse et les fortes températures estivales qui vont fortement affecter les quantités et la qualité des maïs. Les ventes de maïs grain seront moins importantes et des complémentations plus riches en énergie seront parfois nécessaires. L’impact se répercutera sur la fin d’année mais surtout en 2017. 

 

En plaine, un RCAI négatif pour 41 % des éleveurs

 
Selon l’Institut de l’élevage, cette chute du revenu a des conséquences majeures pour l’ensemble des exploitations laitières.

La moitié des exploitations dégagent un résultat courant avant impôt et cotisations sociales inférieur à 3 000 €/UMO exploitant. Ce montant ne couvre même pas les cotisations sociales ! Ainsi, les trésoreries déjà négatives en début d’année pour beaucoup se dégradent rapidement.

Dans les exploitations spécialisées de plaine, selon les prévisions, 41 % des éleveurs auraient un résultat courant avant impôt (RCAI) négatif en 2016.
 

La double peine pour les systèmes lait et cultures

Les systèmes laitiers associant des cultures de vente sont doublement affectés par la faiblesse des rendements des cultures et la mauvaise qualité de grains en 2016.
Sur un échantillon de 46 exploitations du réseau Inosys Réseau d’élevage, la baisse du revenu courant avant impôt de ces exploitations de polyculture-élevage laitier pourrait ainsi atteindre 26 000 €/UMO exploitant pour devenir négatif (- 4 000 €/UMO en moyenne), selon l’Institut de l’élevage.
 
(1) Unité de main-d’œuvre

Lire aussi :
La dégradation des comptes s’intensifie
2015 : Le revenu en élevage laitier décroche de 15 000 €
 

Ajouter un commentaire

Plain text

  • Aucune balise HTML autorisée.
  • Les adresses de pages web et de courriels sont transformées en liens automatiquement.
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.
Image CAPTCHA
Saisir les caractères affichés dans l'image.
Nos autres publications
Cultivar LeadersTCSCheval santéRelations cultureAfrique Agriculture
Plan du site