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Le semis de prairie sous couvert, une technique 100 % gagnante pour l'éleveur !

Le semis de prairie sous couvert une technique 100 % gagnante pour l'éleveur ! CP : ferme expérimentale Thorigné-d'Anjou.

La ferme expérimentale de Thorigné-d’Anjou, dans le Maine-et-Loire, est entièrement consacrée à l’agriculture biologique en polyculture-élevage. De nombreux essais y sont menés, notamment sur l’implantation des prairies sous couvert. « C’est une problématique d’actualité répondant à des contraintes à la fois techniques mais aussi d’adaptation au changement climatique », a rappelé Julien Fortin, responsable de la ferme expérimentale. 
Aujourd’hui, il eixste deux périodes caractéristiques pour implanter une prairie. La première est fin août/début septembre, et la seconde se situe en sortie hiver, aux alentours du mois de mars.

Bertrand Daveau, ingénieur recherche et développement au sein de la ferme, dresse le constat de ces dernières années : « Nous rencontrons de plus en plus souvent des aléas météorologiques défavorables pour l’implantation des prairies aux périodes clés des semis. Nous subissons, par exemple, des sécheresses estivales prolongées ou des excès d’eau hivernaux. »

Une prairie sous couvert pour pallier le changement climatique

Les essais que propose la ferme ont pour objectif premier de décaler la date d’implantation de mi-octobre à fin octobre. Cela permet de s’affranchir des aléas de sécheresse tout en ayant la possibilité de récolter le couvert et d’améliorer, de ce fait, la productivité ainsi que la biomasse produite à l’échelle de l’année. 

Semis de l'association céréales protéagnieux et prairie en simultané

Dans cet essai, un semis de prairie composé de 10 kg de fétuque élevée, de 8 kg de ray-grass anglais, de 3 kg de trèfle blanc, de 3kg de trèfle hybride et de 3 kg de lotier a été réalisé sous couvert d’un mélange céréales protéagineux. Ce dernier se compose de 250 et 300 grains/m2 de triticale, de 15 g/m2 de pois fourrager et de 15 g/m2 de vesce.

« L’idée, dans cette technique, est de réaliser deux passages le même jour. Nous faisons le premier à 2-3 cm de profondeur pour l’association de céréales protéagineux, puis le deuxième afin de mettre les prairies à flore variée en surface. L'ensemble est roulé », détaille Bertrand Daveau. 

Un sursemis de prairie au printemps

Un deuxième essai a été mis en place sur cette même base. « Cette fois, le semis de l’association céréales protéagineux est effectué à la mi-octobre, et le semis de la prairie à flore variée dans l’association céréales protéagineux est réalisé vers la mi-mars, explique Julien Fortin. Pour ce faire, nous ouvrons le sol avec une herse étrille et une houe bineuse. Cette intervention doit se faire assez tôt, avant la formation des vrilles des pois. »

Un gain de productivité

Suite aux premiers essais effectués de 2011 à 2012 et de 2013 à 2014, la ferme expérimentale de Thorigné-d’Anjou a mis en évidence différents résultats. Par rapport au témoin « prairie seule », dans les deux cas de figure, semis simultané ou sursemis, le gain de productivité de la prairie sous couvert est d’environ 50 %. Ce résultat est surtout dû à la fraction d’ensilage de céréales protéagineux réalisée au stade laiteux pâteux des grains vers la mi-juin. Du côté de la prairie, la prairie semée au printemps est moins productive que celle semée à l’automne. En conclusion, dans cette technique, il est préférable de privilégier l’implantation de prairie sous couvert en semis simultané à l’automne. 

« Au niveau du salissement, entre un semis simultané et un sursemis de la prairie au printemps, nous observons moins de productivité et plus de salissement avec le sursemis de printemps. En effet, le fait de repasser au printemps casse certains pieds de céréales et de protéagineux », reconnaît Bertrand Deveau.

Un taux de MAT assez faible

Concernant les valeurs nutritives, lors de l’ensilage tardif au 10-15 juin au stade laiteux pâteux, 5 à 10 % de la prairie sont à prendre en compte dans la totalité de la biomasse ensilée. Dans les essais, la moyenne est de 12 points de MAT et de 0,8 d’UFL par kilogramme de matière sèche. « La matière sèche est relativement élevée, entre 36 et 37 %. En revanche, nous sommes sur des taux de MAT globalement faibles, explique Bertrand Deveau. Ces résultats s’expliquent par des taux de protéagineux relativement bas dans les mélanges (15 %). Il faut également prendre en compte le fait que nous sommes en agriculture biologique et que nous n’apportons, de ce fait, pas de fertilisation azotée minérale. »

Pour la prairie, les résultats sont moins nombreux, mais les deux experts s’appuient sur des observations de 2019 qui révèlent des valeurs conformes à celles des prairies à l’automne (0,9 d’UFL, et entre 18 et 20 % de protéines).

Valeurs nutritives de l’association céréales protéagineux seule et de l’association céréales protéagineux + prairie. CP : ferme expérimentale Thorigné-d’Anjou.
Valeurs nutritives de l’association céréales protéagineux seule et de l’association céréales protéagineux + prairie. CP : ferme expérimentale Thorigné-d’Anjou.

 

Une biomasse qui varie entre 13,5 tMS/ha et 16,5 tMS/ha

Pour ce qui est de la biomasse, nous remarquons que sur l’itinéraire technique où la prairie est implantée dans le mélange céréales protéagineux au printemps (et non en simultané en octobre), le rendement total est de 13,5 tMS/ha. Au contraire, pour la prairie implantée en simultanée à l’automne avec l’association céréales protéagineux, la production totale est de 16,5 tMS/ha. De plus, dans ce cas, elle aura bénéficié d’une meilleure qualité d’implantation ainsi que d'un moindre travail du sol et de l’éleveur. 

« L’implantation des prairies sous couvert est 100 % gagnant pour l’éleveur, à la fois d’un point de vue technique et économique, mais aussi en temps de travail dans le cadre d’une récolte en ensilage », estime Julien Fortin. 

Différence de rendement ensilage + prairie entre le semis simultané d’automne et le sursemis de prairie au printemps. CP : ferme expérimentale Thorigné-d’Anjou.
Différence de rendement ensilage + prairie entre le semis simultané d’automne et le sursemis de prairie au printemps. CP : ferme expérimentale Thorigné-d’Anjou.

 

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